Lecture / Ecriture
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Indian Tango de Ananda Devi

Ananda Devi
  Le sari vert
  Indian Tango
  Manger l'autre

Ananda Devi est une écrivaine mauricienne née en 1957.

Indian Tango - Ananda Devi

New Delhi, 2004
Note :

   Inégale lecture que cet «Indian Tango». Une belle écriture, un sujet intéressant et pas totalement une réussite, à mes yeux, pour autant.
   
   Ananda Devi est mauricienne, plus que probablement d’origine indienne comme 70% des mauriciens, et ce roman est tourné vers la nation d’origine: l’Inde. Vers l’Inde et une femme, indienne de New Delhi, un peu à la croisée des chemins comme on peut l’être parfois sans que rien de particulier ne nous y ait préparé ou qu’on s’y soit attendu.
   
   Subhadra a cinquante-deux ans et vit la vie difficile – et pourtant favorisée par rapport à l’écrasante majorité de ses congénères – d’une femme «middle-class», à New Delhi. Un appartement, un mari qui travaille, Mataji sa belle-mère, et un grand fils qui vit manifestement difficilement son débarquement dans l’âge adulte. Subhadra qui maintenait enfouies toutes ces contraintes sans même y penser se met d’un coup à prendre conscience de celles-ci, et bien évidemment à ne plus pouvoir les supporter. Alors, non, il ne s’agit pas d’un roman de révolte. Non, nous sommes en Inde, et Subhadra est une femme; pas vraiment tous les ingrédients pour une révolte. Non, mais le vernis va se craqueler peu à peu et c’est ce craquèlement progressif que nous raconte Ananda Devi. Craquèlement qui d’ailleurs ira loin dans la transgression, vis-à-vis de sa belle-mère qui règne en potentat sur la maison, vis-à-vis des mœurs indiennes également.
   
   Une belle plongée dans le quotidien «delhien», dans «l’indianitude», mais des passages par trop confus et qui font perdre parfois le fil du récit.
   « Au bout de longues minutes de douces exhortations en guise de massages d’âme, Mataji daigne rentrer. Elle regarde son fils avec pitié. Il lui sourit avec un peu de détresse. Mère et fils, inséparable engeance. Subhadra lui rapporte son lait et ses biscuits. Elle mange du bout des lèvres. Le lait s’accroche à la fine moustache qui lui ponctue la lèvre supérieure. Le chocolat laisse une tache sur ses vêtements. Jugdish est rassuré. Il leur commente les actualités, comme il le fait chaque jour, petit rituel qui n’a aucun sens puisque la télévision leur dit déjà tout, mais qu’ils accomplissent quand même parce que c’est le rôle de l’homme que de partager son savoir.»

critique par Tistou




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