Lecture / Ecriture
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Dans le ventre de la baleine de Paul Nizon

Paul Nizon
  Dans le ventre de la baleine
  La fourrure de la truite

Paul Nizon est un écrivain suisse né en 1929.

Dans le ventre de la baleine - Paul Nizon

Solitaire
Note :

   Solitaire, tel cet homme qui va à travers la vie,
   Solitaire comme le diamant d'un style remarquable.
   
   Cinq chapitres, cinq moments, cinq capriccios aux dires de l'auteur, structurent ce livre qui m'a laissée un peu perplexe.
   
   Cela se passe à Paris, mais cela commence par un soldat oublié seul sur le front de Mandchourie. Il creuse une tranchée. Une tranchée, en soi, ça n'a pas de fin. On peut faire cela longtemps, surtout quand on est seul et qu'on ne sait même plus trop pourquoi on le fait.
   
   D'une part, je me suis trouvée immédiatement confrontée à l'éclat de ce style littéraire et flamboyant d'une qualité au-delà de toute critique (bien qu'avec pourtant, parfois, comme une étonnante incongruité."Il ne saurait que faire de toute cette liberté, après tant d'années passées à bosser loin du reste du monde.").
   
   D'autre part, je suis restée sur le sentiment de ne pas bien comprendre ce que l'auteur voulait me dire. C'est un bavardage littéraire, un monologue peuplé de souvenirs et de rêves «Drôle de soldat s'accroche à son rêve comme une parachutiste à son parachute. Il lui faut sans cesse sauter dans le vide, afin de permettre à son parachute, à son rêve, de le porter. Cela ne va pas sans un arrière goût de danger.». De courtes histoires nous subjuguent pour nous abandonner aussitôt car Paul Nizon, ne veut pas raconter d'histoires. Cela est bien dommage. Le style est grandiose, si l'auteur le mettait au service d'un récit on obtiendrait un résultat assurément éblouissant, mais il s'y refuse. « Je n'aime pourtant pas les histoires, les histoires sont de faux semblants, d'artificieux traités de paix.(?) Je ne suis pas un metteur d'histoires en bouteilles, un virtuose de l'emballage. J'allume de petits éclairs et, à leur fugitive lueur, je poursuis mon chemin.» Je pense que cette dernière phrase résume parfaitement le travail fait dans ce livre. C'est bien exactement cela que Paul Nizon nous donne à lire ici. Un chemin éclairé par endroits des lueurs des histoires qu'il nous laisse apercevoir. Histoires ou souvenirs d'ailleurs. Nous découvrons sa mère. Il nous la présente par le récit de scènes qui les ont réunis, mais en disant si peu de ses sentiments? Nous découvrons également son ami anglais, toujours peu de sentiments. Ce ne sont assurément pas choses que l'auteur exprime volontiers.
   
   L'ouvrage est arpenté par un Marcheur qui le traverse de part en part, reflet inconnu de l'auteur qui lui aussi arpente les rues et les goûte. Il y croise les « toqués » de la rue qui, d'une certaine manière le fascinent. Peut-être un reflet à nouveau.

critique par Sibylline




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