Lecture / Ecriture
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Jeux d'enfants de Jonathan Trigell

Jonathan Trigell
  Jeux d'enfants

Jonathan Trigell est un auteur britannique né en 1974.

Jeux d'enfants - Jonathan Trigell

Le B - A - BA
Note :

   Titre original: Boy A
   
   Publié dans la série noire, ce roman n’est pas un «policier» mais un roman social.
   
   L’auteur s’est inspiré d’un fait divers célèbre: deux garçons de dix ans avaient tué un enfant de deux ans dans un centre commercial à Liverpool, au début des années 2000. Ils furent considérés comme des monstres.
   
   Cette histoire est modifiée de manière à nous faire pénétrer dans l’existence d’un jeune meurtrier qui, sa peine purgée, tente de se réinsérer.
   
   26 chapitres, un abécédaire, de A comme Avocat (l’avocat du diable) à Z comme zéro pour raconter la vie de «A», de 12 à 24 ans.
   
   "A" vient de bénéficier d’une remise de peine. Il a vingt quatre ans et a passé la moitié de sa vie en détention. Lorsqu’il avait douze ans, il a poignardé une fillette de son âge, avec "B", son copain, une fillette d’une classe sociale élevée, qui refusait leurs avances et menaçait de les dénoncer…
   
   A et B étaient en échec scolaire, dans la cité de Stonelee "une ville minière au cœur d’une région montagneuse rude et froide, minante et minée. C’était le règne du chômage et des petits boulots. On prenait ce qui se présentait". Les garçons passaient leur vie dans la rue, A subissait les coups et humiliations de voyous plus âgés, lorsqu’il se mit sous la protection de B, déjà délinquant, qui possédait un couteau.
   
   «Les accusés furent condamnés à sept ans d’emprisonnement, une peine sévère mais pas injuste compte tenu de la gravité des faits. Le ministre de l’Intérieur, cependant, plus influencé par la volonté du grand public et déjà présenté comme un imbécile par les tabloïds, réclama la perpétuité. Motivé peut-être par un sondage d’opinion. Et parce que les politiques savent bien mieux que les hauts fonctionnaires n’ayant pas de responsabilités face aux administrés -qu’à l’approche des élections la justice doit condamner.»
   
   En prison, B se fait tuer par d’autres détenus, tandis que A en réchappe plusieurs fois de peu, grâce à un voisin de cellule sympathique et éclairé, et à un éducateur spécialisé, Terry avec qui il noue une relation positive. Terry lui a trouvé un job au sortir de prison, des papiers faux et un nouveau nom «Jack». L’ancien, on ne le connaîtra pas…
    A devenu Jack ne peut cependant espérer de réinsertion véritable. Sa mise en liberté n’a pas été tolérée. L’opinion, manipulée adroitement par des journalistes, des associations, des conservateurs, l'oblige à se cacher, mentir à sa logeuse et à ses collègues de travail.
    «C’est au journal télévisé que Jack a appris le rejet de son ultime recours en appel par la cour européenne des droits de l’homme. D’une manière ou d’une autre, la BBC avait réussi à le savoir avant même que l’avocat de Jack n’ait eu le temps de téléphoner au centre fermé ».
   
    Le récit va et vient de la nouvelle vie de «Jack» à ses années d’enfer en prison, et de ses errances de petit garçon dans les rues de M. avec son copain, au récit du crime et de ses circonstances.
   
   Toujours traqué, Jack s’installe provisoirement dans sa nouvelle vie, s’investit passionnément dans son travail, ses relations sociales et intimes, profite avec intensité des grandes choses comme des petites: savourer une nourriture correcte, boire de la bière, faire un achat personnel, marcher seul dans la rue, câliner un chat, avoir une liaison amoureuse...
   
   Un roman profondément émouvant à lire et relire en ces temps répressifs

critique par Jehanne




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Premier roman pas convaincant
Note :

   L’intérêt de ce roman noir réside dans sa construction et son scénario original, tiré, il est vrai d'un véridique et atroce fait divers. (l'assassinat d'une enfant par deux jeunes garçons de 8 et 9 ans).
   
   Quelques années plus tard, on retrouve un jeune homme de 24 ans portant le prénom d’emprunt Jack (simplement A dans son ancienne existence) qui se réinsère secrètement dans la vie sociale, aidé d’un faux oncle Terry, son éducateur en réalité. Cela se passe à Manchester, nord de l’Angleterre, milieu prolétaire, misère sociale et pubs obligatoires. Jack, dont on ne sait rien au départ, sauf qu’il n’a rien vécu d’une véritable vie publique, doit garder son identité secrète, il doit mentir en permanence, à ses collègues, à ses amis et à sa petite amie pour cacher son tragique passé ; il doit inventer ou réinventer sa vie, découvrir le travail, l’amitié et l’amour. Il doit oublier sa terrible histoire… la prison… et la cause de son enfermement dès l’enfance.
   
    Malheureusement ses démons le poursuivent et… le sort va s’acharner sur lui. Je n’en dis pas plus… car habilement, J.Trigell délivre l’intrigue de cette histoire en enchevêtrant les deux pans de l’histoire de A et de Jack et c’est rondement mené. La fin est douloureuse et riche dans son dénouement.
   
   Mais le style littéraire est vraiment très pauvre. Les phrases semblent juxtaposées en un flot continu descriptif. L’écriture gagnerait à employer plus de contours, j’ai trouvé un côté télégraphique, dénué de finesse. Dommage, la lecture est du coup un peu fade, l'intérêt seulement guidé par le déroulement du récit.
   
   Ce livre a reçu en 2005 le Waverton Good Read Award du meilleur premier roman de l'année.
   
    A noter, le film "Boy A" sorti en février 2009.
   
   Réédition chez Folio Policier.

critique par Laugo2




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