Lecture / Ecriture
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Oscar et la dame rose de Eric-Emmanuel Schmitt

Eric-Emmanuel Schmitt
  Oscar et la dame rose
  Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran
  L'enfant de Noé
  La rêveuse d’Ostende (et autres nouvelles)
  Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent
  La part de l’autre
  La femme au miroir
  Les dix enfants que madame Ming n’a jamais eus
  Le sumo qui ne pouvait pas grossir
  Dès 08 ans: Les aventures de Poussin Ier
  La nuit de feu
  La secte des égoïstes
  Les perroquets de la place d’Arezzo

Éric-Emmanuel Schmitt est un auteur d'origine française né en 1960 et naturalisé belge en 2008.

Oscar et la dame rose - Eric-Emmanuel Schmitt

Emouvant
Note :

   Le sujet était pourtant casse-gueule, au point qu'on pourrait hésiter à l'idée de se lancer dans la lecture d'un tel ouvrage : un petit garçon de 10 ans est à l'hopital pour un cancer en phase terminale. Il n'en a plus pour longtemps à vivre et celle qui l'emmène jusqu'au bout est une accompagnante, la dame rose. Dit comme ça, ça me ferait reculer ! Erreur ! Raconté à hauteur d'enfant, avec une humanité débordante, Eric-Emmanuel Schmitt nous fait passer cette pilule amère avec beaucoup de maestria. C'est de la littérature, c'est aussi un grand moment d'amour et d'humanisme.
   
   La dame rose, pas politiquement correcte pour le coup, a une idée géniale qui amène Oscar à la mort avec l'âge de la mort. Elle lui propose en effet de vivre chaque journée comme si elles duraient 10 ans. A ce compte-là notre Oscar va connaître l'amour, les désagréments de l'âge mûr et la vieillesse. Et mourir à 110 ans, somme toute, ça devient raisonnable !
   
   Et puis Dieu ! C'est qu'il trempe là-dedans Dieu ! Et E.E. Schmitt nous le met en scène de manière pertinente. Cet homme là s'intéresse à la foi ! Ca n'est pas Dieu possible autrement !
   
   Tout est bon dans cet Oscar : l'idée, le fond, la forme. Un petit bijou.
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critique par Tistou




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Mais oui, la mort fait partie de la vie …
Note :

   Je suis une enfant de la campagne et je me souviens avoir entendu dire ce que la dame rose dit un jour à Oscar :
   "Dans mon pays, Oscar, il y a une légende qui prétend que, durant les douze derniers jours de l’an, on peut deviner le temps qu’il fera dans les douze mois de l’année à venir. "
   
   A partir de cette légende, Mamie Rose aide – à sa façon- un petit garçon leucémique de dix ans à franchir les quelques jours (seulement douze pense Oscar) qui le séparent de sa mort.
   
    Chaque jour va représenter dix ans. Ces vécus quotidiens, l’enfant les retranscrit sur des lettres adressées à Dieu, en qui il ne croit pas mais à qui il s'adresse comme à un copain, encore là à l’instigation de Mamie Rose.
   
   Oscar, de son surnom Crâne d’Œuf, n’est plus un malade qui fait «plaisir»
    «Depuis ma greffe osseuse, je sens bien que je ne fais plus plaisir. Quand le docteur Düsseldorf m'examine, le matin, le cœur n’y est plus, je le déçois. Il me regarde sans rien dire comme si j’avais fait une erreur…. J'ai compris que je suis devenu un mauvais malade, un malade qui empêche de croire que la médecine, c'est formidable.»
   
   Oscar devine qu’il va mourir et en veut terriblement à ses parents et à son entourage de lui mentir en faisant «comme si»…
   
   Heureusement, il y a Marie-Rose ! Elle prétend avoir été catcheuse dans sa jeunesse sous le pseudo de «L’Etrangleuse du Languedoc». Mais en ce qui concerne sa maladie et ses chances de survie, elle ne lui ment pas et l’aide dans ses relations aussi bien avec le corps médical qu’avec ses copains Bacon, le grand brûlé et Peggy Blue, son grand amour, qui attend une opération cardiaque pour redevenir rose comme tout le monde. Mamie Rose l’aide à comprendre que «Si je m’intéresse à ce que pensent les cons, je n’aurai plus le temps pour ce que pensent les gens intelligents.»
   
   Un sujet sensible et délicat, qui aurait pu tourner au morbide, mais que E.E. Schmitt a traité avec un humour et une rare sensibilité. Ce roman déborde de sentiments et de spontanéité. Il est écrit dans une langue légère et vive, qui colle parfaitement à l’âge d’Oscar. On ne peut qu’être bousculé par ses pensées, ses préoccupations d’enfant qui n'en est plus tout à fait un. Et toujours, il reste vrai !
   
   De même, Mamie-Rose reste toujours égale à elle-même. Un grand moment d'émotion que la première rencontre entre Dieu et Oscar, en présence de Mamie-Rose, dans la chapelle de l'hôpital !
   
   Ce livre est une vraie leçon de courage et d’acceptation de la vie ! Quel bonheur d'être autorisé à regarder vivre des êtres comme Oscar et Marie-Rose. Ils existent, je le sais et …je les envie !

critique par Jaqlin




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