Lecture / Ecriture
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Le Sablier de Sofia Guellaty

Sofia Guellaty
  Le Sablier

* Interview dans la rubrique "Rencontres"

* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Le Sablier - Sofia Guellaty

Existentiel
Note :

   J'ai beaucoup apprécié la lecture de ce court roman mené à la 1ère personne.
   
    Une jeune femme de 20 ans, seule et sans attache, s'habille et se maquille chaque soir, comme pour sortir et arpente les rues de son quartier parce que quelque chose doit bien arriver... mais rien n'arrive.
   
   Avant, elle vivait avec sa grand-mère, dont elle occupe encore l'appartement. Une grand-mère qui, comme elle, fut une belle femme, qu'elle a adorée jusque dans ses moments les plus pitoyables, et sans laquelle elle n'a jamais appris à exister. Il lui semble d'ailleurs qu'elle ne peut exister que dans la mesure où d'autres admettent son existence et s'occupent d'elle. Le problème de cette jeune femme, c'est qu'elle ne croit pas à sa propre réalité. « Tout le monde a un vide » a déclaré l'auteur dans une interview, « Ce roman part d'une constatation.»
   
   Ce soir là, elle se retrouve dans un bistrot proche de chez elle parce qu'elle y a vu «l'écrivain». C'est un vieil homme, un vrai écrivain, publié et reconnu*. Il vient là, seul et elle le dévore des yeux, persuadée que lui, il sait. Pour la vie, ses raisons, ses mystères, il sait et, s'il le voulait, il pourrait lui expliquer. S'il l'a regardait vraiment, s'il lui prêtait attention, elle existerait vraiment.
   
   En fait, il ne lui parle jamais, c'est à peine si, rarement, leurs regards se croisent. Ils passent des heures là, dans ce bistrot et, à chaque fois, quand il part, il laisse derrière lui une phrase griffonnée sur un bout de papier. Toujours cette phrase tombe juste et toujours, elle aide la jeune femme à progresser un peu.
   
   Ils ne sont pas seuls dans ce café, on y trouve d'autres personnages qui eux aussi ont des liens spéciaux avec leur propre existence. Est-on Lindbergh si on décide de l'être ? Est-on ce qu'on décide d'être, ce qu'on croit être, ce que les autres croient que vous êtes ou veulent que vous soyez ?
   
   Le «Sablier» du titre, n'est pas celui qui mesure nos jours, c'est le nom du bistrot, mais un bistrot peut-il prendre un tel nom innocemment ?
   La fin, en deux pages, inverse la perspective et encadre l'histoire, la calant dans le possible? et la réalité.
   
   Je voudrais ajouter deux choses pour conclure: d'abord, que la plupart du temps, je mets longtemps à être emportée par le style de l'auteur, dans son monde. Ici, cela a été immédiat; et ensuite, qu'il s'agit là du premier roman d'une très jeune auteur dont j'espère bien entendre encore parler.
   
   * C'est Albert Cossery qui a inspiré ce personnage (voir l'interview de Sofia Guellaty sur ce site, dans la rubrique "Rencontres")

critique par Sibylline




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1er livre
Note :

   Mon livre des vacances... Quand je le verrai, désormais, je penserai à mes soirées au bowling.
   
   Bon... Sofia, je l'ai rencontrée sur Myspace, et c'est vraiment une fille incroyable. Je me suis dis que je devais lire son roman, qui devait être aussi cool qu'elle. Et bien pas loupé. Une trentaine de pages par jour, et puis, à la dernière page... je tourne le livre dans tout les sens : "mince, il n'y a plus de pages. C’est déjà fini ?!? Mince alors !"
   
   Une histoire qui me ressemble, un peu, beaucoup, passionnément. Le personnage pourrait être une fille que j'aime car elle a tout pour l'être. Les mots sortent du coeur, ils sont là, nous parlent, vrais, sincères, purs. Alice perdue au pays des merveilles.
   
   Un premier roman qui donne envie d'en lire un deuxième de l'auteur, mais, pas de bol, le deuxième n'est pas encore sorti. Il va falloir patienter encore un peu. Du moins j'espère. Sofia, à quand un autre livre ? En attendant, je vous invite à découvrir ce court roman (ou plutôt "récit", je ne sais pas ??)
   
   Le résumé : Une jeune fille déambule dans les rues de Paris. Elle s’habille avec les vêtements de sa grandmère et ressemble à une ancienne star de la MGM. Solitaire, décalée, elle échoue invariablement au Sablier, le zinc du quartier où s’attable un vieil écrivain qui la fascine. Il y a quelque chose d’insolite dans le frôlement de ces deux promeneurs insomniaques qui communiquent par-delà les silences.
   
   Et très bientôt, une interview de l'auteur, qui a gentiment accepté de répondre à mes questions ! Merci Sofia.

critique par Onlykey




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