Lecture / Ecriture
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Delirium tremens (Jack Taylor, 1) de Ken Bruen

Ken Bruen
  Hackman Blues
  London Boulevard
  La Main Droite du Diable (Jack Taylor, 5)
  Blitz (Série R&B -4)
  Le martyre des Magdalènes (Jack Taylor, 3)
  Delirium tremens (Jack Taylor, 1)
  Toxic Blues (Jack Taylor, 2)
  Le dramaturge (Jack Taylor, 4)
  En ce sanctuaire (Jack Taylor, 7)
  Vixen (Série R&B -5)
  Le gros coup (Série R&B -1)
  Le mutant apprivoisé (Série R&B -2)
  Rilke au noir*
  Cauchemar américain
  Une pinte de Bruen (Vol.1 )
  Une pinte de Bruen (Vol.2)
  Munitions (Série R&B -7)
  Le démon (Jack Taylor, 8)
  Tower
  Brooklyn Requiem
  Sur ta tombe

Né à Galway en 1951, après une carrière d'enseignant d'anglais qui le mène en Afrique, en Asie du sud-est et en Amérique du Sud, il décide de se consacrer à l'écriture.

Auteur de polars, Ken Bruen crée le personnage de Jack Taylor. (Nous indiquons l'ordre de parution des romans de la série car il est préférable de les lire dans l'ordre à cause des personnages récurrents.)

Delirium tremens (Jack Taylor, 1) - Ken Bruen

Décoiffant!
Note :

   Il y a quelques semaines, j'avais titré mon billet consacré au "Carnet noir" de Ian Rankin "Embrumé, enfumé et (très) alcoolisé". Et ce, à ce qu'il me semble à présent, quelque peu imprudemment car si John Rebus a bel et bien le gosier plus en pente qu'il ne le faudrait pour la paix de son ménage, cela n'est rien, mais vraiment rien, en comparaison des problèmes d'alcoolisme de Jack Taylor. Des problèmes qui lui ont valu – et c'est que la chose semble vraiment extraordinaire - de se faire virer de la Garda Siochana, et de se retrouver à vivoter péniblement d'un boulot, non pas exactement de détective privé car "Il n'y a pas de détectives privés en Irlande. Les Irlandais ne le supporteraient pas. Le concept frôle de trop près l'image haïe du «mouchard». Vous pouvez faire quasiment n'importe quoi en toute impunité, à part moucharder." (p. 16), mais bien plutôt de préposé à la recherche des objets perdus, sorte d'ersatz terrestre de Saint-Antoine de Padoue.
   
   Alors, bien sûr, comme tout polar qui se respecte, "Delirium tremens" comporte une enquête, Jack Taylor s'étant vu confier, par la mère de la victime, la mission d'investiguer le suicide suspect d'une adolescente. Mais ce n'est pourtant pas cette intrigue, finalement assez simple, qui m'a tenue scotchée à ma lecture, happée dans l'univers de Ken Bruen et incapable d'en sortir avant la dernière page (et même après... j'y serais bien restée...).
   
   Car entre deux cuites, Jack Taylor a un autre vice, qu'il confesse d'ailleurs assez volontiers: "J'étais devenu bibliophile dans le vrai sens du terme. Je n'aimais pas seulement lire, j'aimais les livres eux-mêmes. J'avais appris à en apprécier l'odeur, la reliure, l'impression, le contact des ouvrages entre mes mains." (p. 149) Et des bribes de ses lectures (beaucoup de romans noirs – Ed McBain, Elmore Leonard, Jim Thompson... – mais aussi de la poésie, Pavese ou Henry James...) viennent assaisonner de belle manière le style si personnel de Ken Bruen, déjà si séduisant en lui-même par son mélange d'un sens aigu de l'observation, d'un pessimisme noir de noir et d'un humour flirtant continuellement avec l'absurde. Et puis il y a Galway, que l'on découvre ici en plein miracle économique irlandais, échappant petit à la pauvreté, à la crasse et à la grisaille et perdant dans le processus un gros bout de son âme. Une âme dont un autre petit bout, mauvaise-tête, frémissant et chaleureux, semble être resté emprisonné entre les pages de "Delirium tremens", ours for the taking, heureux lecteurs que nous sommes!
   
   
   Extrait:
   
   "Près de l'école protestante, à un saut de catholique de Victoria Square, se trouve l'hôtel Bailey, Ça, c'est le vieux Galway. On construit des hôtels neufs sur tous les emplacements disponibles maintenant, mais l'hôtel Bailey semble avoir échappé à la ruée vers la prospérité. Il n'a pas été
   vendu
   relooké
   réhabilité
   En fait, on le remarque à peine.
   De nos jours, on n'entend plus parler de «représentants de commerce». Mais si vous étiez obsédé à l'idée d'en trouver un, il serait au Bailey. L'extérieur est en pur granit dégradé par les intempéries et la petite enseigne indique «OTEL». Le H est resté dans les années cinquante, perdu dans les aspirations brumeuses de la Mini Morris." (p. 273)

   
   
   Série Jack Taylor
   
   1. Delirium Tremens (The guards)

   2. Toxic Blues (The Killing of The Tinkers)
   3. Le martyre des Magdalènes (The Magdalen martyrs)
   4. Le dramaturge (The Dramatist)
   5. La main droite du diable (Priest)
   6. Chemins de croix (Cross)
   7. En ce sanctuaire (Sanctuary)
   8. Le Démon (The Devil)

critique par Fée Carabine




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