Lecture / Ecriture
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La Tournee d'automne de Jacques Poulin

Jacques Poulin
  Volswagen Blues
  La Tournee d'automne
  Le vieux chagrin
  La traduction est une histoire d'amour
  Les grandes marées

Jacques Poulin est un auteur québécois né en 1937.

La Tournee d'automne - Jacques Poulin

Périple d'un bibliobus
Note :

   J'ai récemment découvert le nom de Jacques Poulin avec la sortie de "L'Anglais n'est pas une langue magique", livre qui m'attirait par sa belle couverture et son titre mystérieux contenant le mot clef «anglais» - il provoque visiblement chez moi une sorte d'effet placebo. C'est donc avec plaisir que j'ai ouvert "La Tournée d'Automne". Je m'imaginais ce livre plein de charme, bien écrit et surtout, j'attendais de nombreuses références littéraires et un certain art dans l'intertextualité ou la transmission de l'amour des livres. Ma lecture a été globalement agréable mais ce n'est certainement pas un coup de cœur, car ce roman ne répondait pas vraiment à mes attentes.
   
   Dans ce livre, «le Chauffeur» d'un bibliobus s'apprête à faire sa dernière tournée au Québec. Peu avant son départ, il rencontre une troupe de musiciens et de saltimbanques et s'éprend de Marie, la maman poule du groupe. Tous deux se découvrent de nombreux points communs mais leur histoire reste très pudique et avance pas à pas, avec beaucoup de délicatesse et un certain charme suranné. Au cours de la tournée, le Chauffeur et la troupe qui s'est décidée à le suivre découvrent de nouvelles régions et de beaux paysages, où la nature est à l'honneur. A chaque arrêt, fidèles et nouveaux lecteurs font leur choix dans le bibliobus. Leur attitude et leurs choix toujours différents sont un hymne à la lecture, au partage des livres et à l'échange entre amoureux des livres. Ces passages m'ont d'ailleurs beaucoup plu.
   
    Je lirai au moins le livre de Jacques Poulin qui dort dans ma bibliothèque car j'ai trouvé ma lecture agréable et sans heurt; elle me délassait. J'aime les sujets abordés par l'auteur, en l'occurrence ici ce bibliobus qui revient régulièrement au même endroit et qui me fait penser que j'aurais adoré me lier d'amitié avec un chauffeur amoureux des livres qui serait venu dans ma petite ville à la bibliothèque minable quand j'étais enfant. C'est un roman plaisir que l'on peut savourer comme ces fameuses «lectures doudou» dont le terme bloguesque me semble ici assez approprié.
   
    Cependant, ce n'est pas un grand roman à mes yeux et je lui trouve de nombreux défauts: le ton parfois un peu naïf et des expressions plates comme «elle avait un mari très gentil» (p35), qui m'ont fait trouver le style un peu scolaire; les références littéraires, citées à plusieurs reprises «par paquets», peu de livres émergent finalement du lot (j'ai trouvé que "La Reine des Lectrices", même s'il est assez léger, donne plus envie de lire les auteurs cités) ; enfin la trame du récit n'avait pas beaucoup d'importance en soi pour un hommage à la lecture mais, vu la place un peu superficielle qu'occupent les autres livres dans ce récit, elle aurait pu donner un regain d'intérêt au texte si elle avait été un peu plus dense.
   
   Au final ce roman m'a paru un brin ordinaire, même s'il me donne envie de chercher des photos des paysages québécois et peut-être de m'y rendre un jour (c'est déjà ça).
   
    Bref, ce n'est pas une révélation pour moi, c'est même une lecture un peu mitigée, mais comme je le disais, j'ai pris suffisamment de plaisir à lire ce roman pour avoir encore envie de lire "L'Anglais n'est pas une langue magique".
    ↓

critique par Lou




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La lecture en balade
Note :

   Cette fois, c'est décidé, il n'y aura pas de Tournée d'automne de la bibliothèque itinérante conduite par le Chauffeur. Plus de livres brinquebalant dans ce vieux camion laitier transformé en paradis des livres pour les petits villages de la Côte Nord québécoise. D'ailleurs le tuyau qui lui permettra d'en finir est soigneusement planqué dans un des coffres du-dit camion...
   Mais il y aura Marie, Marie tout en douceur qui va bientôt prendre place à ses côtés, Marie qui va lui réapprendre à regarder le monde et en particulier les oiseaux qu'elle peint.
   
   Au long de ce récit nous croiserons une troupe de musiciens-jongleurs, des chats, un saint-bernard dans un side-car, un écrivain qui ne peut recommencer à écrire que quand il déteste son précédent roman et toute une flopée de lecteurs qui font circuler les livres pour le plus grand plaisir du Chauffeur... Le tout dans une Nature belle et sauvage qui donne immédiatement envie d'aller observer les baleines ou tout simplement d'admirer le Fleuve dont on ne peut toujours voir l'autre rive... Un enchantement!
   
   191 pages douces.
   ↓

critique par Cathulu




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Pour toutes les mains sensibles
Note :

   "Dans le camion, l'air était frais et humide, alors ils firent brûler de l'alcool et préparèrent du chocolat chaud. Une fois de plus, ils burent le chocolat, assis par terre, l'un en face de l'autre, et adossés aux étagères de livres. Au cours de la soirée, ils se racontèrent des souvenirs. Le Chauffeur expliqua comment son père, au tout début, avait conçu dans sa tête, sans rien mettre sur le papier, le plan qui avait permis de transformer le camion de laitier en bibliobus original... Comment, la première fois qu'il s'était garé sur un quai, il avait eu très peur que personne ne vienne... Comment il avait eu l'idée de créer des réseaux de lecteurs... Comment, avec le temps, il avait renoncé aux fiches de prêt et à toutes les autres formalités..."
   

   Un homme, que nous ne connaîtrons que sous le nom du "Chauffeur" part pour une dernière tournée, celle d'été, avec un ancien camion de laitier aménagé en bibliobus. C'est lui qui a décidé que ce serait la dernière tournée, il est las, voit arriver la vieillesse et estime que ça suffit. Son ultime périple l'emmènera le long de la côte Nord et de ses paysages familiers.
   
   La veille du départ, il rencontre une fanfare venue de France et supervisée si l'on peut dire, par Marie. intéressée par le parcours du Chauffeur, la petite troupe va suivre le même trajet, donnant des spectacles ici et là pour financer le voyage.
   
   L'an dernier, j'ai découvert Michel Tremblay et Jocelyne Saucier. Cette année c'est Jacques Poulin et je suis autant sous le charme, la littérature québécoise mérite vraiment le détour.
   
   Il ne se passe pas grand chose dans ce petit roman teinté de mélancolie et de tristesse, si ce n'est tout ce qui peut se tisser entre des êtres qui se côtoient et s'attirent mutuellement. Marie et le Chauffeur se plaisent ensemble, ils vont multiplier les occasions de rencontre, sans s'envahir. Le Chauffeur savoure ce dernier voyage, ne manquant aucun de ses endroits préférés, ce qui donne lieu à de belles descriptions de paysages marins.
   
   Les livres tiennent une grande place dans l'histoire et je vous conseille d'avoir un carnet et un crayon à portée de main, les références à noter ne manquent pas. Le Chauffeur a une conception très personnelle du prêt et de l'importance de l'objet livre.
   
   Vous l'avez compris, c'est plus un récit fait de petits riens, d'impressions, d'émotions, de sentiments, que de rebondissements. Et qui sait, au terme du voyage, la chape de plomb qui pèse sur les épaules du Chauffeur pourra peut-être se révéler moins écrasante que prévu?
   
   Un joli roman à mettre dans toutes les mains sensibles.

critique par Aifelle




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