Lecture / Ecriture
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L'arbre aux haricots de Barbara Kingsolver

Barbara Kingsolver
  Une île sous le vent
  Un été prodigue
  L'arbre aux haricots
  Un jardin dans les Appalaches
  Les yeux dans les arbres
  Les cochons au paradis
  Dans la lumière

Barbara Kingsolver est une écrivaine américaine née en 1955.

L'arbre aux haricots - Barbara Kingsolver

Le bonheur de lire!
Note :

    S’il y a une chose que Taylor Greer n’a pas l’intention de faire, c’est bien pondre une portée de petits dans sa petite ville perdue du Kentucky. Le jour où elle se décide à grimper dans sa vieille guimbarde, c’est avec l’idée chevillée au corps de rouler le plus loin possible vers l’ouest et de ne surtout pas se laisser arrêter. C’est sans compter avec le destin qui lui arrive droit dans les bras sous la forme d’une petite indienne mutique et abandonnée… Heureusement qu’il y a le hasard qui fait bien les choses, la générosité qu’on trouve où on ne l’attendait pas, et les arbres à haricot pour que le bonheur fleurisse.
   
   Il en va de Barbara Kingsolver comme de Paul Auster dans ma vie de lectrice: un de ces auteurs dont on entend parler en long, en travers et en enthousiasme par des gens tellement différents qu’on se dit qu’il ne va vraiment, mais alors vraiment plus être possible de continuer sans avoir, au moins, tenté une incursion dans leur univers. Le problème de ce genre de tentative, c’est qu’on se retrouve bien souvent avec toute une œuvre à lire… Barbara Kingsolver a écrit si je ne m’abuse 8 romans qui sont traduits et un tout beau tout neuf. Il me reste donc 8 grands moments de bonheur.
   
   Parce que c’est bien ce qui m’est tombé sur le coin de la figure: le bonheur. Bonheur de découvrir l’univers de cette romancière qui décrit à merveille le désert américain, bonheur de faire un bout de chemin avec Tayor, Turtle et les autres, bonheur de lire une histoire débordante d’humanité et de tendresse, d’humour et de larmes. C’est un petit bijou qui commence comme un road trip sur les routes américaines, avant de se transformer en un superbe apprentissage de la maternité, en un apprentissage de l’amitié, de l’amour aussi.
   Barbara Kingsolver dresse une galerie de portraits savoureux: des gens ordinaires, chacun avec son petit grain de folie, ses espoirs, ses déceptions, qui décident un beau jour de s’accorder le bonheur de se découvrir et de vivre ensemble, d’affronter le pire en se serrant les coudes. C’est la grande force de ce récit d’ailleurs, de raconter le pire avec un humour et une volonté de voir le meilleur: immigration clandestine, politique étasunienne en Amérique centrale et du Sud, pédophilie, chômage, l’arrière-plan pourrait glacer le sang et donner lieu à une histoire sordide. Mais non. A la place, on a ce rayon de soleil qui donne envie de croquer la vie à pleine dent.
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critique par Chiffonnette




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Des amies...
Note :

   Depuis des années, je dois lire ce roman (il faut avouer que j'avais déjà vraiment aimé Les cochons au paradis, qui est une suite)(et que je devais relire, bien évidemment)(mais ce ne fut que du plaisir)(quoique finalement je me demande lequel j'avais lu)(bref).
   
   Taylor Greer est la fille d'une maman extraordinaire qui a insufflé en elle de la confiance en soi et l'envie de ne pas connaître le même destin que les autres filles du coin paumé du Kentucky où elles vivent. Voilà donc Taylor en route vers l'ouest, au volant d'une vieille guimbarde qui demande à être poussée pour démarrer...
   
   Dans l'Oklahoma, une femme dépose dans sa voiture une toute petite fille indienne, et disparaît! Taylor comprend assez vite que cette femme voulait la soustraire à une vie vraiment mal démarrée, car la petite est en piteux état, et il faudra du temps pour que la petite qu'elle a prénommée Turtle devienne moins mutique et s'éveille.
   
   Pendant ce temps là, à Tucson, Arizona, Lou Ann vient à la fois d'avoir un bébé et de voir partir son mari Angel. Lou Ann est une fille pas trop bien dans sa peau et se dévalorisant facilement.
   
   Là je ne raconte vraiment que le début, évidemment Taylor et Lou Ann vont devenir de super copines, et interviendront dans l'histoire d'autres personnages, y compris des réfugiés guatémaltèques.
   
   Mais l'essentiel est que ce soit une vraiment chouette roman qu'on ne lâche pas, où on se sent bien, un livre doudou, un livre "feel good". Beaucoup d'humour, des dialogues pétants, de l'émotion, et plus de profondeur qu'il n'y paraît. J'ai adoré!
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critique par Keisha




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Un de mes écrivains américains préférés
Note :

   Barbara Kingsolver fait partie de mes écrivains américains préférés, c'est donc toujours un plaisir d'entamer un de ces romans et celui-ci fut, une fois de plus, une excellente surprise.
   
   Que feriez-vous si, lors d'un arrêt dans l'un de ces restaurants un peu minables qui brisent la monotonie des routes américaines, une femme vous collait un enfant de trois ans sur le siège de votre voiture en vous disant que c'est à vous de vous en occuper désormais?
   
   C'est la drôle de mésaventure qui arrive à Taylor Greer, jeune femme libre et indépendante, décidée à quitter son Kentucky natal et le destin tout tracé de fille-mère. C'est en traversant l'Oklahoma qu'elle hérite de cette petite fille bien singulière : une Cherokee toute menue qui semble avoir bien du mal à sortir de sa coquille.
   
   Qu'importe, puisque le destin l'a décidé, Taylor prendra en charge la fillette qu'elle baptise Turtle. Le hasard les fait échouer à Tucson, en Arizona, où Taylor et Turtle vont composer une famille peu banale, avec d'autres personnes entrées dans leur nouvelle vie.
   
   Comme d'habitude chez Kingsolver, on trouve des portraits de femmes bien attachantes : Mattie, la propriétaire du garage qui va fournir un boulot à Taylor, Lou Ann et son bébé, les co-locataires, Esperanza et Estevan, les réfugiés du Guatemala, les drôles de voisines, Edna et Virgie deux femmes âgées moins revêches qu'elles ne le paraissent et Alice, la mère de Taylor, toujours apte à donner de bons conseils même si sa propre vie sentimentale n'est pas loin de tourner au désastre.
   Au fil des jours, des rencontres, des petits drames de la vie quotidienne, Taylor reconstitue un peu du passé deTurtle, pauvre gamine violentée. De cette adoption spontanée naît un formidable amour maternel. La relation entre Turtle et Taylor est belle et poignante. Les difficultés quotidiennes (et les doutes) pour assumer cette maternité et vivre décemment (qu'on est loin du rêve américain et des maisons de banlieue impeccables à la Desperate Housewives!...) sont fort bien décrits. C'est l'Amérique des paumés, des Indiens et des pauvres. Et pourtant, ce sont des tranches de vie de personnages résolument optimistes et débrouillards. Lou Ann que son mari vient de quitter, Taylor qui va devoir affronter l’assistante sociale, Mattie qui aide les réfugiés politiques à trouver des lieux de vie plus sûrs...
   
   Barbara Kingsolver sait, comme toujours, trouver le juste équilibre entre humour et émotion. Rien de tragique ou de pathos dans son roman, Elle aborde en filigrane les thèmes qui lui sont chers : la vie des Amérindiens si peu intégrés à la société, la pauvreté qui gangrène cette Amérique rurale et reculée, le militantisme de ces femmes d'exception et toujours la nature qui est omniprésente, notamment à travers Turtle, capable de nommer par leur nom chaque légume du potager de Mattie...
   
   Bref, un très bon roman qui a une suite : Les cochons au paradis, qui sera chroniqué d'ici peu.
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critique par Folfaerie




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Taylor et les haricots magiques
Note :

   Trois états américains constituent notre périple avec Taylor Greer qui ne tient pas à finir ses jours dans ce coin paumé du Kentucky et qui décide de mettre cap à l'ouest si sa vieille guimbarde veut bien y mettre un peu du sien. Taylor n'est d'ailleurs pas son prénom mais quitte à changer de vie...
   
   Sur un parking d'un motel d'Oklahoma, et là on mesure la poésie des lieux, une femme dépose dans la voiture de Taylor une toute petite fille indienne et disparaît. Taylor ne condamne pas cette femme, acculée probablement à l'irrémédiable, car la petite est en piteux état, et il faudra du temps pour que cette enfant qu'elle a prénommée Turtle s'éveille. Et c'est en Arizona qu'elle rencontre Lou Ann, jeune maman elle aussi et dont le mari Angel vient de partir. Deux solitudes vont ainsi s'épauler et c'est le sens premier de ce chemin commun, deux volontés, deux mères, deux femmes pour un roman peu pourvu sur le plan masculin. A croire que Barbara Kingsolver l'a voulu ainsi.
   
   Mais j'exagère, à travers le symbole de L'arbre aux haricots de ce coin du Sud brûlant, l'auteur donne comme une belle leçon plutôt optimiste, un brin forcée quant à moi, mais bien sympathique. Lou Ann et Taylor savent se battre contre les conventions et les préjugés et avec l'aide d'un couple de réfugiés guatémaltèques, Estevan et Esperanza et de la brave Mattie, garagiste de son état et qui rechape les pneus plus vite que son ombre. Nécessité dans ces bleds où les voitures sont souvent loin de satisfaire au contrôle technique. A ainsi empoigner la vie le sort des deux familles s'améliore et même l'administration semble coopérer quant à l'adoption de Turtle. Et à cette petite on découvre un don pour la botanique et le vocabulaire.
   
   En bref j'ai trouvé à cet "Arbre aux haricots" un vrai charme, une récréation un tout petit peu appliquée, mais à l'ombre duquel on passe un heureux moment de lecture.

critique par Eeguab




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