Lecture / Ecriture
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La théorie Gaïa de Maxime Chattam

Maxime Chattam
  Carnages
  L'âme du Mal
  Maléfices
  In Tenebris
  Le 5e règne
  Les arcanes du chaos
  La théorie Gaïa
  Ados: Autre monde T1: l’Alliance des Trois
  Ados: Autre monde T2: Malronce
  Le requiem des abysses
  Leviatemps

Maxime Chattam est un auteur français de romans policiers né en 1976.

La théorie Gaïa - Maxime Chattam

De l’évolution de la violence dans la civilisation
Note :

   «La Théorie Gaïa» est le dernier tome de la trilogie de l’Homme, après «Les arcanes du Chaos» et «Prédateurs». Je n’hésiterais pas à reprendre ce que j’écrivais à propos des «Arcanes … » :
   «Il y a dans la littérature finalement deux grands courants: les romans qu’on écrit pour raconter une histoire, et ceux pour qui l’histoire n’est qu’un support à l’écriture et aux sentiments qu’on veut faire passer… Une vision un peu simpliste, mais bon … Clairement Maxime Chattam s’inscrit dans la première proposition ; les romans qu’on écrit pour raconter une histoire. Dans cette mouvance, presque naturellement, l’histoire prime sur le style. Je comparerais cette attitude un peu à celle de l’éleveur de poulets qui privilégie la croissance du poulet à tout prix au détriment d’un minimum d’éthique et d’un minimum de respect du poulet. J’exagère évidemment ! Grossir le trait pour être plus aisément compris. Alors, non, le style de Maxime Chattam n’est pas indigne. J’ai trouvé que cela se lisait bien, trop bien en fait puisque, encore une fois, l’essentiel est l’histoire. Un peu un croisement bizarre de Dan Brown, Marc Lévy et Bernard Werber. Un peu ça.»
   
   J’ajouterais simplement, à propos de la filiation un autre croisement; Grangé revisité par Marc Lévy. C’est extrêmement dynamique, ne vous lâche pas d’une seconde, rebondit à toutes les pages et parvient encore à vous surprendre. Fort quand même! D’autant qu’il y a de la matière, intelligente et sensée, qui doit nécessiter une belle préparation.
   
   C’est de violence dont il est question, de théorisation de la violence; la théorie Gaïa, associée à la violence faite à la Nature, autre thème très tendance… L’observatoire du Pic du Midi et une île des Marquises, c’est dans ces deux endroits isolés du monde qu’Emma, paléoanthropologue d’un côté (côté Marquises) et Peter, son biologiste de mari, accompagné de Benjamin, sociologue et frère d’Emma, sont mystérieusement envoyés pour le compte d’une autorité européenne. Leur mission doit rester secrète d’où un démarrage de roman bien touffu et obscur. Il faut gérer mystère et opacité. Après… ça s’accélère! Et Maxime Chattam ne recule pas devant l’horreur et la description de violence brute. Ca peut gêner parfois. La limite entre décrire l’horreur pour mieux la condamner, et son apologie, reste quelque chose qu’il appartient à chacun de sentir et pour beaucoup elle sera franchie.
   
   Mais il y a un vrai sujet, de vraies questions. Juste enrobées dans beaucoup d’actions et de péripéties. Disons qu’on est davantage du côté d’Indiana Jones qu’à la recherche du temps perdu!
    ↓

critique par Tistou




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Ambiance théorie du complot
Note :

   Mais pourquoi diable ont-il accepté ce plan désastreux? Poussés par la curiosité, Emma et Peter DeVonck, un couple de chercheurs, n'ont pas hésité bien longtemps avant d'accepter la mission confiée par la Commission Européenne : vérifier des installations scientifiques financées par une boîte noire dont personne ne connaissait l'existence jusqu'alors.
   
   Les voilà donc séparés : lui dans un observatoire perdu sur le Pic du Midi, elle sur une île polynésienne presque inhabitée et perdue au milieu de l'océan. Et avec les ravages du dérèglement climatique, les tempêtes sont de la partie, et viennent opportunément couper toutes les communications avec l'extérieur.
   
   D'un côté, Peter, le généticien, se retrouve face à un observatoire où une paisible équipe d'astronomes cohabite avec d'étranges scientifiques censés délivrer des brevets pharmaceutiques sans importance, mais dont les activités réelles semblent bien moins inoffensives. De l'autre, Emma, la paléo-anthropologue, doit faire face à un mystère bien inquiétant : pourquoi tous les habitants de la petite île de Fatu Hiva semblent-ils avoir disparu dans des circonstances terribles?
   
   À mesure qu'ils progressent dans leurs investigations et qu'ils découvrent la terrifiante réalité, Emma et Peter doivent affronter des dangers de plus en plus grands. Mais ils ignorent encore à quel point leur propre vie est menacée, sans parler du sort de l'humanité tout entière, désormais entre leurs mains...
   
   Depuis une dizaine d'années, et grâce au succès phénoménal de sa trilogie du Mal, Maxime Chattam s'est imposé comme l'un des grands noms du thriller français, aux côtés de son meilleur ennemi Franck Thilliez. Avec "La Théorie Gaïa", c'est désormais sur son propre terrain que Chattam tente de battre ce dernier, avec un thriller scientifique aux accents futuristes, ambiance théorie du complot et société victime de ses propres dérives.
   
   D'emblée, l'intrigue apparaît un peu déséquilibrée, avec cette alternance régulière de chapitres consacrés les uns à Peter sur le Pic du Midi, les autres à Emma sur Fatu Hiva : la tension narrative, à son comble dans les parties consacrées à cette dernière, retombe lorsqu'on retrouve Peter dans son laboratoire des Pyrénées, où le suspense monte beaucoup plus lentement. C'est dommage, car certains passages montrent un véritable talent pour l'épouvante et le survival, à tel point qu'il est parfois difficile de trouver le sommeil par la suite...
   
   L'écriture est toujours aussi simple et efficace, et l'auteur est le maître des retournements de situation, ce qui fait de "La Théorie Gaïa" un redoutable page-turner, même s'il reste globalement bien en-dessous de "Maléfices", par exemple.
   
   En ce qui concerne les personnages, ils sont plutôt intéressants dans l'ensemble, et les héros se montrent assez attachants, même si le côté "Wonder Woman" d'Emma, dans les derniers chapitres, se révèle lassant et peu crédible. Mais les personnages secondaires, pour la plupart, ne sont qu'ébauchés, puisque Chattam se concentre avant tout sur l'action, et certains sont franchement stéréotypés, amenant des rebondissements hyper prévisibles et dignes d'un mauvais James Bond, avec trahisons convenues et coups de théâtre en cascade.
   
   Et si l'idée à l'origine du roman est intéressante et plutôt bien exploitée, il faut bien avouer que, malheureusement, le dénouement est fort décevant, attendu, tiré par les cheveux, et sans finesse. Chattam nous avait habitués à bien mieux, et l'on espère qu'il ne s'agit là que d'une légère baisse de régime.

critique par Elizabeth Bennet




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