Lecture / Ecriture
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Louves de mer de Zoé Valdés

Zoé Valdés
  Sang bleu
  Le néant quotidien
  La sous-développée
  La douleur du dollar
  Café Nostalgia
  Cher premier amour
  Le pied de mon père
  Soleil en solde
  Trafiquants de beautés
  Ilam perdu
  Les Mystères de La Havane
  Miracle à Miami
  Louves de mer
  L'éternité de l’instant
  Une Habanera à Paris
  Danse avec la vie

Née le 2 mai 1959 à La Havane à Cuba, est une romancière, poète et scénariste cubaine vivant en France.
Elle a fait partie de la délégation cubaine à l'UNESCO (1983-1988), puis de l'Office culturel de Cuba à Paris. Elle a aussi dirigé une revue cinématographique, Cine cubano.

En 1995, après la publication en France de son roman «Le néant quotidien» elle est contrainte à l’exil, pour insoumission au régime castriste, accompagnée de son conjoint et de sa fille. Elle réside actuellement en France.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Louves de mer - Zoé Valdés

Joutes amoureuses
Note :

   Les récits de pirates et de corsaires ont animé d'heureux moments de divertissement de tant de lecteurs que la reprise de ce thème par la romancière cubaine pourrait leur faire mépriser cette incursion dans le roman historique. Et ils auraient tort. Ce roman de cape et d'épée, ou plutôt de sexe et d'épée, se lit avec plaisir. Il a quelque chose des romans d'aventures et des romans libertins du dix-huitième siècle: comme un air de parenté.
   
   Les «Louves de mer» figurent à coup sûr parmi les œuvres les plus classiques qu'ait écrit Zoé Valdès. C'est aussi une œuvre bien documentée comme le montre l'annexe bibliographique. L'une est irlandaise et l'autre est anglaise: Ann et Mary, les héroïnes qui donnent vie aux rêves d'action de l'auteure, ne sont pas les premières femmes pirates; le texte nous rappelle que Jeanne de Villeneuve, veuve en 1343 d'Olivier IV de Clisson, se fit pirate par esprit de vengeance.
   
   Le roman suit alternativement Ann et Mary, qui ont été de précoces et redoutables sauvageonnes, jusqu'au moment où elles se rencontrent à la suite de l'abordage d'un navire marchand dans la mer Caraïbe. Le "Jelly Roger" n'apparaît donc qu'au milieu du récit. Mary vient alors de quitter l'armée anglaise qu'elle servait du côté de Breda, aux Pays-Bas, pour s'engager comme matelot en masquant sa féminité. Ann venait de s'engager comme pirate sur le "Kingston" et elle était la maîtresse du capitaine Calicot Jack.
   
   Dans la seconde moitié du texte, les aventures amoureuses d'Ann, Mary et Calicot Jack donnent à ce roman de pirates une saveur particulière qui fait relativement passer au second plan la vie des autres forbans tant à bord que lors de leurs escales à terre. Calicot Jack aura-t-il le loisir de décrocher et de s'installer dans une hacienda cubaine comme son ami installé près de Cienfuegos? Les deux aventurières en jupon seront-elles rattrapées par la justice? À ce sujet la 4ème de couverture de l'édition Gallimard en dit trop.
   
   Je terminerai en donnant un aperçu de l'humour de Zoé Valdès. Un certain capitaine Charles Johnson est à bord. Mais il masque sa véritable identité. En discutant avec l'une des femmes pirates il se dévoile comme écrivain: son projet du moment est une histoire de naufragé, celle d'un certain Robinson Crusoe, qui rencontre un insulaire indigène dépourvu de nom jusqu'à présent. Ça se passait en 1720 à bord du "Kingston" un… vendredi!

critique par Mapero




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