Lecture / Ecriture
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J’ai tué de Mikhaïl Boulgakov

Mikhaïl Boulgakov
  Le Maître et Marguerite
  Le Roman de monsieur de Molière
  Le roman théâtral
  J’ai tué
  Endiablade
  Cœur de chien
  Récits d'un jeune médecin

Mikhaïl Afanassievitch Boulgakov (Михаил Афанасьевич Булгаков) est un écrivain et médecin russe d'origine ukrainienne né en 1891 et décédé de maladie en 1940.

Médecin durant la Première Guerre mondiale et la guerre civile russe, il abandonne cette profession à partir de 1920 pour se consacrer au journalisme et à la littérature. Il s'est heurté tout au long de sa carrière à la censure soviétique.

J’ai tué - Mikhaïl Boulgakov

«Journal d'un médecin de en campagne»
Note :

   D’habitude, je ne suis pas cliente de cette collection qui propose des extraits à mon goût bien trop courts pour être vraiment intéressants. Mais il se trouve que je m’intéresse en ce moment à Mikhaïl Boulagkov et que les nouvelles publiées dans ces folios ne sont pas éditées ailleurs en dehors de l’admirable mais coûteuse Pléïade. Mon porte monnaie n’a fait qu’un tour et a opté pour le folio 2€ et ses trois nouvelles.
   
   La première, "Le brasier du Khan" (1924): met en scène la fin de la Russie blanche en une péripétie hautement symbolique mais pas d’une folle originalité ni, à proprement parler, passionnante.
   
   La seconde, "L’île pourpre" (1924): Par clin d’œil, Boulgakov donne cette nouvelle pour être de Jules Verne, traduite par lui. Ce pastiche de notre Jules national se manifeste par l’apparition de personnages tels Michel Ardan et autres, caricaturés de façon comique. Ils représentent, n’en doutons pas, les travers de la vieille Europe. Folio nous indique que ce serait également un pastiche des littératures simplistes de propagande des années 1920, mais là, je me rends moins bien compte.
   C’est parfois bien drôle :
   (Lord Glenarvan)"- … Je n’ai pas besoin de vos stupides conseils.
   - Ah? Bon! fit Ardan en fronçant les sourcils. Veuillez me dire, sir, quel jour nous nous battrons au pistolet. Et je vous jure, cher sir, que je vous transperce à vingt pas aussi facilement que si vous étiez la cathédrale Notre-Dame de Paris.
   - Je ne vous envierai pas, monsieur, quand vous vous trouverez à vingt pas de moi, répondit le Lord. Le poids de votre corps sera augmenté du poids de la balle que je vous mettrai dans l’œil, celui des deux que vous voudrez, au choix.
   Le témoin du lord était Philéas Fogg et Paganel celui d’Ardan. Ardan conserva son poids initial et manqua le lord. Il ne manqua pas un des Nègres tapis derrière un buisson par curiosité."

   
   On sourit souvent, on songe à la ferme des animaux d’Orwell, mais c’est un peu confus tout de même, m’a-t-il semblé.
   
   La troisième, "J’ai tué" (1926): fait partie des écrits inspirés à Boulgakov par ses quelques années comme médecin en zone de combats, elle reprend aussi le récit des exactions des séparatistes ukrainiens, également d’inspiration autobiographique et qu’il développe dans «La garde blanche». C’est un récit violent, que l’on sent lourd de tension pour l’auteur, mais à mon avis pas pleinement réussi du point de vue littéraire. Un peu confus encore une fois, à cause des flashes de souvenirs qui se chevauchent de façon peut-être pas assez maîtrisée et l’émotion (colère) de l’auteur couvre celles des personnages.
   
   
   En conclusion, ce petit recueil ne m’a pas valu un grand moment de lecture, mais à mon sens, il est utile à connaître quand l’on s’intéresse à Mikhaïl Boulagkov, ce qui est mon cas. On me dit que "Endiablade" (même collection) n’est pas meilleur mais je vais le lire quand même, toujours pour les mêmes raisons. Je vous en parlerai.
   
   
   PS : Quatrième de couverture ridicule avec son «homme nu» au dessein grossièrement aguicheur. Pauvres de nous avec les 4èmes de couv.!

critique par Sibylline




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