Lecture / Ecriture
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Les jours fragiles de Philippe Besson

Philippe Besson
  Les jours fragiles
  L'arrière-Saison
  Se résoudre aux adieux
  Un instant d'abandon
  Un garçon d’Italie
  La maison atlantique
  De là, on voit la mer
  Vivre vite
  Arrête avec tes mensonges
  Les passants de Lisbonne

Philippe Besson est un écrivain français né en 1967.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Les jours fragiles - Philippe Besson

Interprétation
Note :

   Vous savez ce que sont les coïncidences. Il y a très peu de temps, je lis «La quarantaine» de J.M.G Le Clézio tout au long duquel plane l'ombre de Rimbaud, et en particulier celle du poète vers la fin de sa vie et j'ai aujourd'hui entre les mains ces «Jours fragiles» qui eux, sont entièrement consacrés aux dernières semaines d'Arthur.
   
   Cet ouvrage est présenté comme le journal intime, tenu par Isabelle, la soeur d'Arthur Rimbaud. Très régulièrement, très souvent, pendant les quelques semaines qui ont vu le poète arriver à l'hôpital de Marseille, puis dans les Ardennes, puis retourner à Marseille dans la délirante intention de repartir pour l'Afrique, elle y écrit quelques phrases ou un peu plus.
   
    Ce journal est un faux, d'abord parce que c'est Philippe Besson qui l'a écrit et ensuite parce qu'alors que dans son journal intime on parle de soi, Isabelle ne parle ici que de son frère, de ses sentiments et de ses souvenirs avec son frère, de l'attitude de sa mère ou d'autres personnes par rapport à son frère, d'elle aussi bien sûr, mais jamais de quoi que ce soit où Arthur ne serait pas.
   
   On a ainsi une sorte de portrait tronqué de cette Isabelle dont on ne sait finalement ce qu'elle est, et maigrement ce qu'elle pense. Le portrait à charge de la mère est assez vif. Là encore je me suis parfois demandé : « interprétation d'Isabelle vue par Besson ou vérité historique ? »
   
   L'auteur a tenu à insérer, en italique, des extraits de textes réels afin de soutenir son récit, mais ce procédé permet de constater plus encore à quel point ces lignes italiques sont rares. Ma lecture terminée, je ne sais pas trop quoi penser au juste de cet ouvrage. D'une part, j'y ai trouvé une intéressante vulgarisation dont on peut estimer qu'elle permettra à beaucoup de mieux connaître le poète, sa vie et sa fin. D'autre part, j'ai sans cesse été gênée de ne savoir ou situer la limite entre document et fiction. Certes, les grandes lignes sont connues, mais je me suis souvent demandé : « Ce détail que je lis là, est-ce un fait avéré ou une supposition ? »
   
   J'aurais mieux profité d'un pur roman, mettant en scène ces trois personnages (soeur, frère, mère) dans les situations remarquables qui étaient les leurs à ce moment et avec les sentiments que P. Besson a voulu leur prêter, mais une fois que les noms sont donnés, que le roman devient Histoire, je suis gênée de tout ce qui est affirmé alors qu'on ne le sait pas.
   
   Ce livre, roman ou document ? Ce choix jamais fait en est, à mon avis, le point faible.

critique par Sibylline




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