Lecture / Ecriture
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Vers l’aube de Dominic Cooper

Dominic Cooper
  Vers l’aube
  Le cœur de l'hiver
  Nuage de cendre

Dominic Cooper est un écrivain britannique né en 1944. (Ne pas confondre avec son homonyme acteur)
Il s'est vu décerner le Somerset Maugham Award en 1975 pour son roman "Le cœur de l'hiver".

Vers l’aube - Dominic Cooper

Un récit sobre, une écriture superbe
Note :

   "Pendant un moment, le frère et la soeur se dévisagèrent dans l'embrasure de la porte. Murdo avait l'impression que Bessie avait rétréci au cours des douze années pendant lesquelles il ne l'avait pas vue. Elle avait les épaules arrondies et se tenait légèrement voûtée, presque comme si elle venait de recevoir un coup de poing dans le ventre. Elle avait les cheveux entièrement gris et tous ses traits étaient devenus mous et relâchés, la peau de son visage ayant perdu son élasticité. Debout sur le seuil, sa mâchoire trembla, ses lèvres se serrèrent et ses yeux devinrent vitreux. Murdo eut honte de lui".
   
   Le jour du mariage de sa fille, Murdo quitte la cérémonie, met le feu à la maison qu'il habite depuis de nombreuses années avec une compagne qu'il n'aime plus et quitte son village. Après avoir erré dans la forêt, il décide de se rendre chez sa sœur Bessie, mise au courant du drame par un courrier du pasteur du village. Il explique à Bessie que cela faisait longtemps que les choses n'allaient plus entre Margaret, sa femme, et lui, qu'il ne se sentait pas capable de rester avec elle après le départ de leur fille Flora. Il lui dit qu'il n'envisage pas d'y retourner et il lui demande donc de l'héberger quelque temps. Cela ne gêne pas Bessie, par contre cela n'a pas l'air d'emballer le couple qui vit dans la même ferme qu'elle.
   
   Ce qui frappe dans ce roman c'est tout de suite la superbe écriture qui porte ce récit de bout en bout. Sobre, majestueux.
   
    J'ai tout de suite eu beaucoup d'empathie et d'amitié pour Murdo, cet homme solitaire, qui décide de tout quitter pour réussir à être lui même et tenter d'être heureux. Et qui va vers une figure maternelle, sa sœur, se réfugier en espérant y trouver la force nécessaire pour essayer de renaître.
   
   J'ai aimé tourner les pages de ce livre, à la fois rude et tendre, âpre et sauvage comme la nature au milieu de laquelle vivent et se ressourcent ces êtres.
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critique par Clochette




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Grâce d'Écosse
Note :

    Deuxième livre pour moi de cet auteur écossais (voir "Le cœur de l'hiver") Cet écrivain commence seulement à être traduit en France, trente ans après la publication originale.
   
    C'est une plume très riche que Dominic Cooper. En moins de 200 pages il nous intéresse à Murdo Munro, forestier écossais qui vient de quitter sa femme à 58 ans, le jour du mariage de leur fille, après avoir accessoirement incendié sa maison. Fuyard, perdu, Munro, plutôt bon bougre, erre dans cette forêt d'Écosse péninsulaire, en quête d'un restant d'avenir bien ténu.
   
    Les collines, les lacs, les ruisseaux de ce petit bout d'Ouest d'Écosse n'ont pas de secret pour Dominic Cooper. C'est extrêmement bien décrit, à en frôler le vertige du lecteur. Qu'il parle des nuages ou des oiseaux il nous enchante.
   Tout petit extrait: "Survolant les collines en direction du sud, quatre corneilles, des lambeaux noirs devant la lumière plus haute, passèrent devant la montagne et disparurent bientôt."
   
    Drame de l'usure des sentiments et de la solitude, "Vers l'aube", est un superbe poème de cette Calédonie tellurique, cette Écosse rude et enclavée, ces rochers d'Occident aux prises avec la mer. A mille lieues de la littérature du nombril que je déteste prenez une pinte de cet alcool aux forts effluves que n'auraient renié ni Stevenson ni Conan Doyle. Je ne sais s'il y a d'autres romans de Cooper à paraître mais d'ores et déjà ce bel écrivain d'embruns et de fougères rejoint mon album photo. Il y sera en bien belle compagnie.
    ↓

critique par Eeguab




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Si peu d'amour !
Note :

   Murdo Munro, garde forestier à l’île du Beinn an Edin, vit au village d’Acheninger (côte ouest de l’Ecosse).
   
   58 ans ; le jour du mariage de sa fille, met le feu à la maison conjugale et s’enfuit. Souhaite se réfugier chez sa sœur Bessie sur la côte de l’Ecosse. Commence par gagner l’île d’Elean Na Reinich en barque… dans sa cavale il finit par s’y rendre, non sans mal, mais Bessie cohabite avec le frère de son défunt mari Alec, alcoolique, pêcheur de homards, sa femme Mary, leur enfant Dougie. La maison appartient à Alec ; Murdo n’est le bienvenu que pour Bessie, et Dougie avec qui il s’entend bien. Cela ne suffit pas. Après un malheureux accident (dont les dégâts sont minimes), il doit s’enfuir encore...
   
   Le portrait de cet homme privé de l’affection de ses femme et fille qui l’ignorent et le méprisent, et qui finit par "péter un plomb" est très bien vu ; son immersion dans les éléments naturels est l’essentiel du roman ; très belles descriptions de nature (le personnage principal avec Murdo c’est cette nature, dont l’ étonnante description d’un orage, auquel je trouve des accents hugoliens.
   
   L’auteur n’ennuie pas en racontant tomber la pluie, en décrivant la mer, la lande, les falaises et leurs reliefs, les ruses de Murdo pour durer encore et encore, des dizaines de fois ! Murdo aura connu quelques jours de bonheur, l’amitié du petit Dougie, et quelques heures de félicité ici et là à profiter de l’été malgré, ou grâce à son activité de fugueur.

critique par Jehanne




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