Lecture / Ecriture
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Les hauts de Moscou de Vassili Axionov

Vassili Axionov
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Vassili Pavlovitch Axionov (en russe : Василий Павлович Аксёнов) est un écrivain russo-américain né le 20 août 1932 à Kazan, mort le 6 juillet 2009 à Moscou.

En 1980, il avait été déchu de la nationalité russe et expulsé. Il avait alors enseigné la littérature russe à Washington. A partir des années 1990, la situation politique lui permet de reprendre les séjours en Russie. Durant ses dernières années, il a vécu entre Biarritz et Moscou.

Il est le fils de l'écrivain Evguénia Guinzbourg.

Les hauts de Moscou - Vassili Axionov

Moskva kva-kva
Note :

   Ecrit quinze ans après «La saga moscovite», «Les hauts de Moscou» pourraient constituer en quelque sorte une suite, l’après «années 50», la détente progressive, la fin de l’ère stalinienne. Pourraient, mais pas vraiment tant le ton adopté ici est différent de celui de «La saga». Moins factuel, moins «historique», plus romancé voire limite onirique, comme si cette détente qui s’opérait gommait en quelque sorte les contours de la vie réelle, à la stalinienne, pour entrer dans un modus vivandi où le flou existe, certaines libertés aussi – jusqu’à un certain point – tout au moins dans ce Moscou, ces hauts de Moscou, où nous nous cantonnons.
   
   Coexistence d’une nomenklatura à laquelle des faveurs sont accordées, un luxe certain est permis, et d’une répression toujours présente pour l’essentiel de la population et la marge de «l’élite» qui va – juste un peu – trop loin, ou qui à l’heur de déplaire au despote pas même éclairé, au despote tout puissant et que Vassili Axionov nous présente comme névrosé, sur la pente de la sénilité, mais sans contrepouvoirs pour autant.
   
   Cette confusion dans laquelle Vassili Axionov nous installe est peut-être en fait le plus fidèle reflet de cette époque où la politique se délite, le carcan se desserre, sans réelles lignes directrices. Juste un relâchement autorisé; jusqu’à quel point? Peut-être en effet était-ce ce que ressentaient les soviétiques de l’époque, les choses changeaient mais la rigueur la plus sévère pouvait s’abattre sur eux au seul vouloir d’un despote.
   
   Dans «Les hauts de Moscou», Staline apparaît comme obnubilé par la crainte, la haine de Tito et de ses partisans, les Titistes, encore paré de son statut de «Père de la patrie» omnipotent mais tendance bouffon, grotesque. Père Ubu pas loin! C’est la fin d’une époque, une page se tourne.
   «Sept gigantesques bâtiments ou " grimpettes" comme les avait baptisées le peuple, s’étaient élevés à Moscou au début des années cinquante, pratiquement à la même heure. Ils tranchaient non seulement par leur dimension, mais aussi par la majesté de leur architecture. Les architectes et sculpteurs soviétiques qui avaient érigé et orné ces édifices avaient souligné sans ambiguïté aucune leur affinité avec la grande tradition du siècle d’or, les œuvres d’Ictinos, Phildias et Callicratès.
   Le rapport entre les deux époques apparaît surtout dans le colossal site résidentiel qui étend ses multiples bâtiments réunis en un seul ensemble au confluent de la Moscova et de la Iouza. C’est justement ici que demeurent les principaux protagonistes des scènes qui vont suivre, justement ici qu’ils sont destinés à passer par le creuset des sentiments purs, quasi utopiques, qui ont marqué ces temps aseptiques.»

critique par Tistou




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