Lecture / Ecriture
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Mille hourras pour une gueuse de Mohammed Dib

Mohammed Dib
  La grande maison
  Le métier à tisser
  Au Café
  Un été africain
  Le Talisman
  Mille hourras pour une gueuse
  Les Terrasses d’Orsol
  Le Sommeil d’Eve
  Neiges de marbre
  L'infante maure
  La nuit sauvage
  Si Diable veut
  L'enfant-jazz
  Comme un bruit d’abeilles
  Le cœur insulaire
  Laëzza
  L'incendie

Mohammed Dib, né en 1920 à Tlemcen, en Algérie, et mort le 2 mai 2003 à La-Celle-Saint-Cloud, est un des grands écrivains de langue française. Poète - Prix Stéphane Mallarmé -, romancier - Grand prix du Roman de la Ville de Paris -, essayiste, auteur de nouvelles, de contes et de pièces de théâtre, son œuvre, vaste et intense, a été couronnée par le Grand prix de la Francophonie de l'Académie française.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Mille hourras pour une gueuse - Mohammed Dib

Applaudissements polis
Note :

   Cette pièce a été créée au festival d'Avignon en 1977. On y retrouve les personnages de son roman de 1968 «La danse du roi». Autour d'une femme, Arfia, se retrouvent plusieurs personnages masculins qu'on ne sait trop identifier à des rôles précis… L'action évoque les maquis et l'après-guerre. Une nuit, Slim, blessé, a été abandonné par Arfia à qui d'autres actions peuvent être reprochées par la suite, comme de voler Wassem, devenu écrivain public, devant la porte close de la demeure d'un riche. Quand cette porte s'ouvre on ne découvre pas une villa mais une décharge où Slim et d'anciens maquisards sont semble-t-il mourants. Arfia est arrêtée par les miliciens. Cette pièce ambiguë, divisée en cinq séquences, me fait au mieux penser à du sous-Beckett. Si la gueuse est Arfia, la seule femme de la pièce, on ne voit pas pourquoi on pousserait pour elle tous ces hourras… En 4e de couverture de l'édition du Seuil de 1980, Mohammed Dib a voulu préciser ses intentions:
   
   «Schéhérazade des bas-fonds, selon l'heureuse expression d'un critique, Arfia donne la comédie à de pauvres diables en recréant des épisodes de sa vie au maquis (algérien). Quelle est la part de l'invention et celle du réellement vécu dans ses évocations burlesques et terribles? Difficile à savoir. Le problème n'est pas là.
   A ce passé répond le présent. Arfia partage la méchante existence des miséreux qui se rassasient chaque soir de son spectacle. Mais un soir, tout se confond tragiquement, présent et passé, affabulation et réalité. Qu'est-il arrivé? Difficile à savoir. Le problème est là.
   On peut présenter ainsi cette pièce.
   On pourrait y voir aussi une tentative de théâtre différent par le fait que la parole y produit les personnages, les événements, qu'elle est le lieu de l'action et de l'Histoire, et non l'inverse comme cela se passe d'habitude. Ce qui importe alors, c'est d'observer comment cette parole se met elle-même en scène en vue d'un sens — pas toujours sûr.»

critique par Mapero




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