Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

La Moisson rouge de Dashiell Hammett

Dashiell Hammett
  La Moisson rouge
  Le faucon de malte
  H comme: Secret X-9, vol.1
  Mort et Cie

Dashiell Hammett est un écrivain américain considéré comme le créateur du roman noir. Il est né en 1894 dans le Maryland et décédé en 1961 à New York.

La Moisson rouge - Dashiell Hammett

Fallait pas l'énerver...
Note :

   Un détective privé arrive dans une ville qui lui est inconnue pour un contrat. Son employeur se fait descendre avant même qu'il ait pu le rencontrer. Parfait étranger dans cette cité contrôlée par la mafia et autres personnalités corrompues, il va commencer par enquêter sur ce meurtre. Doublé et trompé par une police véreuse, il va se mettre en colère et décide de se venger. En parfait renard de jungle urbaine, il va vite apprendre les us et coutumes de la ville ; il va élaborer manipulations et stratagèmes pour la nettoyer.
   
   Un polar noir, avec une narration argotique à la première personne, ce livre nous montre dès le départ qu'il donne dans le « mauvais genre ». Les cadavres s'empilent, les enquêtes s'enchaînent, les coups fourrés volent... Ca va vite, un peu trop vite. Les personnages sont nombreux ; j'ai un regret quant aux personnalités des gangsters, pas assez riches et colorées, seuls les physionomies semblent les différencier.
   L'histoire est bien foutue, et tout s'imbrique correctement. Quelques hasards dans le récits me paraissent peu crédibles. Des personnages rencontrés fortuitement deviennent par la suite des éléments clés...
   Un bon moment de lecture, divertissant
    ↓

critique par Olivier Michael Kim




* * *



Le privé des roaring twenties
Note :

   J’ai lu “Moisson Rouge” de Dashiell Hammett dans sa nouvelle traduction qui n’est pas argotique.
   Ceci change vraiment pour le lecteur de ce polar mythique.
   
   Cette nouvelle traduction du polar mythique de Dashiell Hammett ignore tout usage de l'argot parisien des années trente ou quarante contrairement à l'ancienne édition reprise en "folio policier". En clair, les "pruneaux" sont redevenus des balles et les "flingues" des armes. L'histoire reste-t-elle la même? Pas tout à fait. On se sent vraiment en Amérique! Personville alias Poisonville, une cité industrielle et minière des Rocheuses, vit au temps de la prohibition, du capitalisme sauvage et de la police corrompue. Tandis qu'un richissime homme d'affaires se terre dans sa chambre, son fils qui dirige le journal local se sent menacé. Rentré depuis peu de l'étranger, il a fait appel à un détective d'une agence de San Francisco. Mais son client est abattu avant de pouvoir le rencontrer.
   
   Il s'ensuit une histoire pleine d'intrigues compliquées par les rivalités des bandes qui écument la ville. Le détective reste anonyme mais pas inactif. Au fur et à mesure qu'il progresse dans ses investigations, de nouveaux cadavres s'ajoutent à celui de Donald Willsson. Le chef de la police et les truands multiples qui peuplent le récit s'affrontent indéfiniment, comme si, par sa présence, l'enquêteur – qui ignore la déontologie de son métier – avait déclenché une machine infernale. Le titre est explicite et passé le milieu du récit on peut s'embrouiller sans honte dans le décompte des victimes.
   
   Instituant en quelque sorte les codes de ce genre de polar, les scènes de crime se suivent selon un rythme endiablé. Entrepôts de whisky de contrebande, salles de jeux, maisons isolées à l'abandon. Les uns vident leurs chargeurs à la vitesse où les autres vident leurs verres d'alcool. Poursuites en voitures, combat de boxe truqué, femme fatale. Tout y est de cette Amérique violente d'avant le krach et alcoolisée derrière le voile hypocrite de la prohibition. Non tout n'y est pas: puritanisme oblige, il n'y a pas de scène de sexe bien que le second personnage le plus important du récit soit une femme fatale. Or, Dinah Brand n'a rien à voir avec la vamp hollywoodienne. Le détective, qui est aussi le narrateur, traduit ainsi le climat de leurs rencontres: «Elle me traita de sale radin et attrapa la bouteille de gin.»
   
   Plus encore que "Scarface" d'Armitage Trail (1930) — l'autre pilier du polar classique — ce texte de 1929, rajeuni par sa nouvelle traduction, fait surgir de nos mémoires beaucoup d'images, comme un catalogue de films culte… en noir et blanc!

critique par Mapero




* * *