Lecture / Ecriture
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Endiablade de Mikhaïl Boulgakov

Mikhaïl Boulgakov
  Le Maître et Marguerite
  Le Roman de monsieur de Molière
  Le roman théâtral
  J’ai tué
  Endiablade
  Cœur de chien
  Récits d'un jeune médecin

Mikhaïl Afanassievitch Boulgakov (Михаил Афанасьевич Булгаков) est un écrivain et médecin russe d'origine ukrainienne né en 1891 et décédé de maladie en 1940.

Médecin durant la Première Guerre mondiale et la guerre civile russe, il abandonne cette profession à partir de 1920 pour se consacrer au journalisme et à la littérature. Il s'est heurté tout au long de sa carrière à la censure soviétique.

Endiablade - Mikhaïl Boulgakov

Grosse nouvelle ou petit roman
Note :

   On m’avait prévenue mais après m’être régalée du «Maître et Marguerite», je n’arrivais pas vraiment à croire que Mikhaïl Boulgakov ait pu écrire quelque chose qui ne m’intéresserait pas. J’avais tort.
   
   Nous replongeons ici dans cette vogue d’histoires absurdes qui a sévi en Russie ou URSS pendant une quand même assez longue période et qui m’ennuie/m’agace. Les deux, à 50 %, mais fortement.
   
   Déjà, si emporté par votre élan (même le plus faible) vous vous êtes laissé entraîner à lire le sous-titre que volontairement je ne vous donne pas ici, eh bien s’en est fini du moindre suspens, et donc, ce n’est déjà pas par sa chute que cette histoire se rattrapera pour vous. Désolée. Mais désolée déjà pour moi car c’est ainsi que j’ai commencé. On peut toujours se demander ce qui peut pousser un auteur à révéler la "surprise" de sa nouvelle dès le titre…
   
   Nous sommes en 1923 et la farce que nous offre Boulgakov a visiblement pour cible la toute puissante bureaucratie pour laquelle l’homme n’est qu’un pion manipulable, interchangeable et accessoirement exploitable sans aucune limite. On se doute que le gag des paiements en nature par les industries de leurs employés (et encore, si la qualité y était…) est trop sensible pour qu’il ait beaucoup fait rire les apparatchiks.
    Finalement viré à la suite d’un malentendu, par le nouveau directeur de l’administration où il végétait benoîtement, notre "héros" poursuit ce dernier à travers Moscou afin de s’expliquer sans parvenir à rien d’autre qu’à visiter encore plus de bureaucraties absurdes et de situations bafouant la nature humaine autant que le simple bon sens. En fait, il le poursuit si bien qu’il finit par se perdre lui-même… et personne ne le retrouvera.
   
   Je comprends bien que, soumis à la toute puissance d’une bureaucratie inhumaine qui prenait de plus en plus fortement une tournure absurde et la force de la plus totale mauvaise foi, les auteurs et les lecteurs de l’époque aient éprouvé le besoin de ces histoires et un plaisir compensatoire à les écrire et les lire, mais moi, lectrice d’un monde différent, je n’éprouve plus ni besoin ni plaisir à cette lecture et n’y étant pas non plus surprise... concluez vous-mêmes.
   
   Et pourtant, la plume de Boulgakov fait qu’il me restera je pense des images et des scènes de cette histoire-là. Elles se sont imprimées sur ma rétine imaginaire. (pour ceux qui l’ont lu, si je dis allumettes, "pinard", caleçon etc.) C’est que quoi qu’il fasse, Boulgakov est grand.
   Mais là, quand même, il m’a lassée.
   
   
   PS : A noter, prémisse prometteur, un personnage qui disparaît en se transformant –du moins le semble-t-il au narrateur- en gros chat noir…
    ↓

critique par Sibylline




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Réalité ou cauchemar ?
Note :

   Présentation de l'éditeur:
   
   "Dans la jeune Union soviétique des années 1920, Korotkov, modeste chef de bureau au Premier Dépôt central de matériel pour allumettes, est renvoyé du jour au lendemain. Révolté par cette injustice, il découvre peu à peu qu'il vit dans un monde peuplé de cauchemars dont seule la folie lui permettra de s'échapper".
   

   
   Commentaire

   
   De Boulgakov, j'avais déjà lu et aimé "Le maître et Marguerite". Du coup, quand j'ai vu une nouvelle, pas chère du tout, je n'ai pas résisté. C'est assez rare que je résiste à un objet plat et rectangulaire, d'ailleurs.
   
   Au départ, on rencontre Korotkov. Employé de bureau dans un truc d'allumettes, il n'aspire à rien d'autre qu'à rester là longtemps. Mais bon, il vit dans un monde en constant changement et un jour, à la place de son patron, il y a une bizarre créature au tempérament bouillant. Une petite gaffe et paf, renvoyé. Il veut se plaindre. Bonne chance.
   
   Cette nouvelle commence comme une histoire bien ancrée dans la réalité... mais comme souvent avec Boulgakov, ça ne dure pas. Nous nous retrouvons rapidement dans un monde où les situations fantastiques rivalisent de folie avec les situations réelles de la bureaucratie de l'époque (du moins, l'époque vue par Boulgakov). Changements constants, impossibilité de savoir qui fait quoi, qui est qui et quelles sont les procédures. Étonnement et incrédulité de la part de Korotkov (personnage ma foi bien ordinaire) face aux situations dans lesquelles il se retrouve et dont il perd rapidement le contrôle. Il devient d'ailleurs complètement fou face à tout ça.
   
   Si cette nouvelle n'a pas l'envergure de "Le maître et Marguerite", on retrouve tout de même certains éléments: la folie, la critique de société, le fantastique qui sort d'un peu nulle part. J'ai ouvert des yeux étonnés, ai parfois franchement ri et j'ai été effarée par certains éléments qui sont traités avec beaucoup de naturel. Toutefois, ma méconnaissance du contexte et de l'époque m'a sans doute fait manquer beaucoup de choses dans la nouvelle. Beaucoup d'allusions m'ont sans doute échappé, ce qui m'empêche de sortir totalement satisfaite de cette courte lecture. Mais en gros, un bon moment. Court mais agréable.
   
   Je relirai Boulgakov.

critique par Karine




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