Lecture / Ecriture
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Compter jusqu'à cent de Mélanie Gélinas

Mélanie Gélinas
  Compter jusqu'à cent

Compter jusqu'à cent - Mélanie Gélinas

Cent fragments
Note :

    Résumé
   « Le matin du 11 septembre 2001, Anaïs ressent l’onde de choc des tours qui s’effondrent jusque dans sa chair. L’ampleur de la catastrophe se fait l’écho d’un crime oublié, survenu dix ans auparavant. Resurgit alors une décennie passée sous le signe de la survivance. Que vaut la reconstruction d’une vie sans envisager le pardon? Dans l’ébranlement sans mesure dans lequel les attentats la plongent, elle se rappelle les vieux écueils de son enfance, et aussi la cicatrice d’un terrible secret. Il n’y avait que le pire pour faire renaître son corps de ses cendres… »

   
   
   Commentaire
   Je me demandais depuis un moment ce que cette couverture jaune pouvait bien cacher. Je pourrais bien faire preuve de mauvaise foi (mais jaaaamais je n’oserais faire une chose pareille) et vous raconter que l’on m’a OBLIGÉE à l’acheter, mais non… je n’ai même pas cette raison en banque. J’avais craqué avant, sans même lire l’endos du livre (bon, ça, je fais ça souvent!), juste parce que le truc jaune m’intriguait. Je sais, je suis incorrigible!!!
   
   «Compter jusqu’à cent», c’est tenter de dire ce qui ne se raconte pas parce que ça fait trop mal. À travers cent courts chapitres, l’auteure nous offre cent fragments entourant le drame, ou évoquant le drame lui-même, cet indicible. Le drame, c’est ce viol qui n’a jamais été dit… jamais été réellement raconté. Ce secret qui fait que depuis, le «je» se cache et s’exprime par l’intermédiaire d’Anaïs, qui court en s’étourdissant depuis dix ans. Et quand les tours s’effondrent dans ce drame collectif qui ébranle l’Amérique, les barrières qui retenaient le drame personnel s’effondrent avec elles.
   
   Ce sont les vacances, normalement, je veux des lectures légères, qui ne me demandent pas de trop réfléchir. Disons que je me suis trompée de registre pour celui-ci mais j’ai quand même apprécié ma lecture. J'ai mis un peu de temps à entrer dans le roman au départ, juste le temps que les pièces du puzzle commencent à s'emboîter mais une fois les premiers chapitres passés, j'ai beaucoup aimé. Pourquoi? Tout d’abord pour la plume de Mélanie Gélinas que j’ai trouvée réellement très belle et poétique. Pleine d’images, de métaphores, de liens. J’ai trouvé plusieurs phrases assez belles pour avoir le goût de les lire à voix haute (croyez-moi, il fallait que ça vaille la peine parce que ça donne l’air un peu bizarre!!).
   
   Bon, ok, ça demande quand même une certaine attention et j’ai dû relire certains passages plus d’une fois pour bien les saisir. Mais ça ne m’a pas déplu, au contraire. Entre Montréal et New York, qui sont tellement vivantes, nous, le Lecteur, écoutons ce "je" et ce "elle" confondus. De plus, à travers la succession de souvenirs, on réussit à voir un peu l’enfant qui était avant ça et de ce fait, elle réussit à nous toucher, à nous faire ressentir une partie de l’horreur sans que pour autant ce soit sordide ou une séance de victimisation en bonne et due forme. Parce qu’il y a tout de même une lueur d’espoir dans tout ça.
   
   Toutefois, je crois que le commentaire de l’auteure, ainsi que le mot de sa directrice littéraire étaient superflus. Je n’ai pas compris ce besoin de justifier un roman qui se suffisait très bien à lui-même. C’est dommage car cette analyse fait que nous fermons le livre sur des considérations qui nous éloignent de l’émotion ressentie dans le roman. J’aurais préféré terminer en force plutôt que sur une postface tiède et ça a un peu gâché mon impression finale. Ceci dit, je n’avais qu’à ne pas le lire, direz-vous! Mais je suis une horrible curieuse, je crois que je l’ai déjà dit.
   
   Une auteure à suivre donc!

critique par Karine




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