Lecture / Ecriture
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Palermo solo de Philippe Fusaro

Philippe Fusaro
  Palermo solo
  Aimer fatigue

Philippe Fusaro est un libraire et auteur français né en Lorraine en 1971, et vivant à Lyon.

Palermo solo - Philippe Fusaro

L'ennui, c'est qu'ça m'intéresse pas...
Note :

    Je cherche depuis un certain temps la meilleure façon de débuter ce billet, et je tourne autour sans trouver. Au mieux, ça donnerait: c’est l’histoire d’un type qui met cinquante ans à mourir dans un hôtel. Pas très engageant comme tournure et pourtant, c’est bien ça.
   
   Le baron, Sicilien n’ayant jamais quitté son île, est condamné par la mafia à vivre reclus jusqu’à la fin de ses jours dans une suite du Grand Hôtel et des Palmes (je n’ai pas réussi à me faire à ce nom étrange) à Palerme. Alors que peut-il se passer, d’autant plus que durant les dix premières années, il ne sort pas de sa chambre?
   
   Rien, il ne se passe rien, ou si peu: quelques femmes de passage, des rencontres avec des hommes célèbres (dont on ne saura rien), des envies de mort qui n’aboutissent jamais car la vie s’accroche au Baron. Et lui devenu vieux raconte cette vie monotone, un sursaut de passion, puis plus rien, et moi, je m’ennuie… Enfin pas vraiment parce que ce livre n’est pas très long, mais je tourne les pages sans éprouver d’intérêt pour ce personnage dont finalement, on ne sait pas grand-chose.
   
   Sans doute se dégage-t-il de ces pages un certain charme un peu vieillot, une classe vieille école incarnée par cet homme d’un autre temps qui n’a pas suivi la course du monde. Mais je trouve son discours un peu vain.
   
   J’ai par ailleurs apprécié la qualité de fabrication de ce livre, mais quand même, dix-sept euros pour cent quatre-vingt-sept pages, c’est cher…
    ↓

critique par Yspaddaden




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Mafia etc.
Note :

    Au Grand Hôtel et des Palmes réside un client particulier: le Baron. Ancien membre de la mafia locale, il a échappé à une mort certaine en acceptant de rester cloîtré dans l’hôtel pour le restant de ses jours. Personne, hormis quelques salariés de l’hôtel, ne sait qu’il est présent. Et le Baron hésite à sortir de sa chambre, car le visage de son ennemi ne cesse de le suivre. Jusqu’au jour où il entreprend de sortir dans le couloir, puis dans la salle à manger, où il rencontre une chanteuse aux traits d’Ava Gardner, qui va occuper tout son esprit.
   
   "Palermo Solo" fait entrer le lecteur dans l’intimité feutrée de ce Baron, réduit à la solitude dans un hôtel de luxe. Au début du roman, on partage son inquiétude face aux menaces qui pèsent sur lui, son appréhension à affronter le monde extérieur. Puis, peu à peu, il reprend courage et confiance, il rentre dans ce monde qui lui paraissait interdit. Le personnel de l’hôtel lui permettra de renouer avec la société, lui qui ne pouvait sortir qu’une fois par an, le deux novembre pour se rendre au cimetière.
   
   La seconde partie du roman m’a paru plus convenue: cet amour pour une femme croisée par hasard, et qui doit quitter la Sicile pour retourner aux Etats-Unis. La folie saisit petit à petit cet homme perdu dans sa réclusion dorée et son amour perdu. Le Baron commence par se promèner pieds nus (comme la Comtesse de Mankiewicz, incarnée par … Ava Gardner.), avant que cette folie ne prenne la forme d’accès de violence.
   
   Je ne suis en fait pas très friand de toutes ces histoires de mafias et de tueurs professionnels en littérature, je n’ai jamais été transporté ("Malavita" de Benaquista m’avait laissé assez froid, "Journal d'un tueur sentimental" de Sepulveda également). Peut-être suis-je mal tombé, mais cette accumulation me laisse penser que ce sujet n’est pas trop pour me plaire. Néanmoins, Palermo Solo est un livre qui se lit bien, même si la forme (phrases courtes avec beaucoup de retours à la ligne) ne m’a pas spécialement enthousiasmé.
    ↓

critique par Yohan




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«Et je me sens en exil entre les hommes»
Note :

   Le baron vit reclus depuis cinquante ans dans un grand hôtel de Palerme, depuis que la mafia l'a condamné à quitter sa ville natale et à ne plus y retourner que pour la Toussaint. Il vit dans la terreur de voir surgir un tueur et dans la solitude qu'il mêle parfois à celle de voyageurs de passage. Le baron, qui n'a pas de nom, est une rumeur, une légende qui se dévoile un peu au soir de sa vie.
    
   " Palermo solo" s'est révélé contre toute attente (préjugé is my middle name je vous le rappelle au cas où vous l'auriez oublié dans un moment d'égarement) une très agréable lecture, chers happy few. Il n'y a pas d'histoire à proprement parler dans ce roman au style aussi élégant et fluide que les costumes clairs du baron, mais plutôt des instantanés fragmentaires de la vie et des pensées du baron, qui s'est enfermé à quarante ans dans le Grand Hôtel & des palmes pour échapper à la mafia. On y suit l'évolution de cet homme condamné par sa réclusion à une intense solitude, qui décide au bout de dix ans de laisser la peur de mourir dans sa chambre et de s'aventurer jusque dans la salle de restaurant (il n'ira jamais plus loin), où il rencontre des voyageurs célèbres (des acteurs et des écrivains notamment) ou anonymes et où il tombe amoureux d'une femme en robe rouge qui pourrait être Ava Gardner et dont les silences dans une langue qui n'est pas la sienne vont lui briser le cœur. Il y a une ambiance et un ton très particuliers dans ce roman, à l'image de ce baron environné de livres (les grands compagnons des hommes solitaires) qui vit dans la nostalgie et les regrets d'une vie qu'il n'a pas vraiment vécue et qui voit passer la vie des autres du haut des toits de cet hôtel qui est son cocon et sa protection contre le monde.
   
   Une bonne surprise, chers happy few.
    
   Je regrette cependant que la correction ait été mal faite : ce roman comporte un nombre assez impressionnant de coquilles. On ne répètera manifestement jamais assez à quel point l'édition ne peut pas se passer de correcteurs.

critique par Fashion Victim




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