Lecture / Ecriture
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Comme un cuivre qui résonne de Peter Stamm

Peter Stamm
  Un jour comme celui-ci
  Comme un cuivre qui résonne
  Agnès
  Paysages aléatoires
  Tous les jours sont des nuits
  Sept ans
  Au-delà du lac
  L'un l’autre

Peter Stamm est un écrivain suisse né en 1963.

Comme un cuivre qui résonne - Peter Stamm

De frêles échos dans le silence
Note :

   Il y a de la magie – magie blanche sans aucun doute - dans la façon dont l'écriture de Peter Stamm, toujours si neutre et l'on pourrait même dire minimaliste, fixe sur le papier la vacuité, les révoltes, les frustrations et les petites joies de vies très ordinaires. Sur le voyage au long cours d'un roman, comme "Un jour comme celui-ci", cela nous vaut un petit miracle: un héros sans qualité auquel on finit pourtant par s'attacher, un charme aussi insidieux qu'irrésistible.
   
   Et découvrant avec "Comme un cuivre qui résonne" ce que Peter Stamm peut nous offrir lorsqu'il se limite au format court de la nouvelle, j'ai bien retrouvé sa manière caractéristique, ce ton tranquille, égal, où rien jamais ne se détache. Et la magie aussi, parfois, dans certains de ces textes. "Vieillesse", surtout, offre un magnifique regard dans le rétroviseur, tout de sobriété et de pudeur, sur des vies tristement gâchées, tandis que "Le résultat" nous immerge dans les états d'âme d'un homme, réceptionniste d'un hôtel de luxe, qui au long d'une longue nuit de service et dans une grosse envie de solitude, attend le résultat d'une biopsie - vie ou mort, cancer ou pas... – passant tour à tour de l'angoisse à l'optimisme.
   
   Mais parfois, et allez savoir pourquoi, la magie n'est pas là. Trop bizarre tel "Videocity" où le regard épouse la folie d'un narrateur dont on n'apprend finalement rien, ou "Enfants de Dieu", faux conte de Noël sans sapin ni guirlande. Ou tout simplement trop court, comme "Les vestiaires «hommes»" où il me semble avoir manqué d'espace et d'aliments pour m'installer dans une histoire.
   
   Les frêles échos distillés par les douze nouvelles de "Comme un cuivre qui résonne" m'ont donc laissée sur une impression en demi-teintes, une indifférence polie pour les unes le disputant à l'admiration pour les autres, qui du reste valaient plus que largement le déplacement.
   
   
   Extrait:
   
   "La piscine scintillait, toute noire dans l'obscurité. Bruno enclencha le dispositif d'éclairage sous-marin et le bassin s'illumina d'un bleu éclatant. Il aimait cette couleur, sa froideur, sa pureté et la légère odeur de chlore. La piscine était pour lui le vrai luxe de l'hôtel, pas ces salons décorés, ces menus pour gourmets ou ces musiciens de salon qui venaient parfois ici jouer le week end. La piscine était différente du lac où il allait nager, elle était comme détachée du paysage et de la vie de tous les jours. Elle représentait une vie qu'il ne vivrait jamais, mais ça lui était égal. Ça lui suffisait que des gens vivent ainsi, d'être près d'eux et de les servir. Il ne lui serait jamais venu à l'idée d'aller passer ses vacances dans un hôtel de luxe bien qu'il eût pu se le permettre." (pp. 90-91)

critique par Fée Carabine




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