Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Markus presque mort de Valérie Sigward

Valérie Sigward
  Markus presque mort

Markus presque mort - Valérie Sigward

Presque vivant
Note :

   Markus et Franck étaient unis par une amitié scellée par les longues virées en mobylette, le loisir principal des jeunes de cette petite ville perdue. Mais l’amitié s’est brisée un soir, comme la mobylette et les corps broyés par l’accident. Devenu adulte, Franck ressent le besoin de parler, de raconter et d’expliquer.
   
   Long monologue intense oscillant entre passé et présent, "Markus presque mort" donne à entendre à travers Franck la voix d'une amitié adolescente et de vies brisées avant d’avoir commencé. Franck raconte l'accident les blessures, les séquelles avec des mots simples qui nouent le ventre et beaucoup de pudeur. Il raconte aussi la vie quotidienne d’une classe populaire, l’ennui poisseux et étouffant, la routine et le bonheur malgré tout. Petit à petit affleurent les non-dits, les failles et les fragilités des adolescents qu'ils étaient et des adultes qu'ils sont devenus. On est pris au piège d'une plume faussement simple qui parvient avec une grande économie de moyen à faire entrer le lecteur dans un drame psychologique étouffant.
   
   Par petites touches, à l'aide de petits détails, Valérie Sigward instille un doute, qui fait augurer d'autre chose. Un flottement dans la narration, cette haine que Franck porte à son frère, son refus d'aller voir Markus à l'hôpital... La construction habile du roman: trois longs chapitres découpés en courts paragraphes instille une tension croissante jusqu'au dénouement brutal qui fait presque entrer dans une dimension fantastique. Dans les dernières pages, c'est toute la cruauté et l'absurdité de l'humanité qui est révélée. C'est sans conteste un texte fort et émouvant. Pas un coup de cœur cependant, tant le style, particulier, demande un effort pour entrer dans le récit.
   ↓

critique par Chiffonnette




* * *



Bêtise humaine
Note :

   Dans un très court roman qui se lit en moins d’une heure et avec une grande pudeur, Valérie Sigward nous donne à voir comment le passage du monde de l’adolescence à celui des adultes peut comporter sa part d’ombre ou de malheurs.
   
   Dans ce coin de France où il n’y a pas grand-chose à faire, deux copains zonent tout le temps ensemble à deux sur une mobylette trafiquée, sans but précis mais sans rien faire de mal non plus. Pourtant, une nuit, ce sera le drame. Sur un chemin de halage perdu, ils seront percutés par une autre mobylette, de façon visiblement volontaire. Markus, le conducteur, subit de graves blessures qui le plongent dans le coma et vont le conduire au bord de la mort, à trois reprises. Franck, le passager et narrateur, aura les deux jambes fracturées.
   
   Qui a bien pu les agresser et pourquoi ? Seul Franck le sait, parce qu’il a vu ce qui s’est passé avant de sombrer dans l’inconscience. Ce n’est que bien des années plus tard, parce que le secret est intolérable en soi et encore plus intolérable à supporter seul, qu’il va se décider à relater l’insupportable vérité, faite de honte et de préjugés ridicules.
   
   Markus, presque mort lors de cet accident, relevé du coma miraculeusement, ne revivra jamais vraiment. C’est aussi ce que nous comprendrons à travers les retrouvailles sobres et tristes de ces deux copains d’enfance que le malheur aura frappé trop tôt.
   
   La souffrance des adultes, la bêtise humaine, l’attente en forme de point d’interrogation face à ce jeune intubé de partout, les paupières cousues et qui s’enfonce de plus en plus vers une mort qui paraît certaine à ses proches, sont dites avec une remarquable économie de moyens qui saura toucher le lecteur.

critique par Cetalir




* * *