Lecture / Ecriture
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Double Je de Jean-Marie Catonné

Jean-Marie Catonné
  Double Je

Double Je - Jean-Marie Catonné

Nègre littéraire
Note :

   C'est l'histoire d’un nègre... Pas un roman noir. Jean-Marie Catonné écrit l'histoire racontée par un nègre littéraire et nous donne une hilarante description du milieu de l’édition. Le narrateur n'ayant pas obtenu la publication de son immense roman "Les Palmiers de la violence" (merci Faulkner) par l'éditeur Pierre-Ulysse Banador, alias PUB, s'est vu proposer d'écrire l'autobiographie de Magali, éphémère vedette d'une émission de télé-réalité. Le succès est tel qu'il continuera par le livre de recettes de cuisine au nom d'une présentatrice météo avant de rédiger un livre pour un homme politique ambitieux, probable candidat à l'élection présidentielle. « C'est tout de même de l'escroquerie, une activité de faussaire! – Pas du tout. Les faussaires en peinture s'approprient des noms qui ne sont pas les leurs. Ce sont des voleurs. On peut les poursuivre en justice. Dans le monde de l'édition c'est l'inverse. Le nom de l'escroc figure toujours sur la couverture.»
   
   Aucune prétention à l’élite littéraire dans ce roman. Son seul but est de se moquer des "livres people". D'ironiser sur la prolifération des faux livres, signés (mais pas écrits) par les présentateurs de la télé, les champions sportifs et les politiciens. PUB prétend que l'édition doit satisfaire la demande du public. Autrement dit, "Double Je" est une façon de dénoncer la prétendue crise du roman "balzacien", crise mythique qui a traversé l'actualité littéraire et la critique depuis belle lurette, c'est-à-dire au moins depuis le lancement du Nouveau Roman. "Double Je" dénonce aussi les nullissimes émissions de télébavardage ("talkshaw" si vous préférez) qui prolifèrent – mais le narrateur finit par craquer… et courir y participer!
   
   Jean-Marie Catonné vient de publier une biographie de Romain Gary.
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critique par Mapero




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The Ghost Writer
Note :

   Double je ou comment percer en tant qu’écrivain lorsque votre éditeur s’ingénie à vouloir vous faire faire le nègre pour les autres qui eux ne savent pas écrire. (voire lire …)
   
   Voici donc les aventures d’un écrivain rêvant de gloire et se retrouvant cantonné dans un rôle auquel il s’habitue peu à peu. Son premier grand succès sera le récit de vie d’une vedette de télé-réalité.
   
   "Magali par Magali est en place depuis un mois dans tous les supermarchés, distribué par les maisons de la presse, présent dans les kiosques de gare. Partout sauf dans les librairies. Chez les libraires, il n’y a que des lecteurs, ce n’est pas rentable."

   Voilà bien le problème de l’édition quand HEC s’empare des commandes. Ne faire que du volume et tant pis pour le reste. Bon, on ne va pas généraliser non plus, certains font encore leur boulot avec passion.
   
   "Depuis que les CRS n’ont plus le droit de matraquer le peuple à cause des droits de l’homme, les médias les remplacent."
Car un bon plan média est essentiel à la reconnaissance de l’écrivain. Radio télé presse, ne rien oublier.
   
   Ne pas avoir son nom en couverture est une chose à laquelle il faudra vite s’habituer. Les politiques signent toujours de leur nom car ils sont au dessus de tout soupçons. Les sportifs aussi mais cela ne trompe personne, chacun sait qu’ils ne savent pas écrire et lisent rarement un ouvrage jusqu’au bout. Finalement, le nègre est un faussaire, un escroc s’enflamme notre auteur devenant récalcitrant. "Pas du tout. Les faussaires en peintures s’approprient des noms qui ne sont pas les leurs. Ce sont des voleurs. On peut les poursuivre en justice. Dans le monde de l’édition, c’est l’inverse. Le nom de l’escroc figure toujours sur la couverture. En grosses lettres."
   

   Un livre réjouissant surtout si on connait une Magali.

critique par Le Mérydien




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