Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

M comme: Dusk – Pauvre Tom de Richard Marazano

Richard Marazano
  M comme: Dusk – Pauvre Tom

M comme: Dusk – Pauvre Tom - Richard Marazano

Regard du peintre
Note :

   Scénario : Richard Marazano
   Dessin : Christian de Metter
   
   
   "Pauvre Tom" est le premier opus de la série Dusk (2000), qui fut suivi en 2002 du 2ème : "Trois larmes pour Lucie" et ce fut tout, il n’y a pas pour l’instant d’autre titre à cette série. Sans doute qu’on était en hiver et que le crépuscule venait tôt.
   
   Richard Marazano et Christian de Metter nous présentaient ici trois agents qu’on devinait très spéciaux d’un certain «Bureau» peu friand de publicité, qui fait œuvre de police et dont on ne saura rien de plus. Les trois agents dont nous faisons donc la connaissance avec ce "Pauvre Tom" sont Solomon, le chef, quinqua à sexa -génaire aux lunettes noires vissées aux orbites et carburant aux alcools forts; Anna jeune femme vive et efficace; et Jo jeune homme dans le rôle du chien fou. En somme un panel classique et auquel je reprocherais bien justement ce manque d’originalité, malgré leur potentiel sympathique.
   
   Et le manque d’originalité, c’est à vrai dire le reproche principal que je ferai à cette BD.
   Nos trois agents se rendent donc dans un bled où 4 personnes sont mortes d’un coup de mort "accidentelle" ce dont les statistiques ne peuvent que s’étonner dans une si petite ville. L’endroit s’appelle Salem, ce qui tout de suite vous met en tête… ? Les sorcières, of course. Tuées par qui ? C’est ça.
   Donc, le lecteur n’est pas ébahi de surprise en découvrant la suite de cette histoire. On nous dit que ce choix est un hommage volontaire à Arthur Miller, je n’ai aucune raison d’en douter, mais disons que je trouve que ce n’était pas une bonne idée d’autant que ça s’est déjà beaucoup fait.
   
   Quand je constate, pour couronner le tout, que, ayant résolu l’énigme, nos trois agents, pour des raisons de commodité, s’en retournent chez eux sans faire quoi que ce soit… là j’avoue que je ne parviens pas à approuver totalement et que je me sens un peu frustrée. Merci pour les victimes. De rien.
   Bref. Le scénario ne m’a pas semblé génial. Il est bien mené, bien découpé, soutient l’attention sans temps mort etc. en un mot la technique est parfaite; mais j’ai trouvé le pitch insuffisant et banal.
   
   L’illustration, c’est autre chose. Christian de Metter (c’est lui qui a transposé plus tard en BD le "Shutter island" de Denis Lahane) nous livre des dessins au pinceau que j’ai spécialement appréciés. Une atmosphère sombre et pesante. Beaucoup de visages en gros plan dont les expressions sont particulièrement justes, bien vues et bien rendues. Une technique d’illustration très expressive et artistique également. Vraiment, là, je ne trouve rien à redire. Le point fort de cette BD.

critique par Sibylline




* * *