Lecture / Ecriture
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La héronnière de Lise Tremblay

Lise Tremblay
  La héronnière
  La sœur de Judith

Lise Tremblay est une écrivaine québécoise née à Chicoutimi, elle enseigne depuis plus de vingt ans la littérature au Cégep du Vieux-Montréal. Elle s'est vu attribuer plusieurs prix littéraires au Québec.
«...Écrire un livre, c'est comme Bernard Voyer qui marche dans le Nord, comme les athlètes qui se défoncent, c'est une affaire de fous, une sorte de quête qui est toujours à recommencer», confie celle qui aime souvent se décrire à la blague à ses amis comme une «schizophrène fonctionnelle».

La héronnière - Lise Tremblay

Vie et mort d'un village
Note :

    Résumé
   "Les cinq nouvelles de "La héronnière" mettent en scène un village en perdition où, sous les mensonges du quotidien, se cachent des drames croisés. Chacune d'elles aborde des aspects de la vie villageoise, derrière laquelle planent toujours le doute, les faux-semblants et le mystère. Où naissent donc les monstres qui poussent les personnages de cette chronique de l’arrière-pays à poser des gestes irrévocables? "

   
   
   Commentaire
   Il est rare qu'une quatrième de couverture décrive si bien ce que j'ai ressenti à l'égard de ces nouvelles de Lise Tremblay. Je me demande même ce que je vais trouver à y ajouter! Après avoir aimé "La soeur de Judith", de cet auteur, j'ai attrapé au passage ce recueil de nouvelles un peu sans savoir qu'il s'agissait de nouvelles. Il faut dire que ce n'est pas mon genre littéraire favori au départ!
   
   Pourtant j'ai passé un excellent moment de lecture dans ce petit village isolé des grands centres, qui tente de survivre dans un monde qui ne semble plus fait pour lui. Le fait que toutes les nouvelles se déroulent dans le même village m'a beaucoup plu. J'ai bien apprécié les allusions aux personnages rencontrés dans les nouvelles précédentes. Le portrait que l'auteure dresse n'est pourtant pas gai. Elle nous montre ce fameux village, qui survit grâce aux "étrangers" et aux chasseurs - et qui ne l'accepte qu'à moitié - sous son plus mauvais jour. Mais on y sent le désespoir, le clivage entre les villageois et les touristes qui, bien qu'ils y possèdent une maison et viennent au village depuis des années, ne seront jamais considérés que comme des étrangers. L'écriture de Lise Tremblay, très simple mais très belle, s'accorde parfaitement à son sujet.
   
   Bien entendu, ce ne sont pas tous les petits villages qui sont aussi mal en point et qui vivent ainsi dans le passé. Ce ne sont pas tous les villageois qui s'ennuient tellement qu'ils vivent par procuration la vie du village entier, loin de là! Par contre, j'ai retrouvé l'atmosphère un peu "vase clos" de certains endroits que je connais, où tout le monde sait la vie de tout le monde mais où il y a plein de secrets de familles et de vieilles chicanes non résolues. On s'y croirait, dans leurs festivals, leurs fêtes et leurs tentatives de parties de hockey.
   
   Ce qui est dommage, par contre, c'est qu'on réalise que plusieurs petits villages se meurent, les jeunes n'y restant pas et les plus vieux n'y faisant plus grand chose, par manque d'économie à faire tourner. Triste mais vrai.
   
   J'aime bien cette auteure... je lirai certainement autre chose d'elle!
    ↓

critique par Karine




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Lecture coup-de-poing...
Note :

   Si chacune des cinq histoires de cette petite tablette, qui se lit tout d'un trait, constitue en effet une scène complète et capable d’indépendance, celle-ci ne forme, par ailleurs, qu’une section d’un grand tableau autrement significatif. Séparément, ces nouvelles laissent un arrière-goût amer pas désagréable du tout, étrangement, considérées dans leur ensemble, elles composent une tragédie émouvante, semblable à celles du théâtre classique. Dans le cas de "La Héronnière", pourtant, la fatalité de la mort ne frappe pas un personnage, mais plutôt un lieu, un village québécois isolé, qui ne porte pas de nom.
   
   Fidèle à son style, Lise Tremblay nous livre ce drame particulier en usant d’un style concis et plaisant, entrecoupant la narration de brefs dialogues dans lesquels les personnages s’expriment dans une langue québécoise qui sonne juste.
   
   Sans tomber dans une description ennuyeuse et monotone de la réalité rurale, elle détruit plutôt l’idée que l’on peut se faire de mœurs campagnardes simples et honorables en nous dévoilant un monde sournois, voire violent.
   
   Par l’incessante confrontation entre la mentalité urbaine et les valeurs villageoises, l’auteure touche aux limites de l’incompréhension entre deux univers éloignés et ajoute, au plaisir de lire ses nouvelles, le bonheur d’une réflexion actuelle.
   
   Une lecture coup-de-poing, inattendue, nécessaire!

critique par Françoise




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