Lecture / Ecriture
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Le rouge et le vert de Jean Bernard Pouy

Jean Bernard Pouy
  La petite écuyère a cafté
  Spinoza encule Hegel
  A sec (Le retour)
  1280 âmes
  RN 86
  Cinq bières, deux rhums
  Le rouge et le vert
  Démons et vermeils
  Samedi 14
  Liliane, fais les valises
  Rémy Cooghe, combat de coqs en Flandre
  Calibre 16 mm
  Sous le vent
  Le Bar parfait
  S63
  La Belle de Fontenay
  Le Cinéma de papa
  Nus

Jean-Bernard Pouy, né en 1946, est l'auteur de plus de soixante-dix romans noirs (dont onze à la Série Noire) et d'une centaine de nouvelles, directeur et créateur de collections.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Le rouge et le vert - Jean Bernard Pouy

Un style décapant, une histoire un peu décevante
Note :

   Au cours d’un repas mondain, Averell fait la rencontre de Bernard, pompeux sociologue travaillant au CNRS. Peu de temps après, l’éminent intellectuel lui propose un emploi mystérieux: Averell va jouer le rôle de détective et écrire des rapports. Sur quoi va-t-il enquêter? Bernard l’ignore. Voilà notre «nez» (Averell a un odorat développé qu’il met au service des créateurs de parfums) embarqué dans une aventure intrigante dont l’odeur va rapidement devenir douteuse…
   
   Je découvrais, avec ce roman court, la plume de Jean-Bernard Pouy. Je dois avouer que je suis un peu déçue, même si l’histoire en tant que telle n’est pas déplaisante.
   
   Averell ne sait pas sur quoi enquêter: quel sens peut-il bien donner à ce nouvel emploi? Cette absence de direction bien définie se retrouve dans l’intrigue même de ce roman: en effet, on ne sait pas très bien comment l’auteur va orienter son histoire. On peine à comprendre le nœud de l’intrigue. Certes, on sait que l’odeur de l’enquête va devenir nauséabonde, mais jusqu’à quel point? Découvrira-t-on des cadavres sur le chemin d’Averell? Des mensonges déguisés? Une identité qui se dévoile? On ne sait pas et on doute jusqu’à la fin.
   
   D’ailleurs, la fin du roman m’a déçue par son côté très plat: peu de vérités fracassantes sont dévoilées. L’enquête n’a pas vraiment progressé. Les personnages évoluent peu; on note cependant quelques changements d’états d’âme.
   
   Si l’intrigue m’a déplu, j’ai par contre beaucoup apprécié le style de l’auteur qui s’inscrit du côté d’un humour très noir. Une belle et solide réflexion également sur la constitution d’un roman noir, à travers les rapports qu’Averell transmet régulièrement à Bernard, son patron. Il y a un côté très intellectuel et intellectualisant que j’ai aimé dans ce roman, incarné par la figure du professeur pédant. Le style de Pouy est souvent familier, parfois un peu poétique (Cf. le passage sur les vaches), très cru, empreint d’humour noir et de réflexions noires sur l’existence.
   
   Un mot sur le titre: «Le rouge et le vert», clin d’œil au daltonisme d’Averell, clin d’œil également à un autre roman très célèbre.

critique par Seraphita




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