Lecture / Ecriture
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La malédiction des louves de Gilbert Bordes

Gilbert Bordes
  Le voleur de bonbons
  Le porteur de destins
  La couleur du bon pain.
  Des enfants tombés du ciel
  Le silence de la mule
  Dernières nouvelles de la terre
  La nuit des hulottes
  Une vie d’eau et de vent
  La malédiction des louves
  Les secrets de la forêt
  La garçonne

Gilbert Bordes est un écrivain français né en 1948 à Tulle.

La malédiction des louves - Gilbert Bordes

Polar tourangeau
Note :

   C’est un polar que nous a livré là Gilbert Bordes. Plutôt coutumier de “romans de la terre”, de petites études sociologiques concernant principalement un monde rural bien perturbé, brinqueballé, pour ne pas dire en perdition, Gilbert Bordes nous la joue là polar. Disons d’entrée que ça m’a semblé moins pertinent que son registre classique, par exemple sa «nuit des hulottes». Moins pertinent, moins réussi. Certes le petit monde tourangeau, l’ambiance de la petite ville provinciale, sont bien restitués, mais il faut l’insérer dans une trame plus prenante, plus exigeante: un polar. Et donc des crimes, des mystères à entretenir ou à dénouer, un métier un peu différent somme toute …
   
   «La malédiction des louves» proprement dite porte sur un moulin où, dans un passé reculé, un meunier ou une meunière a été mangé par des loups. Sinistre réputation, l’endroit est donc maudit, et ce n’est pas très étonnant finalement si c’est là qu’est retrouvé Louis Peyrignac, enfin son cadavre plutôt. Louis Peyrignac qui n’est pas un inconnu en ces lieux puisque frère de Martial Peyrignac, le potentat local, archétype du patron paternaliste et tout-puissant, qui fait vivre la collectivité avec sa fabrique de meubles. Nous sommes fin des années 70.
   
   Problèmes: faute d’avoir senti le goût des consommateurs évoluer vers des meubles moins nobles mais surtout moins chers, la fabrique de meubles est en train de couler d’une part, d’autre part Louis Peyrignac n’avait plus remis les pieds dans la commune depuis des lustres suite à des différends familiaux que Gilbert Bordes va nous distiller peu à peu.
   
   Comme si un cadavre ne suffisait pas, un second suit, au même endroit, le moulin des louves, dans un laps de temps tout sauf anodin. Et c’est le maire de la commune, adversaire déclaré de notre potentat local. Tout cela va mal tourner pour Martial Peyrignac et Gilbert Bordes peut reprendre un fil qui lui est plus naturel; le déroulé d’une affaire sociologique rurale. En prenant soin, bien sûr, d’entretenir les rebondissements du polar. Ce qu’il ne fait pas mal, mais …
   
   Alors il y a Virginie, la fille de Martial qui va tenter, vaille que vaille, de reprendre le flambeau. Le commissaire Puylieut, qui flaire l’erreur judiciaire dans la condamnation de Martial et qui, tant qu’à faire, tombe en amour avec Virginie, …
   
   Et tout rebondira jusqu’au dénouement – révélation, incidemment de ladite «malédiction des louves», et de l’affaire de ces deux crimes par Puylieut, bien que dessaisi de l’enquête par les pouvoirs politique et judiciaires.
   
   Tout ceci n’est pas indigne. On est bien pris dans cette histoire. N’empêche … Gilbert Bordes m’y a paru un peu hors son registre.

critique par Tistou




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