Lecture / Ecriture
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Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran de Eric-Emmanuel Schmitt

Eric-Emmanuel Schmitt
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  La femme au miroir
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Éric-Emmanuel Schmitt est un auteur d'origine française né en 1960 et naturalisé belge en 2008.

Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran - Eric-Emmanuel Schmitt

Emile Ajar pas loin.
Note :

   Qu'Eric-Emmanuel Schmitt n'aille pas nous dire qu'il n'a pas lu « La vie devant soi » d'Emile Ajar alias Romain Gary ! Le thème et les situations sont semblables, jusqu'au prénom du jeune garçon, Momo, héros de l'affaire.
   Momo, élevé ( ?) par son père seul, se retrouve rapidement livré à lui-même dans les rues de Paris. Son père, qui ne se souciait guère de lui (ou n'en avait pas la force), disparait. Qu'à cela ne tienne, Momo fera comme si rien ne s'était passé et s'appuiera sur l'amitié de Monsieur Ibrahim, l'épicier arabe de sa rue (attention à la définition de l'épicier arabe, celle de E.M. Schmitt tient compte de l'évolution du petit commerce à Paris !).
   Kaléidoscope extrêmement rapide (l'ouvrage est court), comme dans un roman d'Amélie Nothomb, on balaie l'essentiel de la vie de Momo en très peu de pages. L'histoire, comme les personnages, n'est pas banale. Ca commence comme ça :
   « A onze ans, j'ai cassé mon cochon et je suis allé voir les putes. »
   Et ça dure !
   « Et puis, dans les jours qui suivirent, monsieur Ibrahim me donna plein de trucs pour soutirer de l'argent à mon père sans qu'il s'en rende compte : lui servir du vieux pain de la veille ou de l'avant-veille passé dans le four ; ajouter progressivement de la chicorée dans le café ; resservir les sachets de thé ; allonger son beaujolais habituel avec du vin à trois francs et le couronnement, l'idée, la vraie, celle qui montrait que monsieur Ibrahim était expert dans l'art de faire chier le monde, remplacer la terrine campagnarde par des pâtés pour chiens. »
   Le thème de l'amour filial est également effleuré, du moins celui de l'amour dû, du simple fait de la filiation. Pas banal le Momo !
   

critique par Tistou




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Un épicier comme on en voudrait un…
Note :

   Momo a treize ans, il vit seul avec son père, avocat de métier, dans la rue Bleue….mais si la rue est bleue, la vie de Momo elle, n’est pas rose…sa vie se résume à sa vie à l’école et aux courses quotidiennes chez l’épicier arabe de la rue, Monsieur Ibrahim. Il ne voit son père que le soir après le travail et dans une ambiance fort peu enthousiasmante…
   
   Momo vit donc très mal son adolescence, partagé entre sa rancœur envers sa mère qui l’a abandonné à sa naissance, envers son père qui le compare sans cesse à Popol son soi-disant frère aîné qui aurait tout mieux réussi que lui, et son apprentissage de vie d’homme avec les filles de l’air du quartier…
   
   Tout cela lui semble bien morne jusqu’au jour où il se lie d’amitié avec le fameux épicier arabe, Monsieur Ibrahim…à partir de là, sa vie entière va être chamboulée… Momo va découvrir que la vie n’est pas forcément triste et morne.
   
   Une rencontre vraiment touchante entre un adolescent et un vieux monsieur qui recèle plein de surprises et qui lui apprendra ce que signifient l’amitié et l’amour paternel, le vrai…mais également une belle leçon de tolérance que beaucoup devraient suivre.
   
   Mon premier roman d’Eric-Emmanuel Schmitt et après une déception avec un autre ouvrage, ça fait vraiment du bien de lire un bon livre très frais, qui se lit très facilement et très vite, qui nous fait rire par moments et presque couler une larme à d’autres et on en arrive même à regretter qu’il ne soit pas un tout petit peu plus long.

critique par Mme Patch




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Un récit initiatique un peu simpliste
Note :

   Moïse, que tout le monde appelle «Momo», a 11 ans. Sa mère ayant quitté le domicile conjugal, il vit seul avec son père, un homme triste qui lui rappelle sans cesse, en forme de reproche, la perfection de son frère aîné Popol, avec qui sa femme est partie. Jusqu’au jour où deux événements font basculer sa vie: la découverte des prostituées et la rencontre avec Monsieur Ibrahim, l’épicier du coin.
   
   J’ai choisi ce livre car j’en avais beaucoup entendu parler. J’avais déjà lu du même auteur «Oscar et la dame rose» et j’avais vraiment beaucoup aimé ce livre, sensible, pudique, touchant et nous permettant de réfléchir sur le sens de la vie. «Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran» m’a vraiment déçue.
   
   La trame de l’histoire est plutôt classique et sans grande inventivité: un pré-adolescent dont la vie est tissée de souffrances rencontre un homme (qui revêt la figure d’un sage, d’un mentor) qui modifie radicalement sa vie, le faisant accéder à la sagesse. L’auteur a-t-il voulu écrire un récit initiatique? Les propos se veulent simples: ils m’apparaissent parfois simplistes, voire mièvres, tendant vers une caricature des personnages et de leurs sentiments. Ils sont dépeints de manière plutôt manichéenne (le sage qui éclaire le néophyte en errance, le père résolument mauvais, la mère et son parcours de rédemption). Certaines situations sont peu crédibles.
   
   Deux points m’ont paru cependant intéressants: tout d’abord, le livre regorge d’humour; ensuite, le lecteur ressent une grande tendresse entre Monsieur Ibrahim et Momo (même si cette tendresse peut basculer vers de la mièvrerie). Les deux personnages, même s’ils me semblent dépeints de manière trop caricaturale, sont attachants.
   
   Une note à la fin du livre donne un éclairage à l’ensemble: «"Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran" est le deuxième volet d’un ensemble intitulé par Eric-Emmanuel Schmitt "Trilogie de l’Invisible". Le premier volet, "Milarepa", est consacré au bouddhisme et le troisième, à paraître, "Dernière nuit sur la terre", au christianisme».
   
   François Dupeyron a tourné un film à partir de ce roman. L’acteur principal est Omar Sharif.
   
   Je n’ai pas vraiment accroché à la lecture de ce court roman (moins de 100 pages). Je n’ai pas envie de lire les deux autres volets de cette trilogie.

critique par Seraphita




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