Lecture / Ecriture
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La femme qui attendait de Andreï Makine

Andreï Makine
  Le Testament français
  La femme qui attendait
  La musique d'une vie
  Le livre des brèves amours éternelles
  La vie d’un homme inconnu
  Une femme aimée
  Confession d'un porte-drapeau déchu
  La fille d'un héros de l'Union Soviétique
  L'archipel d'une autre vie

Andreï Makine est un écrivain russe nationalisé français, qui écrit en français. Né en Sibérie en 1957, il vit à Paris depuis 1987. L’obtention du Goncourt lui a valu d'obtenir la nationalité française en 1996.

Il a été élu à l'Académie française en 2016.

Il a également publié des romans sous le pseudonyme de Gabriel Osmonde.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

La femme qui attendait - Andreï Makine

Souffle sibérien
Note :

   Andreï Makine a ce don de faire surgir de son écriture la sensation de communier avec son pays, de le connaître, ou de l'avoir connu. La Sibérie en l'occurrence, où le narrateur, jeune dissident de Saint Pétersbourg, vient échouer, par hasard, pour un reportage d'occasion. C'est la Sibérie des années 70_80, guère peuplée que de vieilles femmes, dont les maris sont morts à la guerre, et qui n'ont pu partir et attendent de finir leur vie dans des conditions misérables. Mais il y a Véra, l'institutrice, dans ce village de Mirnoié, plus toute jeune, pas encore vieille, comme une sentinelle, qui veille sur ces vieilles, et dont le mystère va retenir le narrateur sur place plus qu'envisagé. Car surtout, elle attend, Véra, elle est « La femme qui attendait », apparemment un jeune homme parti à la guerre lorsqu'elle avait seize ans et à qui elle avait juré fidélité, il y a trente ans de cela.
   
   Le livre est la quête du narrateur dans sa tentative de compréhension de Véra, des évènements qui ont pu en faire ce qu'elle est devenue. Pas un roman policier. Un roman psychologique qui intègre cette quête à la description de la nature et de la vie sibériennes qui réussit tant à Makine.
   
   Longtemps après l'avoir lu, des bouffées de « Le Testament français » me reviennent encore en mémoire. Ce sera pareil avec « La femme qui attendait ». Andreï Makine doit avoir un lien magique avec cette contrée pour nous imprimer si profondément des images et des sensations.
   
   Belle plongée dans l'âme humaine, dans ce qui peut nous faire vivre ou survivre. Si peu quelquefois.
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critique par Tistou




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Le fardeau des sentiments
Note :

   L’attente de Vera est pour un soldat, parti à la guerre et jamais revenu depuis trente ans. Décrite à travers un narrateur venu dans cette contrée enneigée de Russie pour y étudier les coutumes, cette femme qui attend devient l’objet de sa convoitise et de sa fascination. Avec une plume magnifique, fluide et poétique, Makine donne des mots à ce journaliste qui succombe à la sensibilité de cette institutrice se sacrifiant pour son village essentiellement peuplé de vieilles femmes abandonnées.
   
   Avant tout, un voyage lyrique, ce roman est un huis clos dans le temps et dans un espace austère où l’auteur fait surgir ce qu’il y’a de plus noble dans le romantisme. La simplicité du récit est amplement compensée par une plume magistrale et limpide, utilisée parfaitement pour évoquer avec pudeur le bal de deux êtres qui s’apprivoisent.
   
   Tout en délicatesse, c’est de la dentelle littéraire qui se doit d’être abordée un peu comme un poème.

critique par Benjamin Aaro




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