Lecture / Ecriture
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Itinéraire d’un salaud ordinaire de Didier Daeninckx

Didier Daeninckx
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Didier Daeninckx est né en 1949.
Avant d’être écrivain, il fut imprimeur, animateur, journaliste local..
Son premier livre fut «Meurtres pour mémoire», dans la Série Noire Gallimard en 1984.
Son œuvre de romans populaires ou policiers (Il a plusieurs fois participé aux aventures du Poulpe) s’accompagne d’une critique sociale, historique et politique. Elle a déjà été récompensée par plusieurs prix.

Itinéraire d’un salaud ordinaire - Didier Daeninckx

Dichotomique
Note :

   Trop dichotomique à mon goût, cet itinéraire. Ordinaire, l’est-il ce salaud? Je ne sais même pas? Mais ça fait trop démonstration à mon goût, trop «bouffeur» de flic, et de flic salaud, CQFD.
   
   Un manque de subtilité certain, mais … peut-il y avoir de la subtilité chez un salaud? Grave question. Et j’ai l’impression que Didier Daeninckx étendrait volontiers la question à «peut-il y avoir de la subtilité chez un flic?» Et qu’il répondrait non. Et que je ne le suivrais pas sur ce terrain. Au conditionnel tout ceci, évidemment.
   
   Didier Daeninckx, lui, n’est pas forcément adepte du conditionnel, ou du fictionnel, puisqu’il fait directement intervenir des «vrais gens de la vraie vie», et pas que des petites gens:
   «Il longea les murs de l’ambassade américaine en se demandant encore s’il faisait bien de répondre à l’invitation pour la garden-party du nouveau Président. Il ne savait pas si son travail, dans l’ombre, avait fait battre Giscard d’Estaing ou élire François Mitterrand. La foule se pressait devant les grilles. Il identifia Gaston Defferre flanqué de Pierre Bérégovoy, et plus loin François de Grossouvre en discussion avec un homme de forte stature coiffé d’un indémodable chapeau noir. Le visage ne lui était pas inconnu, mais c’est au prix d’un intense effort qu’il parvint à faire remonter en lui les images de ce mois de juillet 1942. Il revit, comme s’il s’était agi de la veille, le secrétaire général de la préfecture de police donner ses ordres, avant la grande rafle. René Bousquet sentit qu’on l’observait.»
   
   Du beau monde donc que Didier Daeninckx fait défiler dans ce roman qui s’étale de 1942 à 1981. De la collaboration d’un policier aux diverses compromissions durant guerres d’Indochine, Algérie, évènements de 1968, … Et donc notre Clément Duprest qui a le chic pour se mettre du «bon» côté. Du côté du manche, du côté du pouvoir, et d’accomplir les basses besognes sans états d’âme excessifs. Un beau salaud quoi. A l’itinéraire ordinaire. Selon Didier Daeninckx.

critique par Tistou




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