Lecture / Ecriture
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Destins obscurs de Willa Cather

Willa Cather
  Destins obscurs
  L'un des nôtres
  Le Pont d'Alexander
  Mon Antonia

Wilella (Willa) Sibert Cather est une écrivaine américaine née en 1873 et décédée en 1947. Elle connut le succès et reçut le prix Pulitzer en 1923 pour "L'un des nôtres".

Destins obscurs - Willa Cather

"Quel beau passé nous avons eu"
Note :

   Se retournant avec ces trois nouvelles écrites entre 1928 et 1931 vers le Nebraska rural de son enfance, dans le dernier quart du XIXème siècle, Willa Cather ressuscite avec une infinie tendresse un monde et des êtres disparus, des émotions en allées sans retour.
   
   Chacune de ces nouvelles est le récit d'une fin. Fin de vie pour "Le Père Rosicky" dont le coeur usé par les lourds travaux des champs est sur le point de lâcher, et pour "La vieille Mrs Harris", usée elle aussi par les travaux ménagers et par les soins que requièrent ses petits-enfants, turbulents et débordants de vie. Et fin d'une amitié pour les "Deux amis", héros de la troisième nouvelle, que sépare la divergence de leurs convictions politiques. Mais seule cette dernière laisse un arrière-goût un peu amer, tant la brouille des deux hommes est foncièrement stupide, et déplorables les conséquences qui en découlent pour la petite communauté dont ils étaient des figures importantes.
   
   Mais tout au long de ces trois récits, c'est bien le sentiment d'une mélancolie douce et sereine qui domine, un sentiment qui ne pouvait manquer de me rappeler la délicatesse de Gabrielle Roy. J'ai en effet retrouvé sous la plume de Willa Cather la même attention pour ses héros si humbles soient-ils, et le même respect pour leur labeur, que dans le très beau recueil d'articles de la romancière canadienne, "Fragiles lumières de la terre". C'est le même charme. Et le même bonheur.
   
   
   Extrait:
   
   "C'était une belle tempête de neige: rien n'était plus gracieux que cette neige floconnant doucement sur une campagne aussi offerte. Elle tombait, légère, délicate, mystérieuse, sur sa casquette, sur l'échine et sur la crinière des chevaux. Et avec elle se répandait dans l'air un parfum sec et frais. Elle annonçait le repos de la végétation, des hommes et des bêtes, du sol lui-même, et elle promettait une saison de longues nuits de sommeil, de petits déjeuners tranquilles, de moments paisibles au coin du feu. Ces pensées, ainsi que bien d'autres, se pressèrent dans l'esprit de Rosicky mais il finit tout bonnement par conclure que l'hiver approchait; il claqua de la langue pour faire bien avancer les chevaux et continua son chemin." (p. 18)

critique par Fée Carabine




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