Lecture / Ecriture
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J’attraperai ta mort de Hervé Commère

Hervé Commère
  J’attraperai ta mort

J’attraperai ta mort - Hervé Commère

Une maison qui porte la poisse
Note :

   La Sauvagère c’est le nom d’une jolie petite maison en pierres au milieu d’une clairière à Etretat. Quand un jeune couple l’achète en 2004, il est loin de soupçonner ce qui se cache derrière ce douillet nid d’amour. Nos tourtereaux découvrent, au retour d’un voyage, qu’un couple d’amis – qui a mystérieusement disparu – a fait refaire la véranda, datant de moins d’un an, à neuf et labouré la pelouse alentours. Quel en est le mobile? Cela les amène à se pencher sur une question cruciale: qui habitait la maison auparavant? Quelle n’est pas leur surprise quand ils apprennent que l’occupant précédent était Paul Serinen, acronyme d’Arsène Lupin, escroc notoire. On n’occupe pas la maison d’un tel personnage impunément…
   
   J’ai lu ce livre dans le cadre du prix Cezam 2010. Voilà un court (moins de 200 pages aux éditions Bernard Pascuito) et excellent policier signé Hervé Commère. Il se décline en trois parties, dont un épilogue, avec à chaque fois trois narrateurs différents, dont les destins se croisent, le dernier narrateur ayant suivi la trajectoire des deux premiers. L’intrigue est efficace, les maillons du puzzle tissés dans la première et la deuxième partie s’emboîtent à merveille dans l’épilogue. La première partie nous retrace «l’œuvre» illégale de Paul Serinen. Nous le suivons dans ses différents casses, admirant son sens de la discrétion lorsqu’il décide de parcelliser les tâches de ses subordonnés. Ses coups semblent l’œuvre d’un génie du vol; nous apprenons bien vite qu’il n’en est rien. Sa maison, nommée «La Sauvagère», porte les stigmates de ses agissements. Quand un jeune couple la rachète, il est loin de soupçonner la suite de mésaventures dans lesquelles il s’engage. Le mystère est à son comble, nous en soupçonnons quelques dessous, sans toutefois pouvoir le circonscrire totalement, l’auteur préservant des zones d’ombre, ce qui est bienvenu. Dans la deuxième partie, nous comprenons assez vite, lors d’un éclair de lucidité du narrateur, le sens du titre: «J’attraperai ta mort». J’ai été touchée par la destinée du narrateur de cette partie. L’épilogue est réellement bluffant et époustouflant: il délivre enfin les clés de compréhension de l’ensemble du livre et donne une perspective nouvelle à l’histoire, marquée par la maison en pierres de la Sauvagère.
   
   Une intrigue implacable, un livre bien écrit. On se perd parfois dans les allers-retours chronologiques, heureusement que figurent des indications temporelles en début de chapitres.
   
   Il s’agit pour l’instant de mon coup de cœur du prix Cezam* 2010.
   
   
   * Prix littéraire attribué par des comités d’entreprise.

critique par Seraphita




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