Lecture / Ecriture
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L'amnésique de Sam Taylor

Sam Taylor
  L'amnésique

L'amnésique - Sam Taylor

Vraiment ambitieux
Note :

   Ce roman est vraiment étonnant. D'abord parce c'est un des livres de la rentrée littéraire 2008 dont je n'avais absolument jamais entendu parler, et ensuite parce que c'est une construction littéraire absolument bluffante.
   
   Il démarre malheureusement lentement, avec le récit d'une rupture (je me suis dit au départ, une de plus). James Purdew, vingt-neuf ans, vient de se casser la cheville: plâtre, arrêt de travail, temps à perdre et c'est la rupture avec sa petite amie hollandaise puis retour en Angleterre. C'est là que tout devient extrêmement bizarre, et je vais essayer d'être claire car c'est une histoire très complexe.
   
   James sait qu'il a perdu le souvenir d'une certaine époque de sa vie. Depuis l'âge de quatorze ans, il écrit son journal mais ceux de la période concernée sont enfermés dans un coffre (une boîte noire) qu'il ne peut ouvrir sous peine d'en perdre le contenu. Il retourne dans la ville où il fut étudiant avant de partir pour la Hollande, cherche un logement et se voit offrir de loger dans une maison contre travaux. Or, il est sûr de la connaître cette maison. Il se renseigne et découvre qu'un drame y a eu lieu quelques années auparavant: suicide d'étudiant. Plusieurs éléments participent à l'ambiance mystérieuse qui règne autour de James: le mystérieux propriétaire de la maison, les lettres de l'alphabet qu'il reçoit, un cabinet médical vraiment étrange, la biographie d'un philosophe inconnu qui semble avoir de nombreux points communs avec lui. Et puis James découvre un manuscrit dans la maison intitulé Les confessions d'un meurtrier". L'histoire s'y déroule à Londres au XIXe siècle et raconte les amours tourmentées de Martin Thwaite, détective qui tombe amoureux de la femme qu'il doit surveiller.
   
   Je n'en dirai pas plus sous peine de ne plus être claire du tout... Sachez seulement que dans les différentes histoires (celle de James, celle de Martin, le journal intime de James et "Les mémoires d'un amnésique" qu'il essaie d'écrire pour retrouver ses souvenirs), les protagonistes ont tous les mêmes initiales, voire, le même nom. Et pour bien embrouiller le tout, le narrateur omniscient de l'histoire de James intervient de ci de là à la première personne pour nous donner ses impressions sur le malheureux James qui perd les pédales, et nous avec mais avec quel plaisir!
   
   Quel bonheur en effet de se perdre dans cette construction labyrinthique, identitaire et imparable! C'est proprement fascinant de voir avec quelle maîtrise Sam Taylor entremêle les différents niveaux de narration et mène son lecteur par le bout du nez jusqu'à une fin qui, à mon avis, peut avoir plus d'une interprétation. Tout comme James (mais est-ce son vrai nom), le lecteur est perdu, il erre parmi ces différentes identités, ces bribes de souvenirs, ces hallucinations...
   
   Ce roman demande donc un certain effort de lecture et d'attention et un lecteur tourné vers les troubles de la personnalité et les questions identitaires en tous genres. Il faut accepter de s'y perdre car c'est un livre vraiment ambitieux, savamment construit, intrigant à bien des égards et riche en références littéraires (Borgès, Larkin...).
   
   
   Titre original : The Amnesiac, parution en Grande Bretagne : 2007
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critique par Yspaddaden




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Ambitieux et complexe!
Note :

   «J'ai lu quelque part que chacun d'entre nous a un niveau moyen de bonheur bien à lui qui, comme une sorte de pouls, reste plus ou moins constant tout au long de sa vie. On peut le faire remonter en tombant amoureux et le faire redescendre en cessant de l'être; la réussite peut l'augmenter et les échecs le diminuer. Mais, pour finir, il reviendra toujours à son point de départ. Quelques jours, quelques semaines ou quelques mois après l'événement, quelle qu'en soit la nature, votre vie retourne au quotidien, à l'entre-deux, à cet état anodin, aux faibles variations d'amplitude, que les gens ont à l'esprit quand ils disent qu'ils vont "bien".»
   
   James se casse la cheville en courant pour répondre au téléphone. Peu après, Ingrid, sa compagne le quitte, car elle change de boulot et surtout de quartier. Or il refuse de la suivre et c'est seule qu'elle va donc rejoindre un nouvel endroit d'Amsterdam, où elle est hébergée par ses parents.
   
   Fréquemment troublé par les trous de mémoire qui l'assaillent, son immobilité forcée et sa nouvelle solitude lui permettent de passer beaucoup de temps à réfléchir à son existence. Il ressort de sous son lit des cartons avec tous ses souvenirs classés par année. Souvenirs qu'il relit grâce aux journaux qu'il tenait à l'époque. Quand il ouvre la quatrième boite, il trouve à l'intérieur un petit coffre où sont rangés, James le sait, trois cahiers qui racontent sa vie d'octobre 1991 à octobre 1994 à l'université de H. Mais impossible de retrouver la clé ouvrant ce coffre. Or James est convaincu qu'il lui est arrivé quelque chose d'important pendant ses trois ans mais il ne sait plus quoi...
   
   Il décide alors d'écrire ses mémoires, en espérant rassembler ses souvenirs, mais des mémoires à l'envers, ainsi il commence par raconter les cinq ans passés avec Ingrid et leur rencontre.
   
   Puis il emménage dans une drôle de demeure... en échange de travaux...
   
   Mieux vaut ne pas trop en dire et vous laisser découvrir ce roman qui m'a beaucoup plu. Faisant la part belle au temps qui passe, il m'a souvent émue et je l'ai trouvé super bien écrit. Ambitieux et complexe, il n’est cependant pas d'un abord facile, il faut être concentré pour le lire car comme le personnage principal, on se perd parfois dans les dédales de ses pensées. Mais toujours avec bonheur!

critique par Clochette




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