Lecture / Ecriture
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La locataire de Hilary Mantel

Hilary Mantel
  La locataire
  Dans l’ombre des Tudors Tome 1 : le Conseiller

La locataire - Hilary Mantel

"à la maison, l'atmosphère était vénéneuse."
Note :

   "Quand Sylvia ouvrait son sac à main, on ne savait jamais ce qui allait en sortir. Ce pouvait être un tract, aussi bien qu'un revolver."
   On pourrait en dire autant de chacun des personnages du roman d'Hilary Mantel, "La locataire", car chacun d'eux agit selon une logique faussée. Et quand Muriel Axon, après un séjour de dix ans dans un hôpital psychiatrique, rentre dans sa petite ville des environs de Londres, bien décidée à récupérer sa maison et à se venger de ceux qui sont intervenus dans sa vie des années auparavant, cela ne pourra que virer à l'aigre...
   
   Dans le premier tiers du livre, le malaise règne car nous subissons la vision d'une personne, Muriel, qui, complètement coupée de la réalité dans sa jeunesse a appris, au fil du temps, à se grimer et à simuler des sentiments. Heureusement, ce point de vue est contrebalancé par la vie à la fois banale et pleine d'humour de la famille dans laquelle Muriel va s'introduire et où elle va semer, à petits pas, la désolation...
   
   On hésite un peu, balançant entre l'inconfort et la gêne, puis on se laisse aller et on apprécie pleinement l'humour très noir et l'atmosphère vénéneuse à souhait de ce roman. Quiproquos, rebondissements, surprenants, le lecteur est à la fête car lui seul peut, avec Muriel, relier et donner du sens à tout ce qui perturbe la vie d'une poignée de personnes tout à fait ordinaires au premier abord.
   
   On parle souvent dans le livres de psychologie de ces personnalités nocives, hé bien, à elle seule, Muriel les bat tous à plates coutures! Un livre réjouissant pour tous les amateurs d'humour très noir!
   
   295 pages vénéneuses et réjouissantes à la fois.
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critique par Cathulu




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Méfiez-vous des locataires
Note :

   C’est étrange les coïncidences sur les titres… Il y avait déjà "La locataire" de Penelope Evans, roman anxiogène s’il en est, et il n’est certainement pas nécessaire de faire le pitch de l’excellent film de Roman Polanski avec Isabelle Adjani (Le locataire, 1976). Voici donc une autre locataire, au moins aussi inquiétante, même si l’histoire n’est pas aussi convaincante.
   
   Après dix ans d’internement psychiatrique, Muriel Axon est de retour chez elle. Ou du moins, elle voudrait bien récupérer sa maison du 2 Buckingham Avenue, quelque part dans la banlieue de Londres, mais la famille Sidney y habite désormais. Elle arrive pourtant à s’y introduire en se déguisant et en faisant office de femme de ménage. Il y a bien quelques membres de la famille pour la trouver un peu bizarre, mais ils sont eux-mêmes tellement pris par leurs propres problèmes que Muriel passe à peu près inaperçue. Il faut dire que Colin, le père, se met à repenser à Isabel, son ancienne maîtresse, que Sylvia en pince pour le pasteur, que le fils est absolument insupportable et drogué et que la fille aînée va revenir à la maison enceinte, certaine que son bel amant va divorcer pour l’épouser. Le bel amant en question étant le mari de l’ancienne maîtresse de Colin…
   
   Il y a dans ce roman beaucoup d’autres coïncidences faciles comme celle-là. Elles ne m’ont pas aidée à apprécier ce livre que j’ai bien failli ne pas finir. En effet, après lecture de certains billets et d’articles, je m’attendais à de l’humour british pur jus, assaisonné d’une bonne dose de dingues patentés. Or, les changements d’identité de Muriel Axon ne m’ont pas passionnée ni fait rire le moins du monde. La famille Sidney, n’a rien pour elle, ses membres sont tous plus désagréables les uns que les autres, ils sont fades et sans relief, bref, pas de quoi s’attarder. S’ils avaient été carrément méchants, ça aurait certainement été plus drôle…
   
   L’intérêt, quand même, est la vision que Muriel Axon a des choses, complètement faussée par sa maladie et par son enfance auprès d’une mère manifestement dérangée. Elle commente ce qu’elle voit et ce qu’elle fait de son point de vue mentalement précaire, ce qui donne tout son suspens au livre car le lecteur ne sait pas ce qu’elle a vécu exactement ni quels sont ses plans pour récupérer sa maison. J’ai pourtant trouvé cette lecture assez ennuyeuse, en tout cas pas aussi grinçante que je l’espérais.
   
   
   Pour info, Hilary Mantel a remporté en octobre dernier le Man Booker Price pour son livre "Wolf Hall", un roman historique mettant en scène Thomas Cromwell, celui-là même qui apparait dans la série "The Tudors" puisqu’il fut le conseiller de Henry VIII.
   
   
   Titre original: Vacant Possession, parution en Grande-Bretagne : 1986

critique par Yspaddaden




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