Lecture / Ecriture
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Les poissons ne connaissent pas l'adultère de Carl Aderhold

Carl Aderhold
  Mort aux cons
  Les poissons ne connaissent pas l'adultère
  Fermeture Eclair

Carl Aderhold, auteur français né en 1963, est aussi un historien, spécialiste du XVIIIe siècle.

Les poissons ne connaissent pas l'adultère - Carl Aderhold

Huis-clos sur rails
Note :

   Valérie, alias Julia, vient de fêter ses quarante ans et pour marquer ce passage dans sa vie de femme, ses copines se sont cotisées pour lui offrir un incroyable cadeau: une séance de relooking! De caissière en supermarché, Valérie sort transformée en belle femme fatale dont les rondeurs sont mises en valeur par la magie d'une coupe, d'une couleur, de vêtements et d'accessoires... une chrysalide qui s'ouvre, un papillon qui prend son envol vers un ailleurs.
   Bien entendu, Djamel, son homme, lui a fait la tête: sa nouvelle apparence gomme les chaînes si confortables de la femme au foyer, mal fagotée, lasse et submergée par les tâches du quotidien. Tout cela se bouscule dans la tête de Valérie qui, le lendemain, sur le chemin du travail, décide de tout balancer et de profiter de cette aubaine: devenir Julia sans arrière-pensée, de lâcher les bouts et de changer de vie. Elle s'embarque dans le Corail pour Toulouse qui lui réservera bien des surprises!
   
   Julia s'installe tranquillement dans un compartiment mais est très vite délogée de sa place par deux couples. Un des hommes, Vincent, semble inexorablement attirée par la féminité rayonnante qui se dégage de Julia tandis que très vite une des femmes, Muriel, paraît la prendre en grippe. Julia, ayant changé de place, se trouve assise face une vieille dame, Colette. Peu à peu, les ingrédients d'un huis-clos se mettent en place, à mesure que Julia croise Germinal, le contrôleur bègue et révolutionnaire, le groupe de choristes, le sourd et muet roumain, Jean-Pierre, le commercial dragueur, la femme de ce dernier, bafouée à longueur de temps, Nicolas, le jeune professeur d'université ambitieux et gorgé d'égoïsme et de mépris, et Aude, son épouse, aussi effacée qu'il est exubérant et sûr de lui... mais l'eau n'est jamais dormante!
   
   Le voyage est un cortège de rencontres aussi improbables qu'amusantes: le train est le fil conducteur des occasions manquées que l'on regrette, les décisions toujours difficiles à prendre à la croisées des chemins, les choix à faire, la vie que l'on rêvait et qui se révèle être une suite de grisailles. Les apparences sont parfois bien trompeuses, c'est ce que souligne l'auteur avec l'histoire de Valérie devenant Julia (Roberts!!) pour s'offrir, le temps d'un voyage en train, une parenthèse voire une autre vie. Les stéréotypes sont au coeur des personnages principaux qui en deviennent prévisibles: Muriel, d'une minceur sans féminité, à la chevelure terne qui se clairseme, admirative devant le charisme de Nicolas (son ex amant) et castratrice vis à vis de son mari, Vincent, qui n'a pas l'heur d'être aussi brillant (en apparence) ni aussi carriériste que son ami Nicolas. Muriel déteste d'emblée Julia, déteste tout de suite son glamour et sa féminité triomphante, et devient une caricature de femme intellectuelle frustrée et amère, une femme que l'on n'aime pas malgré la souffrance qu'elle cache. Jean-Pierre, le dragueur éternellement rustre, symbole d'une "beaufitude" grasse et écoeurante, pauvre crooner sans classe et suintant d'autosatisfaction minable; cet homme, on sait tout de suite que le voyage ne se terminera pas vraiment bien pour lui, surtout lorsque Julia échange quelques mots avec son épouse. Nicolas, archétype de l'universitaire qui a tout pour lui, intelligence, charisme, charme, devient très vite agaçant: le mépris envers autrui suinte derrière ses propos aux apparences modernes et jeunes, son arrivisme ne peut être caché tant son égoïsme et son égocentrisme s'étalent au fil de ses interventions. Quant à Vincent, Caliméro universitaire, dont les recherches sur les bestiaires médiévaux sont la coquille, attendrit le lecteur par son côté discret et sa peur d'être vraiment lui-même; on espère le voir balancer leurs quatre vérités à sa femme et son meilleur ami, et surtout assouvir son désir de liberté.
   
   Le Corail Paris-Toulouse emporte ses passagers dans la valse d'une autre vie, d'un autre destin que l'on se forge en écoutant enfin ses impulsions et ses envies. Il emporte aussi son lecteur dans une histoire certes plaisante mais surtout sans surprise et peu crédible. "Les poissons ne connaissent pas l'adultère" est un conte de fée moderne sans en posséder, hélas, la magie ni le merveilleux... dommage.
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critique par Chatperlipopette




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Ne vous laissera pas grand souvenir
Note :

   "Et si, pour une fois, il n'y avait pas de prix à payer? "
   
   
   
   Un relooking surprise offert pour ses quarante ans par les copines et Valérie redécouvre le plaisir de plaire. A soi et aux autres. Mais pas à son mari , dérouté par ce changement.
   Alors, sur une impulsion, Valérie se rebaptise Julia (Comme Julia Roberts, bien sûr!) et quitte sa vie bien réglée entre caisse de supermarché et couple planplan. Elle s'offre une parenthèse en prenant le train pour Toulouse et là, dans cet espace clos où personne ne la connaît, elle va se métamorphoser...
   
   Elle ne sera pas la seule car dans ce train, jeune ou vieux, anarchiste ou fan de Johnny, intello ou serveur, chacun sera entraîné dans une joyeuse spirale de comédie, accentuée encore par les chansons d' un groupe de joyeuses choristes.
   
   C'est évidemment totalement irréaliste mais sympathique en diable. On fait fi de quelques baisses de régime dans le récit, du dénouement trop bien réglé de rigueur et on passe un excellent moment dans ce Paris-Toulouse enchanté.
   
   320 pages pour ouvrir une brèche dans la grisaille ...
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critique par Cathulu




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Roman de gare
Note :

   C’est l’histoire d’un train qui déraille. Ou plutôt l’histoire d’un train dans lequel ça déraille. Mais rassurez-vous: point de violence ici, point de noirceur, non, tout se passe dans la joie et la bonne humeur, car comme le dit le titre en référence à un texte médiéval: «Les poissons ne connaissent pas l’adultère»! Et comme les hommes ne sont pas des poissons, ils connaissent l’adultère!
   
   En fait, c’est un vaudeville qui se joue dans ce Paris-Toulouse. Le personnage principal: Julia (non pas Roberts, même si c’est son grand modèle). Ayant quitté sa triste vie, son mari et sa fille le jour où ses copines lui ont offert une séance de «relooking» pour ses quarante ans, elle reprend goût à l’existence, aux plaisirs simples, à la séduction… Autour d’elle grouillent des personnages comme on les rencontre dans la «vraie vie». Au fil des gares, nous faisons leur connaissance, apprenons leur histoire, leurs frustrations, leurs aspirations… Ainsi Germinal, le contrôleur intransigeant qui retrouvera son idéal anarchiste et décidera de ne plus rien contrôler du tout; d’endosser le rôle du bienfaiteur, animateur, entremetteur, bref, de faire ce qui est en son pouvoir pour rendre les gens heureux. Il y a Colette aussi, la vielle dame aux deux amoureux; un faux sourd-muet roumain qui se révèle un vrai chanteur grec; Vincent, timide spécialiste du bestiaire médiéval qui osera, pour la première fois de sa vie, s’affranchir de l’avis des autres et prendre une décision tout seul… et beaucoup d’autres… le tout sur fond de variété française tonitruante dirigée par un chef de chorale qui n’est pas non plus celui que l’on croyait…
   
   C’est une lecture sans grandes ambitions, mais joyeuse et divertissante. Un livre à mettre dans la main de tous ceux qui prennent le train dans la tristesse et l’anonymat… et dans la main des contrôleurs intraitables qui se croient parfois investis d’une mission conférée par leur uniforme!

critique par Alianna




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