Lecture / Ecriture
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Thérapie de Sebastian Fitzek

Sebastian Fitzek
  Thérapie
  Tu ne te souviendras pas
  Ne les crois pas
  Le Briseur d’âmes

Sebastian Fitzek est un écrivain et journaliste allemand né en 1971 à Berlin.

Thérapie - Sebastian Fitzek

Tout en embrouilles et chausse-trappes
Note :

   La vie du docteur Viktor Larenz, célèbre psychiatre berlinois, s’est arrêtée le jour de la disparition de sa fille de douze ans, Josy. La petite était atteinte d’un mal mystérieux et incurable depuis de longues années, et elle est enlevée alors qu’elle se trouve dans la salle d’attente d’un allergologue avec son père. Depuis ce jour, Viktor Larenz ne cesse de la chercher, fermant son cabinet pour ne se consacrer qu’à sa fille disparue. Ça, c’est la version du père. Mais le lecteur apprend rapidement que quelques années après cette disparition, le psychiatre est lui-même interné, ligoté à son lit de «la clinique de Wedding, spécialisée dans les troubles psychosomatiques, [...] réservée aux patients les plus difficiles» . Il y a passé des mois dans le coma mais vient de se réveiller et entreprend de raconter son histoire au médecin-chef qu’il veut convaincre de le laisser sortir.
   
   Larenz raconte comment, alors qu’il s’était retiré sur l’île de Parkum, au large de la mer du Nord, pour retrouver le calme, une femme se présente à lui, envoyée, dit-elle, par un collègue pour être sa patiente. Mais Larenz n’exerce plus et veut congédier la femme. Pourtant, il écoute le récit de cette Anna qui lui parle d’une petite fille disparue dont l’histoire comporte de troublantes similitudes avec celle de Josy. Mais qui est cette Anna? Une femme dangereuse comme le lui affirme le maire de l’île? Mais existe-t-elle seulement? Est-ce bien elle qui fouille dans ses affaires et vient le visiter la nuit? Quelle foi le lecteur doit-il accorder aux propos de Larenz dont le récit semble de plus en plus illogique?
   
   Ce n’est qu’à la toute fin d’un polar tout en embrouilles et chausse-trappes psychologiques que se dénoue ce sac de nœuds. Alors que le lecteur croit comprendre, la situation se retourne et se retourne encore comme les méandres du cerveau perturbé de Larenz. Qui est fou, qui ne l’est pas: tout est là.
   
   Aucun doute, ce Sebastian Fitzek a travaillé son sujet et connaît bien la maladie mentale et le cortège d’hallucinations qu’elle peut engendrer. Il en profite pour perdre son lecteur de façon d’autant plus originale qu’ici, c’est la parole médicale qui semble sujette à caution. L’intrigue est donc prenante et la résolution de l’affaire, surprenante. J’ai mangé ce livre en quelques heures, sans indigestion aucune.
   
   Cependant, j’aurais aimé en savoir plus sur Josy, sur sa mère, sur les rapports de Viktor Larenz avec sa fille avant l’enlèvement. J’attendais des scènes de réminiscence qui ne sont pas venues. De même, l’auteur aurait gagné en angoisse en soignant l’ambiance sur son île battue par les vents et isolée par la tempête, qui rappelle bien sûr la fameuse île des fous de "Shutter Island". D’autres personnages possèdent des potentiels inexploités comme le médecin-chef et le détective privé.
   
   "Thérapie" est le premier roman de Sebastian Fitzek. C’est un bon premier roman au suspens prenant. Il lui manque encore un petit quelque chose pour être aussi inoubliable que certains autres romans mettant en scène des schizophrènes. Mais le potentiel est bien là, Scandinaves et Américains n’ont qu’à bien se tenir!
   
   
   Titre original: Die Therapie, parution en Allemagne : 2006
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critique par Yspaddaden




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Thriller psychologique efficace
Note :

   Viktor Larenz, célèbre psychiatre berlinois, spécialisé dans le traitement de la schizophrénie, voit son existence basculer du jour au lendemain, lorsque Josy, sa fille de douze ans, tombe gravement malade. Mais ce qui est encore plus inquiétant, c'est qu'aucun médecin, malgré les différentes consultations, n'arrive à établir de diagnostic : personne ne sait ce dont elle souffre, et pourtant la pauvre Josy dépérit à vue d'œil. Jusqu'au jour où, alors que son père l'accompagne à un énième rendez-vous chez un spécialiste, la petite fille disparaît. Plus étonnant encore, personne ne se souvient de l'avoir vue dans le cabinet, pas même le médecin, qui va jusqu'à affirmer n'avoir jamais eu de rendez-vous avec Josy. Quatre ans plus tard, la petite fille n'a toujours pas été retrouvée, morte ou vivante. Viktor s'est réfugié sur l'île de Parkum, seul avec son chien, pour quelques jours, pendant que sa femme est en déplacement professionnel à New York. Le lendemain de son arrivée, une jeune inconnue frappe à sa porte. Anna Spiegel,qui écrit des livres pour enfants, affirme souffrir d'une forme particulière de schizophrénie : les personnages de ses romans prennent vie sous ses yeux. Or, il se trouve que l'héroïne du dernier livre d'Anna est une princesse victime d'un mal étrange et qui disparaît un jour sans laisser de traces. Dès lors, partagé entre scepticisme, effroi et fascination, le psychiatre veut à tout prix connaître la fin de l'histoire, sans se douter que la sienne va être pour le moins bouleversée par l'irruption de la jeune femme...
   
   
   Premier roman de Sebastien Fitzek, le petit génie du polar allemand, "Thérapie" est un chef-d'œuvre de tension, d'angoisse et de suspense : dès les premiers chapitres, le lecteur est complètement happé par l'intrigue et les rebondissements omniprésents (parfois à la limite de la facilité, toutefois), par les personnages énigmatiques, entre un psychiatre tourmenté par la brutale disparition de sa fille et une romancière à la personnalité inquiétante, et par l'écroulement progressif du monde de Viktor Larenz... En effet, page après page, celui-ci voit ses certitudes s'effondrer, à mesure que les événements étranges se multiplient autour de lui : alors qu'une violente tempête coupe l'île de toute communication avec le monde extérieur, Viktor se retrouve isolé, affaibli par une mystérieuse grippe, victime d'hallucinations et même de vol. L'ensemble ne manquera pas de faire penser à l'excellent "Shutter Island", avec ce héros qui croit basculer chaque jour un peu plus dans la folie, et même si le twist final est un peu alambiqué, avec plusieurs coups de théâtre successifs, le lecteur reste plutôt estomaqué d'une telle réussite, notamment devant ce dénouement imprévisible.
   
   Seule l'écriture est encore un peu faible, avec un style qui ne s'encombre pas de fioritures et va droit à l'essentiel afin de préserver intact le suspense, mais Fitzek est loin d'être le seul auteur de polar à devoir essuyer ce reproche. En bref, un très bon premier roman, thriller psychologique efficace, redoutable "page turner" puisqu'il se dévore en une seule nuit, sombre et inquiétant à souhait, et qui tient son lecteur en haleine jusqu'à la dernière page... voire un peu plus.
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critique par Elizabeth Bennet




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Emotions fortes en perspective !
Note :

   Voici la nouvelle coqueluche des amateurs de polars d’outre-Rhin : Sebastian Fitzeck.  "Thérapie"est le premier de ses romans à paraître en France.
   
   Je pense qu’on peut y trouver un intérêt si l’on aime ce genre de littérature, ce qui n’est pas forcément mon cas… (mais pourquoi le lire alors, me demanderiez-vous… et bien, parce que de temps en temps, je fais des incursions dans des genres "mal aimés" pour vérifier si je n’ai pas changé d’avis depuis l’incursion précédente…!)
   
   Le genre, justement : Il s’agit d’ un vrai modèle du "psychothriller", aux accents de tragédie grecque… unités d’action, de lieu, de temps… descente aux enfers, catharsis… et tout cela écrit dans un style certes accessible à un public très large mais sans être primitif… c’est efficace pour ce qui est des frissons, bien ficelé (quoique pas vraiment très original), distrayant…
   
   Notre "thérapeute" se sert des techniques de l’hypnose pour enfermer ses victimes à l’intérieur d’elles-mêmes. Parfaitement conscientes, elles se révèlent néanmoins incapables de communiquer avec leur entourage pour lequel leur état relève de l’état végétatif chronique… c’est dans une clinique psychiatrique qu’il poursuit une vengeance… personne ne connaît son identité… la panique s’installe!!!
   
   Toutes les ficelles du roman d’horreur y sont. L’angoisse, bien sûr, le sang, la violence, la mort… sans oublier l’énigme et les retournements de situation… (soit dit en passant, je n’aurais nullement envie de voir tout cela sous forme de film!!!)
   
   
   Le seul élément à me laisser un peu perplexe : deux étudiants qui se prêtent à une expérience d’hypnose quelques années après l’affaire… certes, c’est l’occasion de revenir sur certains aspects, mais on ne voit pas vraiment l’intérêt de cette expérience…
   
   C’est quand même un auteur à suivre si l’on aime les émotions fortes!

critique par Alianna




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