Lecture / Ecriture
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Notre ferraille en or de Vassili Axionov

Vassili Axionov
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Vassili Pavlovitch Axionov (en russe : Василий Павлович Аксёнов) est un écrivain russo-américain né le 20 août 1932 à Kazan, mort le 6 juillet 2009 à Moscou.

En 1980, il avait été déchu de la nationalité russe et expulsé. Il avait alors enseigné la littérature russe à Washington. A partir des années 1990, la situation politique lui permet de reprendre les séjours en Russie. Durant ses dernières années, il a vécu entre Biarritz et Moscou.

Il est le fils de l'écrivain Evguénia Guinzbourg.

Notre ferraille en or - Vassili Axionov

Pas possible
Note :

   La "Ferraille en or", l’"Eldorado doré" et autres petits noms affectueux, c’est la cité scientifique bâtie par des chercheurs, savants et inventeurs de tout poil sur les marais sibériens. Ils l’avaient imaginée puis crée. Elle a abrité leurs rêves les plus fous … et les plus délirants, et ils y retournent maintenant, tout chargés de souvenirs et de nostalgie.
   
   Mais il n’y a pas que les rêves qui sont fous. Les personnages le sont pas mal également, l’auteur… n’est pas au dessus de toute suspicion d’atteinte, et le lecteur lui-même devient fou à force d’essayer d’y voir clair et de comprendre quelque chose à cet incroyable foutoir.
   
   Au début, je l’ai plutôt bien pris. Je profitais de bon cœur du charme indéniable des éclats poétiques si nombreux que cachait ce magma."Un joyeux saxophone riait avec ivresse" ou "Pourtant il est vrai que le temps cavalait à triple saut par-dessus les taupinières"
    Je notais des extraits, "Et le petit lapin en peau de lapin –tout juste de quoi tailler une paire de gants, mais ça veut vivre quand même- dit en pantelant adieu pour toujours à l’humanité parce que les gangsters gris –qui eux aussi veulent bouffer nuitamment quand même, c’est ça qui est terrible- ne le laissaient même pas faire une dernière déclaration."
   des images audacieuses: "L’imagination de petit Kim, pareil au laineux rhinocéros antédiluvien, fonçait à travers la jungle de l’avenir, envoyant promener des sabots et de la corne le club des Jeunes, le café problématique, le fauteuil de l’Association «Connaissance», le salaire fixe, les moelleux coussins du lit où il avait brassé tant de rêves."
   
    Le vocabulaire est fantaisiste, baroque même. C’est Moustabaleine qui raconte avec une emphase grotesque, il a participé à cette aventure scientifico-utopique. Il raconte, mais il raconte quoi? Je n’y comprenais absolument rien, je m’épuisais à tenter en vain de déchiffrer cet embrouillamini de mots, de personnages confus et loufoques aux noms-caricatures*, et de situations incompréhensibles, me reposant parfois en acceptant de lire sans comprendre pour voir ce qui… après… arriverait. Si tant est que je le saisisse.
   
   Je me sens, face à ce roman, comme un daltonien face à ces tests où un nombre est écrit dans un cercle de points colorés. Le daltonien ne voit que les éclats colorés, il ne voit pas le nombre. Exactement moi lisant "Notre ferraille en or"! Oui, je voyais bien toutes les taches de couleur, oui, il y en avait de bien jolies ou amusantes, mais non, vraiment, je ne parvenais pas à déchiffrer le moindre sens dans leur conjonction.
   
   Cette aimable fantaisie enjouée qui m’avait plutôt amusée au début, au bout de 200 pages sans que j’aie encore pu y discerner grand-chose, s’est mise à me lasser sérieusement. Alors peut-être que, comme le daltonien, ce sont mes yeux qui sont en cause. Je ne l’exclus pas. Mais résultat, plaisir pris à cette lecture: infime. Un point et demi pour le lapin en peau de lapin et le temps par-dessus les taupinières et ce sera tout.
   
   
   * Une constante chez Axionov. Par exemple ici, Bettrav Fevovitch Sssoupine, directeur d’un bar à soupes

critique par Sibylline




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