Lecture / Ecriture
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Le modèle de Lars Saabye Christensen

Lars Saabye Christensen
  Le demi-frère
  Le modèle
  Beatles
  Obsèques

Lars Saabye Christensen est un écrivain norvégien né à Oslo en 1953.

Le modèle - Lars Saabye Christensen

Recherche de peintre
Note :

   Quatrième de couverture
   "Peter Wihl est un peintre reconnu.
   Alors qu'il prépare sa prochaine exposition, prévue le jour de ses cinquante ans, Peter est victime d'un malaise. Le diagnostic est imparable: il va devenir aveugle. Catastrophique, cette nouvelle menace l'activité créatrice du peintre, et va réveiller les instincts les plus vils chez cet homme faible et souvent indélicat. Quelles limites morales et éthiques Peter Wihl est-il capable de franchir pour enrayer le mal? A qui faire confiance? A Thomas Hammer, l'ophtalmologue au parcours douteux, qui lui promet la guérison? Peter devra pour cela conclure un pacte démoniaque."

   
   
   Le plus difficile lorsqu'une lecture vous a déçu est d'enchaîner, car vous craignez à chaque instant d'être dans une mauvaise série.
   
   Attrapé un peu au hasard, grâce à son format et à sa légéreté, je n'ai finalement aucun regret à l'issue de cette lecture. D'une part, parce qu'elle m'a permis de découvrir la plume de Lars Saabye Christensen qui a enchanté d'autres bloggueurs, et parce qu'en dépit d'un sujet important à mes yeux (le jeu de mots est bien involontaire, ne vous en déplaise, je le laisse): la peur de devenir aveugle et ses implications dans le quotidien d'une famille, l'auteur nous donne beaucoup plus à lire que ce thème. La richesse de l'ouvrage est beaucoup plus grande.
   Il sait aborder -vous l'aurez deviné,sinon!!! je raconte tout!!! - le trafic d'organes, avec une justesse dans les propos qui vous fait froid dans le dos alors que tout n'est qu'évoqué le temps de deux chapitres.
   
   Le génie créatif, sa folie, l'égoïsme que l'on prête à ses "maîtres de la création" est décrit avec une grande habilité. Bien entendu, l'auteur a su créer un personnage apte à cela, mais son histoire n'en est que plus forte, plus intense, et le rendu qu'il en fait à travers les yeux de sa femme, de sa fille et de son ami Ben rend l'ensemble plus tragique et réel.
   
   Enfin, L. S. Christensen a su trouver, pour moi, les bons mots afin de décrire cette force artistique dans le trait du peintre, sa recherche du trait de la couleur et de la lumière dans son quotidien comme dans son travail. Ces phases de travail, d'observation pour Peter Wihl ne sont que lumière, parfait contraste avec la perte de la vue.
   
   Au travers de ses personnages, l'auteur aborde tous les sujets sensibles: la mort, la reconnaissance, l'amour, la peur, la faiblesse...
   
   Je n'ai qu'un regret, le chapitre où Thomas Hammer entraîne Peter avec lui à cette réunion d'anciens élèves. J'avais bien compris les traits de ce personnage, nul besoin de forcer le trait; ce chapitre m'a profondément déplu (même si tel était le but de l'auteur).
   Un livre émouvant et grave sans aucune recherche de larmoyant, où la place du peintre dans son travail m'a semblé réellement bien rendu.
   
   
   PS du postmaster: Notez la fabuleuse faute sur la couverture!! Quand on vous dit qu’il n’y a plus de correcteurs.
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critique par Delphine




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Tableaux d'une exposition
Note :

    Plutôt une  déception,assez sévère au demeurant que ma deuxième incursion chez Lars Saabye Christensen, après le si passionnant "Beatles". Vingt ans séparent les deux livres et certains considéreront sûrement que "Le modèle" souffre moins de scories en brassant une histoire somme toute simple et dans le thème et dans le temps. A cinquante ans Peter, peintre célèbre mais un peu en perte de vitesse, se voit diagnostiquer une cécité prochaine. Et ce à l'aube d'une nouvelle exposition dont son galeriste Ben attend beaucoup. Sa femme et sa fille suscitent chez lui plus d'incompréhension que de complicité. Enfin le hasard le met en présence d'un ami d'enfance, ophtalmologue, aux pratiques pour le moins curieuses. Quelques mois avant l'échéance obscure Peter retrouvera-t-il le souffle créateur in extremis en faisant le portrait de sa fille par exemple?
   
   J'ai eu du mal à m'intéresser vraiment aux atermoiements de Peter. Les portraits me semblent insuffisamment fouillés, particulièrement ceux de Ben et de Thomas l'ami retrouvé, plutôt malsain.
   
   Qualifié de roman faustien, ce qui est bien pratique dès qu'un personnage regarde son âge en face et se décide à ne pas l'accepter, quitte à prendre les chemins les plus douteux, "Le modèle" s'englue dans des considérations morales un peu à rebrousse-poil. Hélène l'épouse est dans le théâtre et le cousinage d'Ibsen est souvent évoqué. Hélas pour moi je connais  trop mal l'œuvre du grand dramaturge norvégien pour y trouver mon compte. Christensen est-il devenu à Oslo une sorte d'institution lui aussi? Il semble qu'il soit très apprécié en Scandinavie, romancier, dramaturge, poète, scénariste, traducteur, parolier,etc. Vous pouvez vous plonger dans cette sorte d'interrogation sur la création artistique. C'est comme ça qu'on dit,non. Quand on trouve ça moyen, comme moi, on dit qu'on trouve ça moyen.

critique par Eeguab




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