Lecture / Ecriture
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Mon cœur à l’étroit de Marie NDiaye

Marie NDiaye
  Rosie Carpe
  Trois femmes puissantes
  Mon cœur à l’étroit
  Hilda
  Ladivine

Marie NDiaye, née le 4 juin 1967 à Pithiviers dans le Loiret, est une femme de lettres française, ayant notamment remporté le prix Femina en 2001 pour "Rosie Carpe", et le prix Goncourt en 2009 pour "Trois Femmes puissantes".
(Wikipédia)

Mon cœur à l’étroit - Marie NDiaye

Avec Nadia
Note :

   Nadia et Ange, instituteurs d’un certain âge, qui exercent leur métier avec passion, sont discrédités pour une raison que Nadia la narratrice ignore.
   Ange revient de son travail, un soir blessé d'une plaie au flanc gauche, et ne peut ni ne veut bénéficier de soins médicaux. Le couple se terre dans l’appartement.
   Nadia vit un cauchemar, elle ne sait vers qui se tourner, doit accepter l’aide d’un voisin Noget, auquel elle n’accorde aucune confiance, mais que tous appellent bizarrement «le grand Noget». On lui insinue aussi qu’elle devrait savoir la raison de cette hostilité profonde et agressive contre eux; elle se sent coupable de l’ignorer et ressent aussi qu’elle ne veut pas savoir.
   
   Nous avons l’impression que Nadia est juive pendant l’occupation allemande, ou arabe aux temps d’une immigration choisie et sévèrement contrôlée, ou encore première chrétienne tombée sans le savoir dans l’arène aux fauves… nous avons peur, elle se fait traiter d’ «infidèle» par quelques passants, et, sans édulcorer le sens religieux du mot, commence à s’accuser de ses manquements, réels et imaginaires, à l’égard de ses parents, son fils, son premier mari…
   
   Mais voilà, quand elle demande à ses connaissances aussi bien qu’aux inconnus pourquoi on est hostile envers elle, qui est «le grand Noget» qui s’est imposé au chevet de son Ange, pourquoi la brume envahit Bordeaux, sa ville chérie, et tant d’autres questions insolubles, on lui fait cette réponse: «Vous ne regardez donc pas la télévision?»
   
   Non, répond Nadia, courageuse, voire intrépide, Ange et moi ne regardons jamais la télévision, nous n’avons pas de poste.
   
   (Et aussi, c'est plus discutable, Ange et elle ne lisent pas de journaux..).
   
   Les gens s’éloignent alors, décontenancés, inquiets, réticents, et ne lui apprennent rien de plus.
   
   Mais si Ange, son compagnon, ne regardait pas la télé, il semble bien connaître le programme, à la différence de Nadia, qui a toujours joué le jeu…
   
    Dès lors, faut-il continuer le combat avec ou sans Ange?
   
    Nous suivons Nadia dans son parcours angoissant et plein d’humour noir, sa recherche ardue où il s’agit de redécouvrir ses origines, lever un peu le voile sur le vrai visage de ses proches, en préservant ses acquis culturels, et sa personnalité.
   
   On apprécie de ressentir avec elle, son vécu physique et mental, ses malaises, ses errements, ses goûts et dégoûts, bref on s’identifie totalement à elle, tant le langage est bien choisi!

critique par Jehanne




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