Lecture / Ecriture
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Le mal noir de Nina Berberova

Nina Berberova
  Le mal noir
  L'accompagnatrice
  Chroniques de Billancourt
  Nabokov et sa Lolita
  Le roseau révolté
  La souveraine

Nina Nikolaïevna Berberova (Ни́на Никола́евна Бербе́рова) est une écrivaine russe, née à Saint-Pétersbourg en 1901 et décédée à Philadelphie en 1993.

Le mal noir - Nina Berberova

Ça ne cicatrise pas
Note :

   Nina Berberova a quitté la Russie en 1922. Elle avait 21 ans. Son origine bourgeoise la condamnait, mais plus encore ses goûts intello-artistiques.
   
   Elle finit par arriver à Paris où elle vécut fort mal et dans une misère telle que l'alimentaire lui-même n'était pas assuré. Elle a tiré de cette vie des histoires, des romans et nouvelles qu'elle qualifie elle-même de récits «de gloire, de misère, de folie et de boue».
   
   C'est bien tout cela que nous trouvons ici, dans ce récit poignant, juste, subtil et aride comme la misère, quand elle n'a pas encore abruti ses victimes. Ca, c'est pour la toile de fond, le décor, et puis, il y a l'histoire, ce qui s'y est passé.
   
   Le mal noir évoqué par le titre est ce défaut qui fait perdre à un diamant que l'on croyait jusque là précieux, et de la vente duquel on attendait ses prochains repas, toute valeur. Le mal noir, cela peut être autre chose encore.
   
   Le personnage principal Evgueni (Eugène) quittera Paris pour New York, comme le fit Nina, signe, selon moi, qu'il lui semblait encore quand elle écrivit ce livre, 39 ans plus tard, que cela était l'issue logique et inévitable de cette situation.
   
   J'ai beaucoup aimé ce livre, une narration irréprochable, un récit vibrant de vérité qui m'a menée au bout de cette histoire qui s'est révélée finalement ne pas être celle que je prévoyais.
   Nous sommes au-delà de la tristesse, dans le désespoir, et nous ne nous en apercevons pas tout de suite. Nous suivons un récit de toute beauté, et c'est après coup que nous réalisons que l'histoire ici, c'est ce qu'on ne nous raconte pas, ou presque, et si tard...
   
   C'est un récit qui ne finit pas, tout comme il a à peine commencé ou alors, pas où ni quand nous le pensions.
   
   L'auteur nous conduit où elle veut, fait de nous ce qu'elle veut, et nous transmet tout ce qu'elle voulait nous faire sentir. En dire plus, ce serait abîmer.

critique par Sibylline




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