Lecture / Ecriture
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Oncle Vania de Anton Tchekhov

Anton Tchekhov
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Anton Tchekhov (1860-1904), fils d'un épicier qui fit faillite, devint médecin et exerça cette profession jusqu'à la fin de sa vie. Dramaturge célèbre, il est aussi l'auteur de centaines de nouvelles.

Oncle Vania - Anton Tchekhov

Il savait dire les douleurs de la vie
Note :

    Histoire :
   Le vieux professeur Sérébriakov, pseudo-intellectuel hypocondriaque et vaniteux, est venu se retirer à la campagne, dans la maison de sa première épouse, en compagnie d'Elena, sa nouvelle femme, séduisante mais inutile. L'arrivée du couple va perturber le quotidien paisible de Sonia, fille du professeur et de sa première femme, et d'Oncle Vania qui exploitent tant bien que mal le domaine depuis des années afin d'envoyer tous leurs revenus à l'égoïste professeur. Bientôt, l'attention des proches va se cristalliser autour d'Elena, qui fait tourner bien des têtes, dont celles du médecin de campagne, Astrov, dégoûté de son métier, et celle de Vania lui-même. Les tensions s'accroissent, d'autant que Sonia est éperdument amoureuse d'Astrov, qui ne lui accorde pas un regard. Les vieilles rancoeurs ressurgissent, le règlement de comptes -à coups de pistolets ou de paroles- n'est plus très loin...
   
   
   Commentaire
    Une réflexion très intéressante sur le bonheur et les conditions de celui-ci. Tous les personnages s'interrogent, au cours de cette pièce écrite de main de maître, sur la possibilité d'atteindre ou non cet idéal. Les rares moments d'espoir et de joie sont suivis de périodes d'abattement et de détresse, où chacun est renvoyé à la vacuité de son existence et à sa solitude: le dégoût d'être laid, vieux, malade, l'ennui d'habiter dans une petite ville de province où jamais rien ne se passe, le désespoir de travailler comme un forcené sans jamais s'attirer la moindre reconnaissance, la douleur d'aimer sans retour possible... Bien sûr, parfois, les personnages se révoltent: surgit la tentation du meurtre, celle du suicide... Mais très vite, tout cela se révèle vain. La vie reprend ses droits, amère et crue, ennuyeuse et monotone. C'est là tout l'intérêt des pièces de Tchekhov: montrer la réalité des hommes qui dans leur quotidien ne sont pas de grands héros tragiques, prêts à se tirer dessus ou à faire de grandes déclarations d'amour enflammées... Les héros de Tchekhov sont des gens simples, avec tous leurs défauts (alcoolisme, égoïsme, mauvaise foi...), et paradoxalement, c'est en cela qu'ils parviennent à nous toucher davantage, en ce qu'ils nous ressemblent et nous renvoient, nous spectateurs, aux conditions de notre propre bonheur.
   
    Le dénouement, tout en simplicité, sans transports ni effusions, constitue le véritable drame: même si des éléments perturbateurs chamboulent notre quotidien, très vite chacun reprend le cours de son existence, dans la résignation et la douleur. Rien n'a réellement changé, si ce n'est que cette fois le bonheur est définitivement placé au rang des illusions. C'est sans doute l'unique leçon à tirer de cette pièce magistrale, remarquablement servie par une traduction fidèle et précise.
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critique par Elizabeth Bennet




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Pas exaltée
Note :

   Présentation de l'éditeur
   
   "Le vieux professeur Sérébriakov est venu se retirer à la campagne, dans la maison de sa première épouse.
   Cette arrivée perturbe la vie paisible de Sonia, la fille du professeur, et d'oncle Vania, qui à eux deux exploitent tant bien que mal le domaine. D'autant que l'attention des proches, y compris celle de Vania, se cristallise bientôt sur Eléna, la seconde et très désirable épouse. Dans ce drame, la capacité de Tchekhov à reproduire des atmosphères, sa langue même signalent l'essentiel : que la beauté vient de la simplicité et que les personnages puisent dans le quotidien, même trivial et résigné, le sens de leur existence."

   
   
   Commentaire
   
   J'avais déjà lu Tchekhov il y a longtemps mais je n'en avais aucun souvenir. J'ai relu la pièce, et je comprends tout à fait pourquoi je n'en avais aucun souvenir: il ne se passe définitivement pas grand chose.
   
   Ok, j'exagère. Mais si plusieurs choses m'ont touchée dans ce texte (j'y viens, j'y viens), n'empêche que malgré que la pièce soit courte, ce n'est pas toujours palpitant. C'est voulu, bien entendu. Tchékhov voulait montrer les gens dans leur quotidien, des gens ordinaires, placés dans une situation un peu hors de l'ordinaire. Un peu. L'ennui, la difficulté à vivre quand on a perdu des illusions, c'est l'un des thèmes de la pièce. C'est probablement un effet voulu que celui de nous le faire ressentir à la lecture.
   
   Oncle Vania, c'est une pièce assez triste. Les personnages ne sont pas tout d'une pièce, on sent qu'ils ont déjà vibré qu'ils ont déjà été autre chose, mais malgré quelques rares pointes d'humour dans la situation, la pièce baigne dans une atmosphère résignée. L'oncle Vania a toujours estimé son beau-frère, le professeur Sérébriakov et a fait rouler le domaine pour lui, lui envoyant chaque sou sans rien garder. Il a déchanté depuis et en veut à Sérébriakov, qui se pavane en ville alors que lui, fait tout le travail à la campagne. La pièce culminera en la confrontation entre les deux hommes, mais on y verra aussi Sonia et son amour sans espoir pour le Docteur. Elena qui se sacrifie pour son mari, qu'elle n'aime pas. Ces personnages évoluent dans ce domaine de province, ne sachant que faire pour être significatifs, pour que leur vie compte, alors qu'elle est en fait plutôt gâchée.
   
   C'est donc une lecture en demi-teinte, qui m'a un peu laissée sur ma faim malgré le message et cette douleur résignée dans laquelle la pièce se termine, et qui n'a pu que me toucher. Toutefois, ce n'est pas une lecture qui m'a réellement exaltée. Je serais curieuse de voir ce que ça donne sur scène, par contre.

critique par Karine




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