Lecture / Ecriture
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Encore une danse de Katherine Pancol

Katherine Pancol
  Les yeux jaunes des crocodiles
  Un homme à distance
  La Valse lente des tortues
  Encore une danse
  Les écureuils de central Park sont tristes le lundi

Katherine Pancol est une romancière française née en 1954 au Maroc.

Encore une danse - Katherine Pancol

Pour parler «cliché» couramment
Note :

    Clara Millet est une femme libre: trente-six ans, pas de mari, pas d’enfants, un appartement à Paris, du travail quand elle en a besoin. Clara Millet collectionne les amants, mais pas n’importe lesquels, des artistes, des intellectuels, en tout cas des gens riches, même si bon, quand même, elle a un ami Noir qui deale de l’herbe à Bagneux parce que Clara Millet n’est pas raciste et ne choisit pas ses amis d’après leur portefeuille, non non…
   Pourtant, sous ses airs de femme forte, Clara Millet est fragile, hantée par cet amant qu’elle aime encore mais qui ne veut plus d’elle, le salaud…
   “Elle se contentait de l’aimer et de souffrir. De combler le creux douloureux de ses absences par des présences passagères auxquelles elle s’accrochait, légère. Elle les appelait ses “amants utiles”. Utiles pour oublier son chagrin…“.Clara Millet souffre dans son coeur. Parce qu’elle a connu le grand amour avec Rapha et qu’après lui, la fin du monde: “ils étaient tous les deux comme un seul et unique sarment de vigne noueux, formé de deux pieds qui s’enroulent l’un sur l’autre, l’un autour de l’autre. Ils s’étaient nourris, vivifiés, s’étaient aidés à pousser haut, haut vers le ciel.” Là, on a bien compris qu’ils s’aimaient beaucoup…
   
   Oui mais voilà, elle a quand même poussé le bouchon un peu loin en lui faisant vivre sa nymphomanie. “Aucun homme amoureux ne peut supporter que le corps de celle qu’il aime à la folie soit saccagé par un autre“, ben non, c’est sûr, on le comprend Rapha, c’est elle qu’est rien qu’une trainée en fait… et elle s’est bien gardée de nous révéler dans les premières pages du roman qu’elle n’était qu’une Marie-couche-toi-là, tout ça pour qu’on la plaigne… ben ouais, parce qu’elle est toute malheureuse maintenant… Mais, coup de bol, elle a de bonnes copines auxquelles elle peut se confier, et ça, c’est important dans la vie, les bonnes copines.
   
   D’abord il y a Joséphine, qui s’ennuie depuis qu’elle vit en province (ben, c’est sûr, que faire d’autres que s’ennuyer en province…), toute dévouée à ses enfants (à tel point qu’elle leur lit les Maximes de La Rochefoucald à table) et en est arrivée à détester son aristocrate de mari, médecin et responsable de clinique (qui s’appelle Ambroise de Chaulieu, alors que la femme de ménage se nomme Mme Ripon, ouais…). Alors elle s’interroge, bien légitimement: “Et puis que vaut-il mieux? Mourir à petit feu dans la cocotte-minute conjugale ou partir en tourbillon dans les flammes du désir?“, je vous le demande un peu, mesdames…
   
   Agnès, mariée depuis treize ans, et inscrite à des séminaires de couple pour soigner la jalousie maladive de son Yves. Elle aime bien ses copines Agnès, mais elle est moins riche qu’elles et même si elle se le cache, au fin fond de son coeur, elle le sait bien qu’elle vaut autant et que l’argent c’est rien que de la poudre aux yeux… mais comment faire comprendre aux gens qui en ont trop de l’argent… Elle n’en peut plus, elle craque, elle se morve dans son pull, c’est vraiment crade, mais heureusement, Joséphine la prend dans ses bras et lui dit: “Allez ma biboune, pleure, ça fait du bien… Pleure un bon coup comme quand tu étais petite et que ta maman te faisait un câlin après…” Ah les copines, heureusement qu’elles sont là!
   Quant à Lucille, ah, Lucille: “Des jambes comme deux rubans, une taille si fine, des seins qu’on devine fermes et libres, des yeux gris-verts, immenses et profonds, des pommettes haut placées qui creusent les joues, un teint parfait“. Et riche avec ça… Bref, le genre de fille à vous refiler des complexes. Mais comme il y a une justice en ce bas monde, elle est frigide, bien fait pour elle!
   
   Riches ou pas, fidèles ou pas, amoureuses ou pas, les femmes sont comme ça: jamais heureuses, jamais satisfaites, toujours envieuses. Merci pour cette belle leçon!
   
   A éviter.
    ↓

critique par Yspaddaden




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Rien ne m’a intéressé...
Note :

   "Encore une danse" est l’histoire de quatre filles et deux garçons qui ont grandi dans le Sud de la banlieue parisienne. Pas le Sud dangereux, comme Evry ou Corbeil-Essonnes, mais le sud qui touche Paris et la Porte d’Orléans, celui de Montrouge. Dans cette banlieue, nos six amis côtoient de loin la misère qui se réfugie à Bagneux, la ville qui leur fait peur, mais que Rapha et Clara, les deux amoureux éternels, n’hésitent pas à arpenter. Ces quatre filles et deux garçons ont fait leur vie, plus ou moins réussie, faite de hauts ou de bas. Ils se retrouvent de temps à autre, surtout les quatre filles, dans des dîners de filles. Mais Rapha n’est jamais bien loin, cet artiste ténébreux autour duquel se nouera toute l’intrigue (bien qu’elle soit très mince).
    
   Je découvre Katherine Pancol avec ce roman, et je pense que ce sera mon unique tentative avec cette auteur. J’ai lu ce roman jusqu’à son terme, rien que pour tenter de voir jusqu’à quelle situation tordue elle allait me mener. Car rien ne m’a intéressé dans ce roman. Dès la première phrase, j’ai senti que c’était mal parti: «C’est le propre de la femme de se dévaluer. 99,9 % des femmes pensent sincèrement qu’elles ne valent pas tripette». Parole de Clara, l’héroïne du roman, qui a d'ailleurs exaspéré plus d'un de mes autres camarades de la chaine des livres. J’ai senti immédiatement que nous ne serions pas très copains, Katherine et moi.
    
   Et le reste est à l’avenant: on suit d’un œil distrait ces histoires de collégiennes, avec ces personnages faussement émouvants qui cachent tous un terrrrribbbble secret, qui a souvent trait à une liaison cachée inavouable (mais pas toujours, attention!). Les personnages sont inintéressants et caricaturaux au possible: Rapha l’artiste ténébreux, Lucille l’égocentrée mariée à un richissime héritier, Joséphine la femme frustrée qui se console avec des aventures d’un soir, Agnès la bonne copine qui vit bien sagement dans son appartement de Clichy, et Clara, cette femme qui ne renonce pas à son amour de jeunesse, et se tourne vers Philippe, son frère qu’il l’a tant aidé. Bref, un roman faussement émouvant, dont on perçoit très rapidement toutes les ficelles. Celles-ci transparaissent d'ailleurs à la fois dans l'intrigue et dans le style, avec une volonté voyante de déconstruire la chronologie de ce récit, au point de parfois amener le lecteur à se demander où il est.
    
   A un moment, la maladie fait son apparition dans le roman, et se prend à espérer une évolution du récit, une vraie réflexion sur cette mauvaise nouvelle. Hélas! Espoir vite déçu! La maladie restera une ombre, une menace planante dont chacun s’accommodera, pour vaquer à ses puérils jeux amoureux.
    
   Un roman d’à peine 300 pages, que j’ai mis beaucoup de temps à lire, tellement j’ai trouvé cela indigeste car trop sucré (et pourtant j’aime le sucre), comme le rose de cette horrible couverture. Et la moindre pointe de piment ne sentait malheureusement que l’arôme de synthèse.

critique par Yohan




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