Lecture / Ecriture
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Au Café de Mohammed Dib

Mohammed Dib
  La grande maison
  Le métier à tisser
  Au Café
  Un été africain
  Le Talisman
  Mille hourras pour une gueuse
  Les Terrasses d’Orsol
  Le Sommeil d’Eve
  Neiges de marbre
  L'infante maure
  La nuit sauvage
  Si Diable veut
  L'enfant-jazz
  Comme un bruit d’abeilles
  Le cœur insulaire
  Laëzza
  L'incendie

Mohammed Dib, né en 1920 à Tlemcen, en Algérie, et mort le 2 mai 2003 à La-Celle-Saint-Cloud, est un des grands écrivains de langue française. Poète - Prix Stéphane Mallarmé -, romancier - Grand prix du Roman de la Ville de Paris -, essayiste, auteur de nouvelles, de contes et de pièces de théâtre, son œuvre, vaste et intense, a été couronnée par le Grand prix de la Francophonie de l'Académie française.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Au Café - Mohammed Dib

Terres rudes
Note :

   Un chômeur qui hésite à rentrer chez lui parce que totalement désargenté rencontre dans un café un homme qui sort de prison après avoir commis un crime et lui offre le thé («Au Café»). Des fellahs font l’apprentissage de la campagne électorale et des tensions qu’elle peut entraîner tandis que l’un d’eux devient père («Terres interdites»). Une indigente est jetée à la rue après avoir été soignée sans succès à l’hôpital («La petite cousine»). Des femmes invitées à un mariage papotent tandis que leurs gamins jouent et vident les plats et que la jolie mariée est condamnée par la tradition à demeurer immobile durant la réception («Un beau mariage»). Un homme est arrêté dans une rafle, en même temps qu’un travailleur émigré revenu de France; ce dernier meurt sous les coups des geôliers («Un compagnon»). Des enfants affamés attendent le retour de leur mère («L’attente»). Un riche personnage abandonne ses amis lors d’une halte dans une auberge et décide de rentrer à pied à travers la forêt qui s’avère “enchantée”; une fois chez lui il n’est plus qu’une ombre, un fantôme, un mort enfin que pleurent sa femme et ses voisins («L’héritier enchanté»). Cette septième nouvelle se démarque du réalisme des précédentes puisque le fantastique y débarque dans les dernières pages.
   
   En lisant l’édition Sindbad de 1984, — qui ne se présente pas comme une réédition — j’ai eu la surprise de retrouver des personnages d’ouvrages précédents. En rentrant dans la «cuadra» — des écuries transformées en habitations précaires — la vieille petite cousine croise Paméla, qui figure dans la nouvelle «La cuadra» du recueil «Le Talisman». Toujours malade et perdant l’espoir de la guérison, elle se dit: «Il faut que j’aille à Dar Sbitar, voir Aïni et ses enfants… » Cette femme est précisément au cœur du roman «La Grande Maison», le premier publié de l’œuvre du maître. Dans la nouvelle «L’attente» c’est elle qui tarde à revenir d’Oujda à Tlemcen où ses mômes meurent de faim en l’attendant. Aïni la pauvresse et ses trois enfants sont aussi invités au beau mariage… On est toujours heureux de retrouver les personnages d’un autre livre: c’est ainsi que j’ai découvert que l’édition de 1984 n’était pas la première… La vérité c’est que «La Grande Maison», «Le Talisman» et «Au Café» appartiennent au tout début de la carrière de Mohammed Dib, caractérisé par son écriture limpide, classique et très efficace.

critique par Mapero




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