Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Le Grand Meaulnes de Henri-Alban Fournier dit Alain-Fournier

Henri-Alban Fournier dit Alain-Fournier
  Le Grand Meaulnes

Alain-Fournier est le nom de plume d'Henri-Alban Fournier, écrivain français en 1886 et mort au front en 1914.


Jean-Christian Petitfils a publié une biographie d'Alain-Fournier sous le titre "Le frémissement de la grâce"

Le Grand Meaulnes - Henri-Alban Fournier dit Alain-Fournier

J'aime les classiques
Note :

   Mon édition est de 1967.
   Cet ouvrage à l'époque m'avait plu, qu’en penserai-je quarante ans plus tard?
   
   De nouvelles éditions de ce roman ont paru mais je m'en suis tenu à mon vieux livre de poche...
   
   Nous sommes à la fin du dix-neuvième siècle à Ste Agathe dans le Berry, la ville la plus proche étant Vierzon.
   Un petit village retranché du monde. On y vit au rythme des saisons, sans référence à une actualité politique et sociale quelconque.
   Le narrateur François Seurel vit entre ses parents tous deux instituteurs: il appelle sa mère «Millie» et son père «monsieur Seurel», voyant chez lui le maître davantage que le père. A 15 ans il est écolier et s'ennuie copieusement, lorsque Augustin Meaulnes un peu plus âgé que lui, devient pensionnaire chez ses parents et va partager toutes ses journées.
   Le nouveau a du charisme et devient aussitôt le meneur du groupe, en même temps que l'ami de François.
   
   Bientôt ce garçon disparaît pendant trois jours et revient sans s'excuser ni donner d'explication auprès des parents de François qui ne lui demandent rien.
   Meaulne fait la loi aussi chez les adultes.
   
   Il se confie à François: s'étant perdu dans la campagne, il s'est trouvé par hasard mêlé à une fête «étrange»costumée dans un manoir, et s'est fait passer facilement pour un invité. Il y a rencontré Yvonne la jeune châtelaine qui lui a plu et on peut penser que c'est réciproque. Ainsi que son frère Frantz jeune garçon trop gâté, transi par une déception amoureuse..
   Meaulne et François ne vivent désormais que pour retrouver ces deux êtres tellement séduisants, et ce château baptisé tantôt «le Domaine Mystérieux» tantôt le «Pays perdu» ce qui le fait ressembler au paradis perdu.
   
   Un quatuor de personnages se met en place: François, à travers Meaulne aime Yvonne de Galais et Meaulnes aime également Yvonne mais surtout Frantz ce garçon romantique exalté qui est son double aristocratique. Les deux jeunes châtelains sont attirés par les roturiers comme dans les contes.
   
    Le côté "conte" tout plein de détails oniriques et le côté "roman du terroir" avec ses nombreuse notations réalistes se mélangent et forment un assemblage curieux.
   
   "Le Grand Meaulnes" se lit toujours avec plaisir, il ne manque ni d'agrément ni même de charme.
   
   A 25 ans, Alain Fournier était fort talentueux d'écrire avec cohérence habileté et quelques bonheurs d'expression ce récit qui tient à la fois du roman régionaliste, du conte et aussi, hélas, du mélodrame.
   ↓

critique par Jehanne




* * *



Hommage
Note :

   Je dois à mon professeur de français, en classe de sixième, Mademoiselle S ..., de m'avoir fait découvrir Alain FOURNIER et son roman "LE GRAND MEAULNES".
   
   Ce professeur, qui enseignait également l'histoire, a beaucoup compté dans ma formation littéraire. Elle avait été une amie très proche, d'Isabelle RIVIERE, sœur d'Alain Fournier, épouse de Jacques RIVIERE, meilleur ami de l'écrivain, et futur Directeur de la N.R.F.
   
   C'est à travers cette proximité amicale, avec celle qui fut la gardienne de la mémoire d'Alain FOURNIER, disparu le 22 septembre 1914, sur les Hauts de Meuse, durant la grande guerre de 1914-1918, que toute cette classe de sixième fit connaissance avec ce livre éminemment romanesque qu'est "Le Grand Meaulnes. Je ne sais si on le lit encore, mais cette œuvre appartient à la liste de ceux qui m'ont laissé une empreinte durable, tant ce roman, très français, au plus beau sens du terme, possède un charme indéfinissable, lié à l'histoire qui unit les deux personnages principaux, Augustin Meaulnes et Yvonne de Galais, ainsi qu'à la description des paysages de Sologne, où se situe l'action.
   
   La figure d'Isabelle RIVIERE, est également très attachante, puisqu'à la mort de son frère, elle s'est consacrée à la publication de ses textes inédits et de sa correspondance. A son propos Alain FOURNIER disait : "Il y a en elle une confiance, une joie et une force cachées, qu'il faut découvrir, comme une source entre les feuilles."
   

   On fête en cette année 2013, le Centenaire du Grand Meaulnes. L'ouvrage parut d'abord en feuilleton à la N.R.F. de juillet à octobre 1913, puis fut édité, Alain FOURNIER ayant consacré huit longues années de sa jeune vie, à l'écriture de ce livre, qui appartient désormais aux "classiques".
   
   Existe-t-il encore des personnes de la trempe de Melle S... parmi les professeurs de français et d'histoire dans les lycées et collèges ? La mienne appartenait à la race de ceux qui avaient à cœur de transmettre un savoir, tout en sachant intéresser les élèves, en leur racontant une histoire, qui allait leur laisser un souvenir marquant.
   
   Je lui rends hommage aujourd'hui, car je lui dois beaucoup, et elle le mérite amplement.
   
   Alain FOURNIER tombe au tout début de la guerre de 1914 - 1918 et son corps ne sera retrouvé que 77 ans plus tard dans une fosse commune, avec une vingtaine de ses camarades.
   
   Il sera inhumé au cimetière militaire de St Rémy la Calonne (Meuse)
    ↓

critique par Vert Céladon




* * *



L'inaccessible étoile
Note :

   Je n’avais jamais lu ce classique. J’étais certaine de l’avoir lu, sauf que non. Et quelle découverte ! J’ai adoré cette histoire, adoré l’ambiance, l’atmosphère onirique, la passion adolescente qui va jeter une nouvelle lumière sur toute une vie. Un coup de cœur pour moi.
   
   Le narrateur est François Seurel mais il n’est pas le héros de cette histoire. C’est un adolescent de 15 ans, fils de l’instituteur, calme, posé, un peu à l’écart. Il sera l’ami d’Augustin Meaulnes, le fameux grand Meaulnes, qui va le fasciner. Il va l’accompagner dans sa quête folle, presque la prendre pour sienne.
   
   Un jour, Augustin Meaulnes va se perdre et tomber dans un mystérieux domaine qui se prépare pour les noces. C’est la fête, les enfants sont rois, les fiancés vont bientôt arriver. Le grand Meaulnes ne sait trop s’il est dans un rêve ou dans la réalité et c’est à ce moment qu’il croise Yvonne de Galais, jeune femme qu’il n’aura de cesse de retrouver.
   
   C’est un roman envoûtant, empreint d’idéalisme, à la poursuite du rêve entrevu, de la fameuse inaccessible étoile. C’est aussi la fin de l’adolescence, la désillusion d’une quête chimérique, presque. Il est empreint d’une profonde mélancolie et d’une certaine nostalgie de ce temps où tout était imaginable, de l’époque de tous les possibles. C’est tout en retenue, rempli de pudeur, et c’est magnifique.
   
   Ce roman a été publié en 1913, un an avant la mort de l’auteur au champ de bataille lors de la première guerre mondiale. Le fait de n’avoir qu’un roman de sa plume est infiniment triste car celui-ci m’a terriblement émue.
   
   Un coup de cœur, comme je le disais.

critique par Karine




* * *