Lecture / Ecriture
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Le clan Rhett Butler de Donald McCaig

Donald McCaig
  Le clan Rhett Butler
  Le voyage de Ruth

Donald McCaig est un auteur américain né en 1940 dans le Montana.

Le clan Rhett Butler - Donald McCaig

GWTW?? Gone With The Wind of course!
Note :

    Résumé
   Ce livre se veut la suite autorisée de "Autant en emporte le vent", écrit par Margaret Mitchell, il y a 70 ans. Nous y retrouvons les personnages du célèbre roman, vus avec le regard de Rhett Butler. Le livre raconte l'histoire de Rhett, à Charleston et dans la plantation de riz familiale. On y rencontre les parents de Rhett et sa soeur Rosemary. L'histoire de Rhett et de Scarlett y est relatée, de leur rencontre à Twelve Oaks jusqu'au départ de Rhett, suite à la mort de Melly. Finalement, les 100 dernières pages racontent la suite de l'histoire!
   
   
   Commentaire
   Je crois l'avoir déjà dit, je connais GWTW par coeur. Et ce n'est nullement exagéré. Il y a un certain temps, on citait un paragraphe et non seulement je le retrouvais en 15 secondes dans le livre mais j'étais généralement capable de le terminer. C'était une véritable passion!!!! Le livre, le film... j'étais capable de répondre à presque n'importe quelle question à ce sujet (bon, j'imagine que ma mémoire doit avoir oublié ces détails inutiles... mais j'étais carrément obsédée)!!! Par conséquent, quelques petits trucs m'ont dérangée dans cette suite qui relate la même histoire d'un point de vue différent...
   
   Une opinion globale? Je m'attendais à être déçue, mais je suis moins déçue que je ne pensais l'être. Dans ma tête, la suite à "Autant en emporte le vent", c'est que Rhett (*soupir*) venait habiter au Québec, passait à travers un tunnel temporel et atterrissait dans mon salon (ou ailleurs chez moi, c'est selon!), pour tomber fatalement en amour avec mon moi-même, qui lui ferait oublier Scarlett sur le champ. Le pont temporel est nécessaire... je n'ai rien contre une petite différence d'âge mais quand même... 150 ans, c'est un peu exagéré!!! Je considère donc le livre comme "une suite possible" et non LA suite. C'est plus facile à digérer!
   
   Je n'ai pas détesté ma lecture, loin de là... je voulais savoir ce que l'auteur avait imaginé et j'ai passé au travers en quoi... 2 jours! Donc, je ne me suis pas ennuyée!!! C'est toujours difficile pour un auteur de démystifier un grand héros romantique. En fait, probablement que c'est fait pour rester mystérieux! Toutefois, à part quelques trucs qui m'ont fait grimacer (des amants contrariés dans une autre vie!?!?!?!?!), le Rhett qui est présenté correspond quand même à l'idée que je m'en faisais. Les motivations que l'auteur lui donne sont généralement celles que j'avais imaginées aussi. Donc, de ce côté, ça allait quand même pas mal. J'avoue que si ça avait vraiment différé, je n'aurais pas réussi à adhérer au roman. De plus, l'auteur est réellement parti des informations fournies par Mitchell pour bâtir la jeunesse de Rhett et les événements dépeints par McCaig peuvent expliquer certains comportements de Rhett dans le roman.
   
   Par contre, on ressent très peu la chimie entre Rhett et Scarlett, à mon avis. Dans le roman de Mitchell, on sent qu'il se passe quelque chose, mais c'est généralement suggéré et mentionné quelques fois. Dans ce livre, c'est dit maintes fois mais on le sent beaucoup moins. De plus, l'auteur a probablement voulu raconter des scènes qui n'étaient pas évoquées dans le roman et certaines d'entre elles m'ont manqué, et j'ajoute la scène du chapeau vert et le "Frankly, my dear, I don't give it a damn" qui n'est pas vraiment "dit" par Rhett! De plus, certains événements sont presque passés sous silence ou alors seulement survolés. Le regard porté semble parfois vraiment extérieur, presque froid.
   
   Certains personnages sont davantage explorés: Belle Watling et son fils, Archie... On en rencontre de nouveaux: les amis de Rhett, la famille de Belle et surtout Rosemary, la soeur de Rhett. J'ai beaucoup aimé ce nouveau personnage, qui apporte une dimension différente. J'ai généralement aimé cette partie de l'histoire, le "avant". Les chapitres sur la guerre semblent bien documentés (du moins, ça concorde avec mes souvenirs des épisodes de la guerre de Sécession) et cet auteur est d'ailleurs un romancier qui se spécialise dans la guerre civile américaine. Ils ont toutefois parfois semblé un peu longs pour l'irrécupérable romantique que je suis, qui voulait entendre parler de Rhett et Scarlett!!!
   
   Et la fin??? Je n'irai quand même pas jusqu'à vous la raconter!!! Je dirai seulement que certaines répliques de Scarlett m'ont pratiquement fait sauter à 2 pieds de haut!
   
   Ma critique semble bien négative mais j'ai trouvé cette "suite" beaucoup plus agréable à lire et acceptable que "Scarlett" d'Alexandra Ripley (que je n'ai pas commentée... je pourrais le faire, tiens!!!). J'ai trouvé que l'histoire coulait bien, qu'elle était assez fidèle au roman de Mitchell, malgré quelques petits ajustements. Il se lit très bien et est difficile à lâcher, du moins pour moi! J'ai été ravie de retrouver Rhett et j'aurais lu 100 fois pire pour l'imaginer dans de nouvelles situations!
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critique par Karine




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La rançon de la gloire
Note :

   Donald McCaig explore les non-dits d'"Autant en emporte le vent", œuvre romanesque inoubliable s'il en est!
   
   Le lecteur retrouve avec un plaisir sans cesse renouvelé les personnages phares du roman de Margaret Mitchell ainsi que l'ambiance ineffable du Sud, ce Sud si inébranlable dans ses certitudes, si aristocratique, si raffiné et si confiné dans sa conscience de classe à part!
   
   On découvre Rhett Butler enfant, adolescent puis adulte. On déambule dans l'immense plantation familiale des Butler, maîtres de rizières. On fait connaissance avec le patriarche, peu sympathique, et le fils aîné, rebelle et indomptable... le renégat: il apprécie autant les hommes, les femmes de couleur que ceux de sa caste. En effet, un homme de Bien, noir ou blanc, est un homme de Bien comme reste méprisable, noir ou blanc, celui qui n'est que mesquinerie, violence et haine.
   Dès l'enfance, Rhett est un être extraordinaire: il est chevaleresque, romantique autant que tête brûlée et batailleur; un homme qui ne demande qu'à être pris dans les rets de l'amour, encore faut-il rencontrer l'âme à la hauteur des exigences du personnage! Une âme qui n'hésiterait pas une seconde à fouler au pied la respectabilité de la bonne société sudiste.
   
   L'auteur s'amuse à parsemer le récit de répliques inspirées d'"Autant en emporte le vent", permettant aux souvenirs de lecture de rejaillir et d'instaurer une sympathique complicité entre le lecteur et l'auteur. Le terrain familier guide l'exploration des allées nouvelles d'une histoire qui n'avait été qu'effleurée.
   
   Le personnage de Scarlett O'Hara est aussi attachant que dans le roman de Margaret Mitchell: tempêtueuse, amoureuse romantique d'un homme qui n'est absolument pas fait pour elle et qui refuse de regarder en face l'Amour jusqu'à ce que ce dernier lui décille, tardivement, les yeux. Le lecteur n'espère qu'une chose: que Rhett réponde à l'appel, maladroit certes mais sincère, du cœur de Scarlett!
   
   Les personnages de Mélanie et d'Ashley Wikes sont à la hauteur: Ashley est exaspérant à souhait (il m'a toujours exaspérée... même après 5 lectures d'"Autant en emporte le vent"!!) tout en ayant un côté attendrissant d'homme du passé, inadapté au monde moderne qui se profile (d'ailleurs, souhaite-t-il vraiment s'adapter à la modernité en route?) et qui change les données de la vie socio-économique du Sud. Mélanie est la sainte qui m'avait autant subjuguée qu'agacée: la grande dame par excellence, celle qui possède une profonde générosité, une tolérance immense, une grande ouverture d'esprit et une acuité intellectuelle qu'elle sait dissimuler pour ne pas froisser les convenances de la bonne société sudiste. Elle a la classe des héroïnes discrètes, fragiles d'apparence mais à la volonté et la pugnacité d'airain que les alea de la vie ne font pas chuter. "Le clan Rhett Butler" la grandit et lui offre un espace moins confiné, bien que plus en retrait dans le récit, que dans le roman de Mitchell. McCaig explore d'"autres côtés du miroir" suscités par l'envie de connaître l'envers du décor de certaines scènes d'"Autant en emporte le vent": Mélanie prend une autre dimension et n'est plus la naïve que la bonté d'âme perdra!
   
   Dans "Le clan Rhett Butler" apparaît un personnage aperçu, fugacement, au cours du roman de Margaret Mitchell: la soeur de Rhett. Elle est le lien qui retient Rhett au Sud qu'il déteste souvent mais auquel il reste fidèle. Elle sait qu'il aime à jamais Scarlett, sa douleur et son immense bonheur, et le lui rappelle sans cesse. Malgré son caractère trempé, elle est attachée au passé... comme Ashley: la violence de la guerre et son cortège de souffrances ne peuvent être oubliées qu'en cultivant un jardin intérieur aux douces senteurs d'un temps révolu.
   
   Scarlett et Rhett apparaissent comme les éléments de la modernité en marche: ils regimbent contre la société ruinée du vieux Sud Confédéré tout en souhaitant y être intégrés. Rhett Butler, chez Margaret Mitchell, était déjà un personnage que le lecteur ne pouvait détester et encore moins mépriser. Il prend toute sa dimension romanesque et sa puissance narrative dans le roman de McCaig!
   
   J'ai aimé ce bout de la lorgnette qui complète la fresque romanesque de Margaret Mitchell. Tout y est, tout sonne comme dans "Autant en emporte le vent" avec un petit quelque chose en plus: l'espoir que "Demain sera un autre jour" et que tout peut s'arranger malgré le chaos des cœurs et des sentiments. Les inconditionnels (dont je fais partie) de Rhett Butler et Scarlett O'Hara, enfants terribles d'un Sud qui n'a pas su évoluer, seront comblés et ne bouderont pas leur plaisir: Rhett est encore plus séduisant que chez Margaret Mitchell... même si l'imaginaire est phagocyté par la prestation de Clark Gable (qui peut imaginer Rhett Butler sous d'autres traits que ceux du beau Clark? Si quelq'un a une bonne idée de casting...).
   
   Aussi serai-je tentée de conclure avec cette boutade: vous avez aimé et dévoré "Autant en emporte le vent"? Vous craquerez pour "Le clan Rhett Butler"!
   Il fallait oser tenter reprendre le flambeau de Margaret Mitchell et McCaig l'a fait de manière agréable et surprenante! La question de savoir si Margaret Mitchell aurait souhaité voir une suite ou une prolongation de son "Autant en emporte le vent" est ouverte et alimentera sans cesse les controverses entre les pro et les anti. Il apparaît évident que l'histoire d'amour entre Rhett et Scarlett est indémodable, donc éternelle et suscitant nombreuses interprétations romanesques. Est-ce ce que l'on appelle parfois "la rançon de la gloire"?

critique par Chatperlipopette




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