Lecture / Ecriture
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Contes barbares de Craig Russell

Craig Russell
  Contes barbares

Contes barbares - Craig Russell

Les frères Grimm à contribution
Note :

   Qu’est-ce qui peut amener un écossais – Craig Russell est écossais – à situer ses polars – «Contes barbares» est un second volet, on peut donc commencer à parler de personnage récurrent – en Allemagne? A Hambourg pour être plus précis, et anecdotique à cette occasion. Parce qu’il écrit manifestement en anglais, c’est publié au Royaume Uni, … Curieux. Ca donne l’occasion de voir apparaître des titres, dénominations de grades ou d’organismes qui, en anglais nous paraissent maintenant familiers (FBI, Superintendant, …) mais qui, en allemand, nous sautent à la figure et me font m’étonner. Pourquoi avoir choisi de conserver ces titres de fonction dans la langue de Goethe? Et pourquoi pas aussi? Je ne sais pas. Mais ça donne ça par exemple:« Bien sûr, Herr Kriminalhauptkommissar. Je vais devoir en parler à mon chef, Hauptkommissar Pohlmann, …
   L’Innensenator Bruno Ganz était présent, ainsi que le Leitender Oberstaatsanwalt Heiner Goetz, le procureur de Hambourg.»

   
   C’est là qu’on mesure combien nous sommes colonisés par les termes américains, anglais, qui eux ne nous choquent plus!
   Mais cette particularité mise à part, la teneur de ce «Contes barbares» est tout à fait estimable et fait preuve de beaucoup d’imagination. Parvenir à intégrer les contes des frères Grimm dans la «logique» d’un tueur en série, et ceci de manière sophistiquée, dans une recherche poussée de ce que sont réellement ces contes dans l’histoire des frères Grimm, est estimable et bien trouvé.
   
   Déroulé de l’intrigue et psychologie des intervenants étant à la hauteur, pourquoi bouderions-nous notre plaisir? Le commissaire Fabel, puisque c’est lui le héros récurrent, tire pas mal du côté d’un autre commissaire, Wallander, héros de Henning Mankell. Dans l’âge, les doutes sur le métier, la situation sociologique et la psychologie. L’Allemagne du Nord n’est pas si loin de la Scanie, le Sud de la Suède!
   
   En deux mots, des cadavres sont retrouvés les uns après les autres, dans des situations, des mises en situation plutôt, et des indications laissées par le tueur, qui amènent le commissaire Fabel et son équipe à revisiter ce que sont et représentent réellement les contes des frères Grimm. Des enquêtes actuelles donc, classiques dans le polar moderne, associées à une mise en scène de contes … finalement assez barbares!
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critique par Tistou




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Immersion en terre germanique!
Note :

   Un polar certes sans ambitions littéraires, mais comme je les aime bien, avec un commissaire qui existe, qui prend corps, qui a une vie en dehors du boulot, qui a des états d’âme (un peu à l’image de mon bien-aimé Wallander, mais en moins désabusé). Avec une intrigue bien ficelée aussi : un serial killer, bien sûr, mais qui n’est pas mu par des perversions sexuelles qui donneraient lieu à des descriptions complaisantes, comme chez Val Mc Dermid (pour ne pas la citer!). Non, la trame de fond est fournie ici par les contes populaires recueillis par les frères Grimm, ainsi que par une réflexion reposant sur le principe que "l’art imite la réalité qui imite l’art"… réflexion plutôt intéressante (sans être fulgurante pour autant).
   
   L’intrigue se situe dans le nord de l’Allemagne, à Hambourg. Fait étonnant, car l’auteur est britannique, mais une petite note biographique au début du roman nous apprend qu’il a une connaissance approfondie de la langue et de l’histoire allemandes… c’est le moins que l’on puisse dire! Il y a un nombre de détails "allemands", du "caffè Macchiato" à la mode dans les librairies, en passant par Herbert Grönemeyer (énorme star du rock allemand et que j’adore!), jusqu’aux noms d’hôpitaux, numéros d’autoroutes ou marques de bière (inconnues en dehors du pays) : il y a cent fois plus de références "allemandes" que dans n’importe quel roman allemand! Je pense qu’un lecteur non averti, surtout non germanophile ni –phone se lassera, mais pour moi qui vit loin de mon ancienne patrie et qui connaît parfois une certaine nostalgie du pays, cette immersion "germanique" était tout à fait réjouissante (même si je viens du coin opposé et que mon enfance n’a pas été imprégnée par les plages de la Frise de l’Est et la mer du Nord!) Abstraction faite néanmoins de quelques interminables déambulations dans Hambourg avec des enchaînements de noms de rues, de quartiers… je crois qu’on pourrait dessiner une carte de la ville avec toutes ces indications! C’est un brin ennuyeux! Mais bon, ne soyons pas mesquins! J’ai tout de même envie de lire les deux autres volumes du même auteur (et dont les "Contes barbares" constituent en fait le deuxième volet).

critique par Alianna




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