Lecture / Ecriture
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L'Art de la fiction de David Lodge

David Lodge
  Un tout petit monde
  La Chute du British Museum
  La vie en sourdine
  Changement de décor
  L'auteur, l’auteur
  L'Art de la fiction
  Jeu de société
  Hors de l'abri
  Pensées secrètes
  Un homme de tempérament

David Lodge est un écrivain britannique né en 1935.

* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

L'Art de la fiction - David Lodge

Promenades dans les bois du roman anglais
Note :

   Au début de l'année 1991, David Lodge s'est vu offrir par le responsable littéraire de l'hebdomadaire britannique "Independant on Sunday" d'y tenir une chronique sur l'art de la fiction. Et chacun des cinquante courts chapîtres du présent volume reprend l'un des articles publiés dans ce cadre et tout au plus légérement retravaillés.
   
   Ce sont cinquante notices, illustrées par un ou deux extraits de romans - pour la plupart des classiques, anciens ou modernes, de la littérature de langue anglaise -, et traitant des thèmes les plus divers, du plus général (l'évocation du passé, le suspense...) au plus particulier (le nom des personnages ou encore le skaz, c'est à dire "un genre de récit à la première personne possédant les caractéristiques de la langue parlée" (pp. 32-33)). Autant de textes qui s'enchaînent à la marabout-bout de ficelle, en commençant fort logiquement par le début et en terminant - tout aussi logiquement - par la fin, pour nous offrir, selon la jolie expression d'Umberto Eco, une agréable promenade à travers les bois du roman anglais, promenade au cours de laquelle on croisera pêle-mêle Jane Austen, Charles Dickens, Virginia Woolf ou encore Martin Amis et Kurt Vonnegut.
   
   La lecture de cet "Art de la fiction" est très agréable, garantie sans jargon (car les quelques termes un peu techniques y sont fort bien expliqués au fur et à mesure de leur apparition). Et si ce livre ne révolutionnera sans doute pas votre manière de lire, il vous dira tout ce que vous avez toujours voulu savoir, sans oser le demander, sur des notions aussi bizarres que l'intertextualité, la métafiction, le courant de conscience ou le roman expérimental. Et il vous titillera si bien les papilles gustatives que vous en tournerez la dernière page avec une très longue liste de livres à dévorer pendant les mois d'hiver qui pointeront bientôt le bout de leur nez ;-).
   
   
   Extrait:
   
   "Je tiens depuis toujours la fiction pour un art essentiellement rhétorique, par quoi j'entends que le romancier ou l'auteur de nouvelles nous persuadent de partager une certaine vision du monde pendant le temps que dure notre lecture, réalisant ainsi, si l'expérience est couronnée de succès, cet enchantement à s'absorber dans une réalité imaginée que Van Gogh a si bien rendu dans son tableau
La Liseuse de romans. Même les romanciers qui, de propos délibéré et pour des motifs artistiques, rompent cet enchantement doivent d'abord commencer par le créer" (p. 11)
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critique par Fée Carabine




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Précis de littérature
Note :

   A force de lire David Lodge, on en aurait presque oublié qu’il fut également prof de littérature dans une université américaine.
   
   A la fin des années 80, un quotidien lui demanda de signer quelques articles sur l’art d’écrire des œuvres de fiction.
   
   Ce recueil condense ces articles en les remaniant à peine (on0 aura le plaisir de découvrir des textes moins amputés que lors de leur parution dans le journal). Il propose plusieurs angles de lecture.
   Tout d’abord, le principal : découvrir les astuces et les moyens dont usent les grands de la littérature (Lodge a privilégié les auteurs anglo-saxons, on ne lui en voudra pas). C’est un véritable cours d’écriture à l’adresse de celles et ceux qui voudraient s’épancher sur des pages blanches.
   Ensuite, l’éditeur a eu la bonne idée de conserver les textes présentés, servant de support à une analyse précise, en langue originale (je rassure les imperméables à l’anglais : la traduction suit). Superbe piqûre de rappel à celles et ceux qui veulent approfondir leur connaissance de l’anglais, et du meilleur de surcroit. Il peut aussi ravir les apprentis traducteurs en comparant l’original et la version française. Enfin il met le doigt sur le difficile travail de savoir conserver la musicalité d’un texte sans en altérer le sens.
   
   Enfin, c’est un vivier impressionnant pour qui cherche des livres à lire ou à découvrir. Certes, les auteurs sont archi connus, mais comme une vie entière ne suffira pas à lire ne serait-ce que les chefs d’œuvre, il est toujours bon d’aller faire un tour chez Virginia Wolf, Jane Austen, Henry James, Thomas Hardy, Paul Auster, Hemingway, James Joyce, Henry Fielding, Kipling, Nabokov.
   
   50 chapitres très courts, évoquant le style et la manière, comme 50 cours de littérature appliquée.
   
   Dernier petit jeu : sur ces 50 textes empruntés à la meilleure littérature anglaise, combien en avez-vous lu?

critique par Walter Hartright




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