Lecture / Ecriture
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La traversée de la ville de Michel Tremblay

Michel Tremblay
  Le cahier rouge
  C'ta ton tour Laura Cadieux
  Les belles sœurs
  Bonbons assortis
  Un ange cornu avec des ailes de tôle
  Quarante-quatre minutes Quarante-quatre secondes
  Chroniques du plateau Mont-Royal
  Le trou dans le mur
  La Traversée du continent
  La traversée de la ville
  La Traversée des sentiments
  Au hasard la chance

Michel Tremblay est un écrivain québécois, né en 1942.
Il écrit des romans et du théâtre.
Il a profondément marqué le monde littéraire canadien en utilisant le dialecte québécois (le joual), en exerçant une critique de la société sclérosée et en choisissant ses personnages principaux parmi les classes laborieuses ( des femmes, en particulier). Par delà même le monde littéraire, il a eu une réelle influence sur l'évolution des idées au Québec.
La qualité de son travail est reconnue et, depuis 30 ans, son oeuvre est couronnée de prix.

La traversée de la ville - Michel Tremblay

Arrivées à Montréal...
Note :

   Deuxième tome de la diaspora des Desrosiers, "la Traversée de la ville", est inspirée du premier séjour de Rhéauna à Montréal, celle qui deviendra Nana, la maman de Michel Tremblay.
   
   «Je déteste la famille mais j'adore chacun de ses membres», explique Tremblay au sujet de cet amour-haine qui le lie à l'institution familiale, comme plusieurs d'entre nous d'ailleurs!
   
   Alors que le premier tome nous introduisait dans le premier roman "canadien" de l'auteur, on revient à Montréal, théâtre principal de son oeuvre, et on trouve beaucoup de plaisir à découvrir cette fois-ci, Montréal au tout début du XXe siècle, soit en 1912 et en 1914!
   
   Nana y a retrouvé sa mère Maria ainsi que Théo, un tout nouveau petit frère, et en parallèle, on y suit l'arrivée de Maria, deux ans auparavant, de Providence au Rhode Island...
   
   Il est beaucoup question de langues et d'accents dans ce roman du déracinement, l'accent pointu que les milieux populaires empruntent parfois pour imiter celui de la bourgeoisie, mais aussi l'accent des Plaines que la jeune Rhéauna emporte avec elle à Montréal, au risque de faire rire d'elle et qu'elle vit comme un véritable traumatisme lorsqu'elle rejoint l'Académie Garneau de Montréal. Car la francophonie est le principal bagage de ces abonnés de la mouvance, qui le trimballent comme un héritage fragile à conserver et à transmettre.
   
   Pour ces francophones, donc, qui sont partis chercher fortune ailleurs, l'aventure est un mode de vie. Une aventure animée par l'ambition, qui pousse à espérer une vie meilleure, un peu plus d'amour, un peu plus de richesse, quitte à être constamment déçu, avant de recommencer à rêver de nouveau!
   
   Cette traversée de la ville en est vraiment une, et le lecteur a l'impression de marcher lui-même le long de la rue Sainte-Catherine, léchant les vitrines de Dupuis frères ou d'Ogilvy, dans la peau d'une petite fille habitée de contes de fées, et dans un Montréal souvent anglophone, parmi les tramways et les voitures à chevaux. Il partage avec Nana cette curiosité pour les quartiers juifs ou chinois, même si les parents prétendaient alors qu'on y empoisonnait les enfants à l'opium avant de les manger... Et on s'étonne de découvrir chez cet écrivain à l'oeuvre imposante cette fraîcheur éblouie qui semble regarder la ville comme au premier jour.
   
   
   La Diaspora des Desrosiers, série de neuf romans :
   
   La Traversée du continent (2007)
   La Traversée de la ville (2008)

   La Traversée des sentiments (2009)
   Le Passage obligé (2010)
   La Grande Mêlée (2011)
   Au hasard la chance (2012)
   Les Clefs du Paradise (2013)
   Survivre! Survivre! (2014)
   La Traversée du malheur (2015).
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critique par Françoise




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Grande saga montréalaise
Note :

   Maria à nouveau enceinte, décide de quitter Providence et de se rendre à Montréal. Son frère Ernest ne lui a t-il pas dit au téléphone que si elle avait besoin d’aide…
   
   Maria donc entreprend le voyage et découvre un Ernest qui a fort grossi et dont la femme apparemment est alcoolique. Et quelle surprise de retrouver ses deux sœurs qu’elle n’avait plus vues ainsi que son frère depuis 12 ans.
   
   A la naissance du bébé, Maria qui a trouvé un travail de nuit fait venir l’une de ses filles près d’elle afin qu’elle s’occupe du bébé.(C’est dans la traversée du Continent, tome précédent, que l’on découvre le périple de la petite à travers le Canada)
   
   Nana s’occupe donc de son frère avec amour, mais ses deux sœurs restées là bas près des grands parents lui manquent. Mais surtout quand elle écoute en cachette sa mère et ses deux tantes, elle entend le mot guerre.
   
   Alors grande décision, casser sa tirelire pour aller acheter trois billets direction le Saskatchewan. Sa mère est en danger et pas heureuse. C’est à elle de chasser les nuages.
   
   Le roman est à deux voix : celle de Maria qui raconte sont départ vers Montréal, les retrouvailles avec ses sœurs ainsi que la vision qu’elle a de la ville en arrivant.
   
   Nana durant son périple pour arriver à la gare va découvrir des quartiers de Montréal qu’elle ne connaissait pas. Elle nous décrit cette ville en 1914 et c’est un régal.
   
   Ayant lu le troisième tome avant le deuxième, il ne me reste plus qu'à dénicher le quatrième de cette saga des Desrosiers qui oscille entre humour et tendresse. A dénicher après relecture de la Traversée des sentiments...

critique par Winnie




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