Lecture / Ecriture
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Le Portrait de Pierre Assouline

Pierre Assouline
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Pierre Assouline, né le 17 avril 1953 à Casablanca (Protectorat français du Maroc), est un journaliste, chroniqueur de radio, romancier et biographe français, ancien responsable du magazine Lire et membre du comité de rédaction de la revue L'Histoire.
(Wikipedia)

Le Portrait - Pierre Assouline

Beaucoup d'orgueil et encore plus de préjugés
Note :

   Ce roman m'avait intriguée à sa sortie, j'étais donc très contente de pouvoir me faire enfin ma propre opinion. Je regrette d'autant plus ce que je vais maintenant faire: un billet plutôt exaspéré qui risque bien de frôler la caricature - je m'en excuse d'avance.
   
   Il y est question de la baronne Betty de Rothschild qui, à sa mort, intègre son portrait peint par Ingres en 1848 et se retrouve dès lors dans une position privilégiée d'observatrice de ses enfants, puis de nouvelles générations. L'idée est sympathique, le sujet prometteur. Le tableau traverse les époques, connaît les musées, la seconde guerre mondiale, les salons mondains, ce qui devrait a priori offrir au lecteur un tableau des plus croustillants, passionnants, intelligents, que sais-je... enfin quelque chose en somme.
   
   A partir de là, que de déconvenues! Certes, Pierre Assouline écrit bien. On peut également souligner l'intérêt de quelques passages, comme cette période où la baronne observe les visiteurs d'un musée. On croise également de grandes figures, tels Balzac, Chopin et Heine.
   
   Malheureusement, cette lecture s'est avérée d'un ennui mortel pour la pauvre lectrice que je suis; je n'y ai vu qu'accumulation de noms et de titres, anecdotes répétitives et finalement, beaucoup plus de souvenirs (qui pour moi ne suivent pas non plus les chemins hasardeux de la pensée) que d'observations savoureuses faites par la nouvelle Betty en tableau. De nombreux passages semblent plus ou moins tirés de manuels d'histoire ou de chroniques mondaines (car Assouline a vraisemblablement fait un travail de recherche sérieux). Le tout ressemble à un assemblage disparate auquel l'auteur ne parvient pas à donner une quelconque direction, ni un véritable intérêt.
   
   Enfin, j'ai été particulièrement gênée par les constantes allusions de la baronne à sa religion. Si j'en crois ce livre, en résumé, la baronne de Rothschild était riche, et juive (au final je ne retiendrai que ça, à l'exception de son influence dans la société mondaine, c'est un peu léger). Ces deux constantes sont lourdement rappelées à longueur de temps par une Betty rendue antipathique par ses remarques creuses et une tendance à se placer en fausse victime, attitude que j'ai rapidement trouvée insupportable. Dommage de résumer ce personnage à cela!
   
   Alors que la baronne explique que dans sa famille, l'on se devait d'épouser un Rothschild ou, à défaut de mieux, une personne de confession juive, elle dit ensuite au sujet d'une noblesse frileuse vis-à-vis des "Israélites": "et si une société sans mélange s'avérait être une société sans éclat ?" (p81). Passons l'incohérence, mais pourquoi revenir sans cesse sur les mariages entre cousins, oncles et nièces et autres de la famille? La réponse est sans doute là: "Quand cesseront-ils de nous imaginer en autant de Lilith au vagin denté? Nous sommes comme les autres, seulement un peu plus." (p129)
   
   Bref, ce livre dessert cette pauvre Betty de Rothschild qui, peut-être, aurait été plus à même de se présenter avec moins d'a priori et d'opinions convenues.
   
   Une vraie déception, je ne le recommande absolument pas.

critique par Lou




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