Lecture / Ecriture
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Les monstres de Templeton de Lauren Groff

Lauren Groff
  Les monstres de Templeton
  Fugues
  Arcadia

Lauren Groff est une écrivaine américaine née en 1978.

Les monstres de Templeton - Lauren Groff

Un petit bijou!
Note :

   Alors que Willie Upton rentre dans sa bonne ville natale de Templeton pour panser ses plaies après une déception amoureuse en forme de cataclysme, le cadavre d’une étrange créature émerge à la surface du lac déclenchant une tempête médiatique. Mais ce n’est rien face aux bouleversements familiaux que va vivre Willie en quelques jours: sa mère Vi, ancienne hippie, se décide à lui révéler qu’elle n’est pas le fruit d’amours libres dans le San Francisco des années 1970, mais l’enfant d’un homme de la ville dont elle refuse de donner le nom… Plutôt que de se morfondre sur son sort et la crevette qui a pris racine en elle, Wilile se décide de percer le secret de ses origines paternelles.
   
   Il y a des romans comme ça, dont vous savez dès la première page que vous allez les dévorer. J’ai rencontré Willie au détour d’une première page, un drôle de monstre un peu plus loin et j’étais embarquée dans une histoire un peu folle que je n’ai pas pu lâcher avant la dernière page. Lauren Groff ne révolutionne pas la littérature, mais elle offre un roman remarquable, à la fois drôle et émouvant, passionnant et superbement construit. A la vie de Willie lancée dans ses recherches répondent les extraits de journaux intimes, les correspondances, les testaments, les romans, les journaux qu’elle découvre et qui dessinent par petits bouts l’histoire de sa famille et celle de sa ville puisque par sa mère et par ce père qu’elle ne connaît pas, Willie Upton est apparentée au fondateur de Templeton, Marmaduke Temple. Du coup, c’est non seulement une saga familiale avec ses fous, ses trahisons, ses drames et ses bonheurs qui se dévoile, mais aussi l’histoire d’une ville américaine des premiers pionniers à aujourd’hui. A la fois quête et enquête, la recherche de Willie met au jour les secrets cachés par des gens bien sous tout rapport, les relents fétides d’une réussite perçue comme fondatrice du rêve américain, les noirceurs d’une aristocratie nouvelle. On va d’arbre généalogique modifié en arbre généalogique complété au gré des découvertes de Willie, le tout agrémenté de portraits qui donnent corps aux voix qui se sont fait entendre et un petit air de réalisme au récit.
   
   C’est passionnant et servi par des personnages hauts en couleur, fascinants, plus complexes qu’ils n’apparaissent au premier abord, tous pourvus d'une petite bizarrerie qui les rends proches. La bibliothécaire poussiéreuse et ses brownies, les joyeux joggeurs et leurs commérages, la jeunesse de Vi et ses amours religieuses... Dans la petite ville de Templeton, on a une sorte de creuset de toute la complexité des relations humaines, et ce à travers le temps. J'ai particulièrement apprécié la correspondance vénéneuse entre deux dames bien sous tout rapport que découvre Willie, les secrets soigneusement dissimulés pour éviter l'opprobre qu'elle découvre souvent par hasard. Ou que d'autres avant elle avaient soulevés au prix de leur carrière et d'une levée de bouclier. On ne touche pas impunément aux icônes du rêve américain... C’est souvent drôle malgré le tragique qui empreint le destin de la plupart des personnages.
   
   Et puis il y a cette petite touche de fantastique: le monstre du lac, le fantôme qui hante la maison de Upton… Des manifestations qui sont le symbole des secrets profondément enfouis qui modèlent les familles. A travers Willie qui cherche à découvrir son père, Lauren Groff parle de la filiation, des dissimulations, des mythes qui se construisent sur ce qui a été caché et n’attend que le hasard pour être révélé, du fait que les monstres ne sont pas toujours ce, ou ceux que l'on perçoit au premier abord comme tel.
   
   Roman à tiroirs, roman historique, roman humoristique, roman tragique, "Les monstres de Templeton" est un petit bijou qui me fait attendre avec impatience le nouvel opus de l’auteur dont c’était le premier roman.
   
   
   Ps: Je trouve la couverture 10/18 absolument superbe!
    ↓

critique par Chiffonnette




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Féroce et charmant
Note :

   "Rien ne change jamais ici, n'est-ce pas? "
   
   Rien ne change? Que nenni! Et Willie Upton, rentrée rechercher du réconfort auprès de sa mère, l’ancienne hippie, Vivienne, va vite l'apprendre à ses dépens.
   
   Tout commence par l'apparition soudaine du cadavre d'un monstre, sorte de Nessie local, apparition qui va subtilement déséquilibrer le bel ordonnancement de cette ville américaine tranquille, placée sous l'égide de ses fondateurs, les Templeton. Les Templeton auxquels Willie est apparentée par sa mère mais aussi par son père comme elle l'apprend soudainement.
   
   Pour découvrir l'identité de son géniteur, la narratrice se lance alors dans une recherche historique qui montrera que "les Monstres de Templeton" ne sont pas forcément ceux que l'on croit.
   Le monstre ici n'est qu'un symbole et ceux qui s'attendraient à un récit fantastique en seraient pour leurs frais. Non, il est davantage question de cette quête d'identité dans laquelle s'engage la narratrice, personnage haut en couleurs, dotée d'une amie tout aussi attachante.
   
    Remarquons au passage que les personnages frôlent à chaque fois le cliché et l'évitent subtilement. Lauren Groff éprouve visiblement de la sympathie pour chacun d'entre eux, sans pour autant tomber dans la mièvrerie (un échange de correspondance féminine se révèle particulièrement vénéneux et savoureux tout à la fois). Elle entremêle avec dextérité les liens passé/présent, même si je me suis parfois perdue dans cette généalogie complexe (mais le plaisir de lecture était toujours là, que ce soit pour les périodes contemporaines ou plus anciennes).
   
   Fertile en rebondissements, agrémenté de photos vieillottes, ce premier roman vous embarque et on le lâche plus, regrettant à la fin de devoir quitter ce monde si féroce et charmant à la fois. Une réussite!
   ↓

critique par Cathulu




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J'ai adoré!
Note :

   Comme j'ai aimé ce roman! Quelles belles heures j'ai passées grâce à lui!
   Je ne l'aurais jamais cru en le commençant car les monstres, d'avance, m'ennuyaient! Je n'aime pas les monstres! Les monstres me font surtout rire ou trop peur! Bref, je n'aime pas tellement les histoires de monstres.
   
   Mais ici il ne s'agit que de tout petits monstres, petits tout du moins en malfaisance, car en réalité l'un est énorme et l'autre encore un bébé! Mais ce sont plutôt des monstres symboliques, mythiques, qui vivent dans les profondeurs d'un lac comme parmi nos ancêtres, dans nos arbres généalogiques se cachent aussi des êtres monstrueux.
   
   C'est ce que découvre Willie, l'héroïne, qui rentre chez elle, sans doute enceinte mais abandonnée et très malheureuse. Sa mère, une ancienne hippie qui l'a élevée seule et qui n'a jamais voulu lui dévoiler le nom de son père, lui indique cependant que celui-ci habite à Templeton, et qu'elle le connaît bien. Willie commence alors une enquête sur le vif, parmi ses connaissances et en remontant sa généalogie grâce à ses recherches aux archives de la ville. Elle ira ainsi de surprise en surprise tant chez les vivants que chez les morts! Ses ancêtres étaient de fortes têtes eux aussi,comme leurs descendants,encore très nombreux dans la ville moderne.
   
   Cette lecture m'a étonnée, surprise, amusée, attendrie. J'ai aimé les personnages, les anecdotes,l'écriture,les images ,les photos,les quelques arbres généalogiques qui rythment le récit. Je n'ai jamais été déçue. J'aimerais qu'il y ait une suite pour savoir ce que deviennent les personnages dans leur nouvelle vie - comme pour tous les bons romans!
   
   
   Résumé du livre (officiel!) :
   
   "Bienvenue à Templeton : jolie bourgade rurale américaine par excellence. Wilhemina Upton, surnommé Willie, regagne sa ville natale désemparée et malheureuse. La jeune femme est enceinte de son directeur de thèse et ne se fait guère d'illusions : Primer Dwyer ne quittera jamais son odieuse épouse pour elle. Les retrouvailles entre Willie et sa mère, déjà délicates, deviennent houleuses lorsque cette dernière révèle à sa fille qu'elle n'est pas le fruit de ses amours tumultueuses de sa période hippie mais l'enfant d'un habitant respectable de Templeton dont elle lui tait l'identité..."

critique par Mango




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