Lecture / Ecriture
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Un Episode dans la vie du peintre voyageur de César Aira

César Aira
  Varamo
  Un Episode dans la vie du peintre voyageur
  La Preuve
  Les Fantômes
  Les Nuits de Flores
  Le testament du magicien ténor

César Aira est un écrivain argentin né en 1949.

Un Episode dans la vie du peintre voyageur - César Aira

Moritz Rugendas, peintre et aventurier
Note :

   Ce roman rend compte de la singularité de l’acte esthétique en tant qu’il est créateur, en prenant pour exemple la vie du peintre Johann Moritz Rugendas, peintre bavarois, spécialisé dans la peinture naturaliste de paysage définie par Alexander von Humbolt. Le tableau est organisé selon des éléments caractéristiques de la physionomie du paysage en question, destiné à satisfaire la sensibilité du spectateur tout en lui apportant des informations. Il privilégie ce qui est «réellement exceptionnel dans le paysage» pic enneigé, fleurs tropicales, arbres et végétaux étranges ou majestueux, et ces modèles se rencontrent électivement en Amérique Latine, d’autant plus que la végétation y croît bien plus vite qu’en Europe. Formé à ces principes, Rugendas n’ira pas en Italie mais au Brésil, au Pérou, au Mexique… avec son matériel de dessin et le nécessaire pour faire des esquisses à l’huile.
   
    L’un de ces voyages le mène en Argentine avec Robert Krause, un condisciple, en 1837.
   Ce qui intéresse Rugendas, ce qu’il attend, c’est un tremblement de terre, ou une attaque d’Indiens chez les Blancs; l’un et l’autre seraient extrêmement formateurs pour son art. Il a expérimenté toutes les techniques de la peinture de genre. Mais ce qu’ils traversent, sont des plaines plates qui ressemblent à la Pampa immenses plaines sans relief «un défi pour l’imagination», puis une région désertique dévastée par les sauterelles.
   
   C’est alors que ce produit la première péripétie: perdu dans un orage, Rugendas est foudroyé trois fois avec son cheval et traîné par lui sur des kilomètres. Gravement blessé au visage, il survit en se gavant de morphine pour supporter sa douleur, et doit porter une mantille noire sur le visage, l’aspect de celui-ci étant devenu monstrueux. Il continue à dessiner et peindre plus que jamais, car la drogue lui procure des hallucinations interprétatives qui enrichissent considérablement ses productions artistiques.
   
    Puis voilà que les Indiens attaquent enfin, seconde péripétie, et Rugendas découvre enfin l’autre face de son art…
   
   Un récit de vie et un parcours initiatique original. L’artiste fait penser au «Chef d’œuvre inconnu» de Balzac, à «Terrasse à Rome» de Quignard (Là aussi un artiste défiguré…). Outre la réflexion sur l'art, les épreuves vécues par le peintre sont décrites avec une telle intensité que le roman est passionnant de bout en bout.

critique par Jehanne




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